‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 35 sur 425 · OROGRAPHIE DE LA CHINE · texte numérisé non relu

OROGRAPHIE DE LA CHINE

L'importance de ce morceau nous détermine à le reproduire tout entier; nous en donnons la traduction intégrale.

« La Cihine, sous le rapport de son orographie, est un pays presque inconnu. Le tracé conventionnel des chaînes de montagnes, répété sur toutes les cartes, ne repose nullement sur l'observation : c'est un tracé tout de fantaisie. Les Chinois ne tracent pas de chaînes de montagnes sur leurs cartes; ils y sèment en quelque sorte au hasard des montagnes détachées. Lors donc que les jésuites, se basant sur leurs nombreuses déterminations, réunirent en une carte générale un grand nombre des cartes indigènes spéciales, ils se virent dans la nécessité de réduire cette orographie en un système artiliciel, et ils tracèrent des chaînes de montagnes serpentant le long des limites des bassins fluviaux. Une chaîne principale, dont ils baptisèrent les parties spéciales des noms de Youèn-ling, Nan-lîng, Tayu-ling, etc., sépara le bassin du Sikiang de celui du Yang-tze-kiang, et celui-ci, à son tour, fut séparé du bassin du fleuve Jaune par une autre chaîne appelée Pé-ling. Des chaînes secondaires furent pareillement tracées en grand nombre autour des affluents des grands fleuves; mais la plupart de ces chaînes suj)posécs n'existent pas plus que les noms qu'on leur applique. Des chaînes principales, séparant les bassins, sont en général une chose rare en Chine. M. de Richthofen, dans ses voyages à travers la Chine, a donné à l'étude des montagnes une attention particulière, et pour se mieux Bendrc compte des résultats, il a tracé une carte orographique basée sur ses nombreuses déterminations de hauteur», et sur beaucoup d'autres données qui étaient à sa portée.

Sous le rapport orographique, la Chine se partage en deux grandes régions. Elles sont séparées par la prolongation orientale du Kouen-loun, qui du Khou-khou-nor

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s'enfonce dans la Chine comme un coin puissant, et dont la dernière extrémité vient expirer près de Ngan-king sur le Tang-tze-kiang inférieur.

La partie du pays située au sud du Kouen-loun constitue la pente orientale du plateau de Tibet, renfermé au loin dans Touest entre le Kouen-loun et THimâlaya, plateau étroit à son origine, qui va s'élargissant à mesure que les deux chaînes s'écartent dans leur direction divergente, et qui forme un haut ioaassif montagneux profondément sillonné de vallées sauvages, là où un système de chaînes à peu près méridionales indique Textrémité orientale de THimâlaya. Plus loin à Test ce pays présente une première pente abrupte dans l'intérieur de la province de Szé-tchouan; puis, se subdivisant en d'innombrables chaînons parallèles qui courent du S. 0. au N. E., il se continue jusqu'à la mer, près de laquelle|il finit brusquement. M. de Richthofcn, dans sa communication, décrit particulièrement le territoire des provinces S. E. Sur une étendue comparable à la France et à la Grande-Bretagne réunies, ces provinces constituent un pays montueux formé d'un grand nombre de chaînes parallèles, où dominent les hauteurs de 600 à 1200 mètres, et où les hauteurs de 1500 à 2000 mètres sont rares. Ce pays accidenté n'est interrompu par aucune grande plaine ; on n'y voit pas non plus de chaîne que l'on puisse* considérer, à raison de ses formes extérieures ou de sa hauteur, comme une chaîne principale au miUeu de chaînes secondaires. On y voit alterner des renflements et des dépressions, tous inclinés uniformément du S. S.O. au N.N.E. Nul fleuve considérable, dans cette partie de la Chine, ne suit d'une manière continue la même dépression. Chaque grande rivière a son cours supérieur dans un premier bassin plus ou moins circonscrit; mais bientôt il traverse, par une gorge escarpée, une des deux chaînes qui l'encaissent, et pénètre dans une seconde dépression où il

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