‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 37 sur 425 · LES VILLES CHINOISES · texte numérisé non relu

LES VILLES CHINOISES

lat britanniqae, le palais de justice et la demeure du juge anglais. Suivent les résidences des merchant-pHnces. Derrière le magniJSque rideau des palais, le ville anglaise s'étend vers FO. On ne voit plus ici que dépôts, magasins, boutiques, ces dernières richement fournies de tous les produits de l'industrie anglaise. On se dirait à Oxford-street ou dans le Strand. A ce point de vue, ni Yokohama, ni aucune autre ville européenne en Asie, sauf Calcutta et Bombay, ne supportent la comparaison avec Ghangha!. — Plus loin, s'ouvre le quartier habité principalement par les Chinois; il est situé au S. des Concessions européennes, et entouré d'une haute muraille. Il y a des coins, des carrefours, des ruelles, où Ton fait bien, en peussant, de fermer les yeux et de se boucher le nez. On y est témoin de scènes dignes de figurer dans les contes fantastiques de Hoffmann. « Mais au total les principales rues' du Changhaï chinois ne sont guère audessoUs de ce qu'on voit en ce genre dans le midi de l'Europe. »

Ailleurs, M. Pûbner fait remarquer qu'à l'exception de la cité tartare 4e Péking, où l'élément mongol prédomine, les villes chinoises ont toutes la même physionomie : un fos^é, 011 plutôt un cloaque, une enceinte crénelée, les portes avec deux ou trois toits superposés ; puis des rues, des ruelles, des impasses étroites, sales, remplies do boue, de poussière ou d'immondices ; des maisons sans architecture, des boutiques bien ou mal fournies, et celles où l'on vend des drogues, du thé ou du tabac, ornées de force dorures. J^es habitations des gens riches sont invisibles ; 4^ }iautes murailles les marquent . Deux ou trois yamens^ plus ou moins délabrés, mais néanmoins imposants avec ^eurs deux mâts à l'entrée, lenis deux dragons en pierre ou en terre cuite dans la cour, et une foule de gens en guenilles se pressant aux abords, soit pour soUi-

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citer une faveur, soit pour recevoir des coups de bambou, et pire quelquefois. Çà et là un temple.... »

Dans aucune partie de son livre, les qualités exceptionnelles qui distinguent le jugement et les fermes appréciations de Fauteur ne ressortent mieux que dans ses considérations sur la Chine. Il met on ne peut mieux en relief la position différente des puissances, — l'Angleterre, la France, la Russie, les États-Unis, — vis-à-vis du gouvernement de Péking, soit quant aux vues du commerce et de la politique, soit quant aux intérêts moraux et religieux. C'est un morceau à lire et à méditer. Une autre partie d'un triste intérêt, mais d'une incontestable valeur historique, est le récit développé et tout à fait authentique du massacre des résidents européens à Tièn-tsïn par la populace ameutée dans la sinistre journée du 21 juin 1870. On sait que depuis le gouvernement a envoyé à ce sujet une mission à Paris et que la situation dans laquelle les envoyés ont retrouvé la France a déterminé une convention aussi satisfaisante qu'on pouvait le désirer pour nous et pour les familles des victimes.

Un passage que nous ne voulons pas omettre est celui qui se rapporte aux missionnaires. M. Hûbner, qui a pu apprécier personnellement l'influence utile que ces hommes de dévouement exercent, non-seulement sous le rapport religieux, mais aussi sous le rapport social et politique, cite une page du livre récent de M. Medhurst *, témoignage d'autant plus remarquable qu'il provient d'un protestant. « On voit peu les missionnaires catholiques, dit l'écrivain anglais, quoique leur nombre, comparé à celui des protestants, soit légion. Leur système est, dès leur arrivée, de pénétrer le plus avant possible dans l'intérieur, d'éviter soigneusement tout contact avec les marchands européens , de se déguiser en Chinois , et de

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