‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 45 sur 425 · MERS DU JAPON · texte numérisé non relu

MERS DU JAPON

2100 brasses, et au centre de la mer du Japon à 1800 brasses. Ce dernier sondage a été fait par M. Staritzky dans les circonstances les plus favorables et au moyen du même appareil qui lui a servi pour sonder la profondeur de Tocéan Indien à 100 lieues do l'île Saint-Paul, où il a atteint le fond, à une profondeur de 1650 toises. Do plus, il a mesuré par les moyens géodésiques la hauteur de plusieurs montagnes, entre autres celle du volcan de Koriak, au Kamtchatka, qui ail 000 pieds de hauteur ; il a déterminé la température de la mer à différentes profondeurs, et il s^est occupé d'observations météorologiques.

Se fondant sur les travaux astronomiques et hydrographiques ci-dessus mentionnés, M. Staritzky a tracé des plans et deux nouvelles cartes du détroit de Sakhalïn, en y joignant tous les nouveaux travaux topographiques des officiers des troupes de terre. Un officier des troupes du Baîkal, nommé Bielkîn, a exécuté des travaux qui se distinguent par leur étendue et leur précision. Ces cartes et 068 plans ont été publiés par le département hydrographique du ministère de la marine russe.

M. Staritzky a terminé son rapport en énumérant les besoins actuels de Thydrographie de la mer du Japon , et en faisant observer que d'immenses terrains le long de la côte n'ont pas encore été explorés. Ainsi, la rive mantchoue, depuis le golfe de Saint- Vladimir jusqu'au Port- Impérial, et plus loin jusqu'à la baie de Castries, sur une étendue de 600 lieues, le vaste golfe d'Oussouri, la rive nord-^t de Sakha^n, sont représentés d'une manière confuse, seulement pointés en plusieurs endroits, et indiquent des golfes qui en réaUté n'existent pas. La rive occidentale de Sakhalïn même, qui se trouve sur les nouvelles cartes de M. Staritzky, a besoin, il le reconnaît lui-même, d'explorations plus minutieuses. Aussi sa conclusion est « que les travaux hydrographiques sur les

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côtes russes de la mer du Japon occuperont pendant bien des années encore un grand nombre d'hydrographes. »

la haute asie

Tibet. Turkestan indépendant. Mongolie.

148. HerDi. v. Schlaointweit-SakOnlOnski. Ueber di Salzseen des westlicben Tibet, nebst allgemeiner topograpbischer Erl&uterung Hochasiens. Zweiter JahresheHcht der Geographùehea Gêsellichaft in Milnehen; Mûnchen^ 1872^ in-8*, p. 24-40, avec une vue pbçtographiée.

149. Hekderson. Labore to Yarkand. Incidents of the route, and natural history of tbe countries traversed by the expédition of 1870, underT. D. Forsyth. Lond,, 1873, in-8*, carte, profils et fig. 42 sh. (Reeve).

Sur Texpédition politique et commerciale de M. Forayth à Yarkand, à laquelle M. Henderson était adjoint comme nataralista, Toir le tome IX de VÀnnée géographique, p. 35 et 44.

On annonce que M. Forsyth vient d'être investi d'une nouvelle mission près du chef turkoman de Yarkand, et qu'il est accompagné, outre un ingénieur de la grande triangulation de l'Inde, de géomètres indiens dressés aux relevés topographiqoes sous la direction do eo* . lonel Montgomerie.

150 . R. B. Shaw. Miscellaneous Not^ on Eastern Tarkistan. Proctêd. ofthe Roy, Geogr. 5oc, vol., XVII, n" 3, p. 195-197.

151. W. H. Johnson. Meteorological observations taken at Lé,Ihid., p. 197-203.

152. Lettres et communications de M. Tabbé Desgodins sur les confins sud-est du Tibet. Bulletin de la Soc. de Géogr., nmr. 1872, p. 525, et mars 1873, p. 335.

153. Du même': Mois principaux des langues de certaines tribus qui habitent les bords du Lafi-tsang-kiang, du Lou-tze-Kiang et de rirrawaddy. Ibid.j févr. 1873, p. 145-147, et obseryati<m8| p. 148-150.

La communication est datée de Yerkalo, 26 mai 1872. Le vocabulaire comprend sept colonnes de langues indigènes, Mosso, Lissou, Mïn-kia, Lou-tze. Chinois, Tibétain, Kham-di-Mou-oua. A la suite du vocabulaire, on trouve dans les observations quelques notes sur ees tribus, k la fois limitrophes de la Chine et du Tibet. L'abbé Oaagodins a aussi consigné dans ces notes additionnelles quelques informations locales sur les rivières qui descendent du massif tibétain.

154. Du môme: Notes sur la'zoologie du Tibet., Partie 18T3, in-8 24 pages. (Extrait du Bulletiu de la Société d'ÂcclimatatioD.)

155. Explorations in the S. W. of Tibet, from the pundits of major Montgomerie. The Highways de Londres, avril 1873, p. 30.

156. Communications faites à la Société de Géographie de Saint-Pétersbourg sur différents voyages dans l'intérieur de la Mongolie. Procèt-verhaux de la Société, 1872 et 1873.

157. Archimandrite Palladius, Russo-greek mission at Pékin. An expédition through Manchuria, from Pékin to Blagovestchensk, in 1870. Compiled from the journal of the Archimandrite, and translated by E. Delmar Morgan. Journal ofthe Roy. Geogr. Soc, vol. XLII, 1872, p. 142-180.

158. EuAS (Ney). On a journey through western Mongolia (Abstract). Proceed. ofthe Roy. Geogr. Soc., vol. XVII, n» 3, p. 184-

On doit déjà à M. Ney Elias one note sur le dernier changement do coars inférieur da Hoang-ho, et une carte en deux feuilles de ce nooyeaa cours. Voir le tome IX de V Armée géographique t p. 72, n« lit, et It tome X, p. 176, n« 194.

159. UTgurische sprachmonumente, und das Kudatku Bilik, uîgurischer Text mit Transcription und Uebersetzung, nebst einem ùîgurisch-deutschen Wôrterbuché und lithografirten Facsimile aus dem original texte des Kudatku-Bilik ; von Hermann Vam- BERT. Innsbriick, 1870, in-8*.

M. Pavet de Courteille a fait de cette publication, dans le Journal de la Société asiatique de Paris (avril), une analyse étendue dont nous extrayons les premières lignes :

M. Hermann Yambéry, professeur de langues orientales à Pesth, s'est déjà fait connaître du monde savant par d'estimables travaux relatifs à la langue turque, telle qu'elle est parlée dans le Turkestan, et par la relation de son voyage dans ces contrées d'un accès si difficile anz Européens. Le livre dont j'ai transcrit le titre mérite certainement nne mention toute spéciale, et doit contribuer largement à répandre parmi les savants la réputation de l'auteur. Il est le premier qui nous ait donné on texte considérable en ouîgour, en l'accompagnant d'une traduction et d'un vocabulaire rédigé avec beaucoup de soin. Nous n'avions jusqu'à présent pour nous guider dans cette difficile étade que les fragments publiés par MM. Jaubert et Lumley Davids, secours bien insuffisants, comme ont pu s'en convaincre les . quelques personnes qui se sont adonnées à ce genre d'étude. Je ne parle pas ici des excellentes observations recueillies par MM. A. Kémuni (Hecherches sur les langues iartare»^ 1. 1, p. 249) et Klaproth {Tableaux historiques de l'Asie, p. ni, et Abhandlung Ubsrdie Sprache und Schrift der OigtÊrm), parce qu'elles renferment plutôt des détails relatifs aux Oulgours, à leur dialecte en général, comf>aré aux antres dialectes turks, et àl sa grammaire, que des indications qui puissent guider dans le déchiffrement si difUcile des manuscrits ouîgours. QQelqoes listes de mots et des fragments d'une originalité

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du D' Hooker, près des passes de Ouallantchun et de Kanglatchem, et comprend un grand lac qui n'avait pas encore figuré sur les cartes. La position d'un grand nombre de pics au nord de ceux qui sont visibles du côté de l'Inde a été déterminée, ainsi que la position exacte du célèbre monastère Sakya. La route parcourue par le n® 9 mesure une étendue de 844 milles (1558 kilom.], dont 550 sur un terrain entièrement nouveau; elle éclaircit la géographie du bassin de l'Aran, le tributaire le plus considérable de la Kosi, grande rivière qui recueille les eaux de tout le Népal oriental. L'explorateur a relevé la latitude de onze points, et déterminé Taltitude de trente et une localités.

Il faut nous contenter quant à présent de ces premières indications, cpii bientôt, sans doute, seront complétées par une communication plus circonstanciée du major Montgomerie.

S s. Un naturaliste russe dans le sud de la Mongolie.

Un naturaliste russe, M. Przévalsky, qui depuis longtemps déjà s'est consacré à l'exploration de diverses contrées de l'extrême Asie ( voir notre précédent volume de V Année géographique^ p. 166, n° 176), a entrepris dans le sud de la Mongolie et dans la direction du Tibet un nouveau voyage qui ne peut manquer de donner des résultats d'un grand intérêt, ne serait-ce que par le peu de connaissance que l'on a jusqu'à présent des contrées inexplorées vers lesquelles se porte le voyageur. Les courses de M. Przévalsky ne sont connues encore que par des fragments de correspondancos : ces fragments, néanmoins, méritent d'êtro recueillis.

Une lettre lue à la Société de Géographie russe, dans sa séance du 13 décembre 1872, avait été adressée par M. Przévalsky au ministre do Russie à Péking. C'est de

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cette dernière ville que le voyageur était parti, se dirigeant au nord-ouest. « Sorti de Kalgan le 5 mars 1871, écrit-il, je n'atteignis le Hoang-ho que le 9 avril. Des gelées, des chasse-neige, des vents violents, voire même des tempêtes qui duraient quelquefois trois jours sans interruption, me mettaient dans l'impossibilité d'avancer rapidement. Ma prophétie concernant TOrdos s'est accomplie. Je n'ai pu y parvenir. Le passage vis-à-vis des monts Mouni-Oula (en chinois Oulia-Chaii) m'ayant été interdit, j'aurais dû aller jusqu'à la ville de Baou-tau (Pao-te?) et passer la rivière Jaune à l'ancienne place. Désirant atteindre l'Alachan au phis tôt, je pris le parti de sacrifier l'Ordos, je longeai la rive gauche du Hoang-ho ( selon le courant ), et le résultat prouva que j'avais bien fait. Arrivé le 26 mai à Din-youan-yun (ville de l'Alachan), j'y trouvai une caravane composée de trente Mongols et Tibétains qui partait quelques jours après pour le temple de Tcheubsen, situé dans la province de Gansou, à cinq jours de distance du lac Khoukhou-nqr, et, à ce qu'il paraît, à la même distance de la ville de Si-ning, qui — soit dit à cette occasion — est occupée par les insurgés. Les troupes chinoises ont été chassées, et l'amban de Si-ning lui-même habite actuellement la ville de Sa-yun-tchèn, située sur la frontière du Gansou et de l'Alachan.

«La susdite caravane mongole -tibétaine, expédiée de Péking par Djandji-Gilenn, devait se rendre d'abord à Dolou-nor et ensuite au temple de Tcheubsen, circonstance fort avantageuse pour nous, car les Tibétains consentirent avec joie à nous prendre à leur suite, comptant sur nous pour les défendre en cas d'attaques des Doungans. D'un autre côté, la caravane ne devant s'arrêter dans aucune ville chinoise et traverser des contrées tout à fait désertes, c'était un avantage qui n'était pas d'une mince importance pour nous.

« La distance entre la ville do Din-youan-yun et Tchei:-

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bsen est de vingt-deux jours de marche, de manière que le 25 ou 26 juin je serai déjà dans les montagnes situées au nord du Khoukhou-nor , et au milieu desquelles se trouve le temple susdit. Ces montagnes paraissent être la patrie de la rhubarbe ; je m'occuperai de son exploration autant qu'il sera en mon pouvoir. Outre cela, ces montagnes sont, au dire des Mongols , couvertes de forêts où l'on trouve une quantité de bêtes sauvages : des tigres, des panthères, des cerfs, des muscs, etc. Plus près du Khoukhou-nor on trouve une masse de yaks (buffles du Tongout), d'hémiones , d'antjdopes aux cornes longues. C'est là que je ferai une ample moisso^ pour ma collection zoologique.

<c Maintenant au moins mes travaux n'auront pas été vains, et je puis dire presque avec certitude que j'atteindrai le KhouJihou-nor. Du reste je ne visiterai pas ce lac avant la fin du mois d'août; je passerai la fin de juin et tout le mois de juillet près du temple de Tchcubsen , et j'explorerai à fond la flore et la faune. Outre cela, il faudra faire reposer les chameaux. »

Le voyageur indiquait en ces termes ses projets ultérieurs :

ff Je quitte, le 23 septembre, la pagode de Tcheubsen, et je m'achemine vers le lac Khoukhou-nor, situé à cinq jours de distance ; la modicité de mes moyens actuels ne me permettant pas d'atteindre Hlassa, je suis forcé, bien à contre-cœur, d'ajourner ce projet. En revanche, j'ai l'intention d'explorer scrupuleusement le bassin du Khoukhounor et le pays de Tsaï-dura, situé au sud-ouest de ce lac. . Je compte passer l'hiver dans ce pays. Je me rendrai au printemps aux environs du Khoukhou-nor, j'observerai le passage des oiseaux, et au commencement du mois de mai je retournerai aux monis Gansou. J'y passerai environ un mois pour étudier la nature au printemps dans les montagnes; je partirai ensuite pour TAlachan, et il est probable que j'atteindrai la ville de I)ïn-youan-ïn vers la fin

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de juin. Je passerai le mois de juillet dans les monts Ala- G}ian (que je n*ai pas eu le loisir d'explorer cette année), et au commencement d'août je m'acheminerai vers Ourga, où j'arriverai probablement à la fin de septembre. Tel est le plan de mon voyage. •

« Jq suis on ne peut plus peiné de ne pas pouvoir pousser jusqu'à H'iassa ; mais qu'y faire? Je puis dire en conscience que j'ai fait tout ce qu'un voyageur européen peut faire dans ces contrées, avec des moyens aussi insuffisants (fae ceux dont je dispose actuellement.

« Au reste, je puis le dire sans me vanter, tous les brigands de l'endroit ont infiniment plus de respect pour nous quatre que pour toutes les troupes chinoises. La renommée de nos fusils et celle de notre habileté à nous en servir, amplifiée par toutes sortes d'exagérations, va trèsloin. On dit, par exemple, que je suis un saint et qu'aucune balle ne peut m'atteindre. J'ordonne à dessein à mes cosaques d'affirmer la chose, en recommandant toutefois le secret le plus absolu..... «

H convient de rappeler qu'une partie des territoires dont il s'agit ici a été visitée en 1866 par le P. Armand David, savant lazariste, dont nous avons précédemment analysé la relation (voir le tome X, 1872, de ÏA)i)in' géographique^ p. 167).

Des nouvelles ultérieures ont annoncé (|ue le capitaine Przévalski était de retour à Irkoutsk , (;t il doit être? maintenant à Pétersbourg. Une première notice sur l'ensemble du voyage a paru tout récemment dans le Bullrtin de la Société de Géographie russe; nous en tirons quelques courts passages :

« Le capitaine Przévalski arriva aux montagnes d'In- Ghan à la fin de juin. A une distance d'environ 150 verstes de Khoukhou-koto, ces montagnes descendent eu pentes escarpées vers le Hoang-ho et l'encadrent. Leur partie occidentale est appelée parles Chinois Ouliasuu,

par les Mongols, Mouni-oula ; sa plus haute pointe atteint 2225 mètres. Au nord et au sud, les descentes sont presque à pic et donnent au pays un caractère alpestre. L'accès aux vallées est très-difficile, et l'âne seulement ou le mulet peuvent passer par les défilés étroits. Les pentes, au nord aussi bien qu'au sud, sont couvertes de broussailles, parmi lesquelles les genres Corylus et Rosa sont les plus fréquents. Les forêts commencent à une hauteur de 1600 mètres et couvrent toute la partie centrale de cette chaîne, qui se distingue des autres montagnes de la Mongolie du sud-est par sa riche végétation, ses sources et ses torrents. » •

Le voyageur signale le tracé fautif du cours du Hoangho (que nos cartes reproduisent uniquement d'après les cartes chinoises) dans la partie où il enveloppe l'Ordos. Le fleuve a ici une rapidité de courant de 90 mètres par minute ; il traverse presque constamment des prairies et contient beaucoup de limon. Il a dans toute sa course moyenne une largeur partout égale d'environ 400 liiètres, est très-profond, navigable, et nulle part guéable.

L'intérieur du pays des Ordos aussi n'est en grande partie qu'un désert; les indigènes l'appellent Boro-tokai^ ce qui veut dire « prairies grises ». La hauteur moyenne de la vallée du Hoang-ho dans la partie visitée par M. Przévalski est de 1012 mètres dans les environs de Baou-tau ; elle atteint 1054 motres à un certain point situé à 27 verstes ouest de la ville de Dïn-khou.

Le pays de l'Alachan est situé sur la rive gauche du Hoang-ho en face de celui des Ordos; c'est pourquoi il est aussi appelé Tra)is~ Ordos. L'intérieur est un immense désert privé de toute végétation et de toute vie animale. La ville de Dïn-youan-youn, en chinois Ouayaù-fou, que les cartes attribuent à tort à la province de Kan-sou, (»st la résidence du prince mongol d'Alachan.

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Le Baim-tsoum-bour, dans les montagnes d'Ala-Ghan, atteint une hauteur (absolue?) de 3520 mètres. Le Dïnyouan est élevé de 1770 mètres au-dessus de la plaine ; d'autres sommets dépassent cette. hauteur de 3 et 400 mètres et plus.

' La neige reste pendant toute la saison dans les gorges et les ravins qui ne sont pas accessibles aux rayons du soleil. Les Mongols disent que dans ces montagnes il pleut en bas qpiand il neige en haut. Les forêts de TAlachan, qui commencent à une hauteur de 2370 mètres et s'étendent jusqu'à 2700 mètres, sont couvertes de pins et de peupliers. Les animaux y abondent ; on y trouve une espèce bâtarde de cerf, le porte-musc, et une espèce de mouton jsauvage appelé par les Mongols khoukhou-yama, « la chèvre bleue ».

Le voyageur mentionne une immense couche de sel appelée par les Mongols Tcharataï-Dabasou, à une centaine de verstes au nord de Dïn-youan-youn ; cette couche est épaisse d'un mètre et demi à deux mètres, et d'une qualité excellente. De loin elle ressemble à la surface d'un lac.

Cette excursion a duré dix mois. Elle a eu d'importants résultats pour la géographie; mais elle n'aura toute sa valeur que lorsqu'on en possédera la relation entière. M. Przévalski a pointé sa route et tracé son itinéraire sur une carte qui forme' vingt-deux feuilles. La zoologie y a gagné la découverte de quarante espèces de mammifères, dont trente-deux d'animaux sauvages et sept d'animaux domestiques, outre une très-précieuse collection de 213 oiseaux, et une grande quantité de poissons, d'insectes, de plantes et de minéraux.

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S 4. Un document indigène. Itinéraire du nord de la Mongolie aa Tibet.

C'est encore par la Russie que le document suivant nous arrive.

Le besoin d'assurer aux grandes caravanes qui se rendent de la Mongolie au Tibet une traversée aussi sûre que possible, durant laquelle bommes et bêtes ne soient pas exposés à manquer d'eau, de vivres et de fourrage, a porté le gouvernement à fixer un itinéraire qui doit être considéré comme obligatoire pour toutes les expéditions de ce genre. Voici quelques détails sur cet itinéraii*e :

D'Ourgha, par les États kalkhas , l'expédition se rend dans TAla-Chan, et il lui faut trente jours pour en atteindre les campements. En évaluant pour cette partie de là route à 40 vers tes la journée moyenne d'un chluneau, la distance serait de près de 1200 verstes.

Du campement de l'Ala-Ghan au lac Kboùkhou-noir, dix-huit jours de marche ; les journées de chameau pouvant se compter ici, en moyenne, de 30 verstes, le pays étant accidenté, la distance de TAla-Chan ou Khoukhounor serait de 650 verstes.

. Enfin du Khoukhôu-nor à H'iassa on compte 46 jours de marche; à 30 verstes par jour, la distance serait dé près de 1400 verstes. Total, d'Ourgha à H'iassa, enviroii 3250 verstes.

Pour l'ordinaire, la caravane marche tout le jour et iie s'arrête que le soir, pour se reposer durant la nuit. I)àn8 les endroits où Teau n'est pas abondante , la caravane se sépare en deux parties.

La route est généralement unie; on ne rencontre de montagnes que passé l'Ala-Ghan. Point de |forêts, à l'exception de deux endroits au delà du Khoukhou-nor, et encore ce sont des forêts de pins.

Toutes les contrées que l'expédition traverse jouissent

DE Ul MONGOLIE AU TIBET. 135

d'un climat tem|)éré, surtont le Tibet , où les étés n*ônt pas de grandes chaleurs et où les hivers sont doux: Entre le lac Khoukhon-îior et le Titet on traverse quelcpies localités majs^es, ^eu favorables aux Mongols qui s'y aventurent, et dont (juelcjues-uns ne reviennent pas; cependant les indigènes y vivent sans c^e leur santé en souffre.

i'Ourghà aui campements de l'Ala-Chan, les princes et autres personnes notables vont en charrette, plus loin achevai, à l'exception des fonctionnaires mandchous, qui voyagent en palanquins portés par des chameaux. Les stations sont de 50 à 20 li chinois.

Dans le campement de l'Ala-Ghan, la caravane fait une halte de plusieurs jours. On traverse la grande muraille à la sixième halte après ce campement, à San-yan-tzin.

Près du fchoukhou-nor , la caravane fait une halte très-proloiïgée ; elle y laisse le surplus des chameaux, du bétail, des charrettes et des autres bagages inutiles pour le reste du voyage.

Biti treizième au trentième relais, sur le parcours de la rcriite entre le Khoukhou-nor et H'iassa, le pays est complètement inhabité; les localités habitées ne reparaissent qu'à partir de la chaîne de montagnes dite Ouchighè, qui fait déjà partie du Tibet. Dans ces |)ârages, l'on rencontre des yaks sauvages , des ânes sauvages et des chèvres des steppes.

Lat vingtième halte se trouve dans un endroit nommé Tsagàn-tologoî. Cet endroit est bien connu des Mongols. .

Sur le versant méridional de la chaîne d'Ouchighè, on commence à rencontrer une population nomade nommée loun-chou-ba, qui habite des huttes coniques garnies de peaux de bêtes et qui se livre à Télève des bestiaux ; elle possède des troupeaux de yaks et de moutons.

La trente-quatrième halte se fait près du lac Tsoul-

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mara. C'est la frontière du Tibet, et ici apparaît une population sédentaire qui se livre à ragriculture. Le premier village se nomme Nantchjou, il est le siège des autorités civiles et ecclésiastiques. C'est à Nantchjou que l'expédition abandonne ses chameaux, et en général tout ce dont elle n'a plus besoin pour traverser un pays à population stable. Depuis cet endroit elle voyage en charrette, avec des chevaux de relais , en transportant seulement des tentes et des huttes pour les haltes de nuit.

S 5. Une excursion dans le nord de la Mongolie.

Les notes suivantes ont été communiquées par un voyageur russe au Journal français de Saint-Pétersbourg. Sur des contrées si récemment ouvertes à l'accès européen, tous les documents sont utiles à recueillir.

Le voyageur a traversé la Mongolie dans le courant de l'été de 1872. Il voyageait en touriste curieux, muni de bonnes recommandations auprès des autorités chinoises et mongoles. Le véhicule dans lequel il a quitté Oui^ha était une simple charrette chinoise , bien solide, et qui cependant est arrivée à Ouliassoutaï toute délabrée, par suite du mauvais état des routes. Il avait en outre un cheval de selle pour les passages difficiles et pour traverser les gués. Il était accompagné d'un interprète, d'un cosaque armé et d'un domestique , tous trois à cheval. Le bagage et les provisions de bouche (biscuit, gruau et thé) formaient la charge de. plusieurs chameaux. Parti d'Ourgha le 18 juillet, il atteignit Ouliassoutaï en douze jours.

Il n'existe point de route de poste directe reliant Ourgha à Ouliassoutaï. On suit d'8i)ord la route de Kalgan jusqu'à sa jonction, à Saïr-ousou, avec la grande route de Péking à Ouliassoutaï. La direction de la première partie

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