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LA CONTRÉE DES KIÏALKHAS

du trajet est du nord au sud, et la seconde partie de l'estsud-est à Touest-nord-ouest. Les indigènes ne suivent point toujours cette route. Souvent, et surtout dans la belle saison, ils évitent ce grand détour en traversant en ligne droite la région montagneuse et peu connue qui sépare Ourgha d'Ouliassoutaï ; mais ce trajet n'offre point de sûreté et n'est praticable que pour les caravanes.

Saïr-ousou a une très-pauvre apparence ; en fait de bâtiments on y aperçoit seulement Thabitation du dzargoutcheï et un petit temple. Les tentes en feutre où Ton reçoit les voyageurs, quelques tentes de campagne de marchands chinois, et le camp d'un détachement de cavaliers Solons (de 200 hommes), complètent l'ensemble du paysage. Cependant ce point où se réunissent les routes d'Ourgha, d'Ouliassoutaï, de Kalgan et de Oeui-youan-tchen (Khoukhou-khoto) est un point important, bien que sa population permanente ne monte qu'à 300 hommes.

Après le relais de Chourouk on entre dans le territoire relevant d'Ouliassoutaï. Sur la route d'été * de Chourouk, au relais suivant, au pied de la montagne Baïan-oula, se trouve l'habitation du prince Kochoutchi-goun, avec un temple riche et vaste. Parfois le prince passe l'hiver dans cet endroit, qui n'est habité en été que par des lamas avec leurs disciples. Presque dans chaque bannière des districts de la Mongolie, il y a au moins un point habité de ce genre (dans les provinces riches il y en a deux et plus) où le prince fixe ses quartiers d'hiver et dont la population permanente se compose de lamas et de leurs disciples. Ce genre d'établissement et les temples, voilà les seuls points à population stable de toute la Mongolie, en

1. Entre Khara-Nidoun et Ouliassoutaî, le tracé de la route se déplace selon les saisons. En été, la population nomade des relais remonte de plusieurs dizaines de U au nord ; en automne, elle redescend vers le sud et passe l'hiver encore plus au midi.

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dehors des quelcjues centrés administratifs tels cfu'Ourgha, Ouliassoutaï et KJiobdo.

La distance totale d'Ourgha à Ouliassoutaï par la route en question est de 1300 à 1350 verstes, selon que l'on voyage en été ou en hiver. Sur toute la route, on a de Teau en abondance, des sources, des fuits, et à partir du relais de Garida, qui est le premier après ELhara-nidoun, à chaque relais on rencontre un petit cours d'eau qui donne son nom à la localité. Les bords de ces petites rivières sont couverts d'une herbe rase etclair-semée, mais très-bonne pour les troupeaux et pour les chameaux, qui sont ici d'une race remarquablement forte et endurante.

Au troisième relais avant Khara-nidoun, la route traverse la rivière Onghïn (Onghi-gool), qui donne son nom au relais. Cette rivière marque la ligne de démarcation entre le désert de Gobi au sud et la région du Khangaï. au nord. Le désert de Gobi jouit d'un climat tempéré ; une multitude de Mongols viennent y établir leurs campements d'hiver. La région de Khangaï, au contraire, est montagneuse; elle abonde en eaux, et la température y eÉrt; fraîche en été et rigoureuse on hiver. Les Mongols y passent la belle saison. Elle n'est boisée que dans la partie nord ; mais on prétend qu'autrefois les bois s'étendaient beaucoup plus au sud. Questionnés sur les limites des territoires désignés aujourd'hui sous le nom de Khangaï, les Mongols ont affirmé que tout le pays, jusqu'à Ouliassoutaï, porte ce nom historique, qui s'étend bien loin au nord et à l'est. La région de Khangaï a été fort peu explorée. Elle possède une faune très-riche, une végétation variée, et mérite d'attirer l'attention des archéologues par ses nombreux tumulus et autres vestiges des temps anciens.

Le voyageur a fait fouiller sous ses yeux un de ces turmiulus; il n'y a trouvé que des ossements, et rien qui pût faire conclure à l'existence dans ces parages d'anciens étar

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