‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 47 sur 425 · DZOUNGARIE · texte numérisé non relu

DZOUNGARIE

blissements stabled. Ces tumulus sont nombreux, surtout entre le relais de Baïdarik (à l'ouest de Khara-nidoun] et Ouliassoutaï.

La ville d'Oaliassoutaï, où le voyageur arriva le 29 juillet, est située au fond d'une large vallée resserrée de toutes parts entre des pentes roclîeuses, ayant un climat assez firoid, et traversée par une rivière du même nom que la ville, qui se divise en plusieurs bras.

Sous le nom d'Ouliassoutaï on comprend la citadelle, qui porte encore le nom de Sangaï-Khoto, et la ville marchande, qui n'est, à proprement parler, qu'un faubourg. La citadelle, située à environ 1 verste 1/2 du faubourg, dont elle est séparée parle cours de TOuliassoutaï, forme un carré presque parfait. Elle est entourée d'une muraille, ruinée en partie, haute d'environ 2 sagènes, large de 2 archines, et d'une circonférence approximative de 1 verste 1/2. Ce mur a trois portes, au sud, à Test et à l'ouest. Les parties sud et ouest du mur ont beaucoup souffert en 1870, lors de l'irruption des Doungans. Actuellement on érige un nouveau mur de plus grandes dimensions, avec rempart en pierres et fossé.

Quant à l'intérieur de la citadelle, c'est surtout la partie nord qui a subi les plus grands dégâts et une dévastation presque complète. Les Doungans n'y ont pas laissé pierre sur pierre. Dans la partie sud, les maisons habitées par les autorités sont restées sur pied ; cependant elles ont été fortement endommagées et portent encore les traces de l'incendie. La citadelle renferme deux temples, la maison du tziarir-tzioun ou gouverneur général, et celle du khébé-a/mban ou gouverneur mandchou. Le faubourg n'a point d'enceinte ; plus du tiers en a été détruit par le feu lors de la récente invasion des Doungans.

Le voyageur estime à 3000 âmes la population tl'Ouliassoutaï, non compris la colonie chinoise qui compte 7 à 800 individus.

S 6. M. Elias Ney et sa traversée de la Mongolie.

Quel que puisse être l'intérêt que présente l'excursion du M. Przévalsky pour la connaissance physique et géographique des contrées qui bordent la Chine du côté du nord-ouest, cet intérêt ne peut être mis en parallèle avec celui qui va s'attacher prochainement à la relation d'un voyageur anglais, M. Ney Elias, qui, à son retour de Chine, où il a étudié d'une manière particulière le nouveau cours du Hoang-ho inférieur et a en levé la carte ainsi qu'aurait pu faire un ingénieur*, a traversé la Mongolie en suivant des ligne» en partie nouvelles, et pour la première fois, dans cette grande région si incomplètement explorée, a jalonné son itinéraire d'une suite de déterminations astronomiques. En même temps que dans le sud et Touest les Anglais et les Russes relèvent de nombreuses séries de données positives, qui fixent la géographie du massif tibétain et du bassin de l'Aral, voici dans le nord un voyageur qui complète ces acquisitions pour le plateau mongol. La carte de l'Asie Centrale, si mal assise encore il y a vingt ans à peine, se fixe et se complète avec une rapidité merveilleuse.

La traversée de M. Elias en Mongolie n'a pas duré moins de quatre mois et demi, du milieu d'août 1872 au 3 janvier 1873. Parti de Péking le 22 juillet, dans la direction de l'ouest, le voyageur atteignit, au milieu d'août, la petite ville frontière de Koueï-houa-tchhing, le Khoukhou-khoto des Mongols (M. Elias, dans son orthographe anglaise , écrit Kwei-hua-cheng) , au nord-est du grand coude que décrit le Hoang-ho autour du territoire mongol d'Ordos ; il détermina la position astronomique de ce

1. Voir V Année géographique, t. IX, p. 72, n» 131, et t. X, p. 176,

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