‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 48 sur 425 · LE NORD DE LA MONGOLIE · texte numérisé non relu

LE NORD DE LA MONGOLIE

lieu, latitude et longitude, par une série d'observations astronomiques qui mettent la place au 111" degré 47' du méridien de Gh'eenwich (109® 27' E. de Paris), et en latitude à 40^ 47' 64". Cette position diffère très-peu de celle de la carte des jésuites ; elle n'est pas moins utile par la confirmation qu'elle en donne.

Les voyageurs qui de Péking reviennent en Europe par la Sibérie, suivent une route tracée depuis les premiers rapports de la Chine avec la Russie, et dont aucun ne s'est beaucoup écarté. Cette route, qui de Péking s'incline au nord-ouest dans la direction du lac Baïkal, traverse la Mongolie en coupant le désert de Gobi dans sa partie orientale, et, après avoir dépassé la ville mongole d'Ourga, elle conduit à Irkoutsk en touchant à Kiakhta. M. Elias voulut précisément s'écarter de cette ligne battue. En portant sont point de départ àKoueï-houa-tchhing, à plus.de 400 kilomètres à l'ouest de Péking, le voyageur se préparait à couper le désert, non plus dans ses parties orientales, mais dans sa partie centrale. Son dessein, dit-il, et même un des objets principaux de son voyago, était de chercher le site de Karakoroum, la capitale de Djinghiz-k)iân au commencement du treizième siècle, et de là, totimant à l'ouest en gardant sur sa droite les monts Altaï, de gagner les nouveaux établissements russes de la Dzoungai'ie. Cet itinéraire, en effet, plaçait M. Elias sur un terrain neuf à bien des égards. Très-pou d'explorateurs, même depuis l'extension des Russes dans cette direction, en ont vu quelques parties ; aucun n'en a parcouru l'ensemble. Il y avait là une belle initiative à prendre, et une belle conquête géographique à faire.

Cette conquête scientifique, M. P]lias a eu la gloire de la réaliser.

Ce fut le, 8 septembre, jour noté comme heureux dans le calendrier chinois, que le voyageur, quittant Koueïhoua-tchhing et la frontière du Chaii-si, s'ombarqua d('*-

142 ASIE. (n'»* 148-160.)

finitivement pour sa longue traversée de la Tartarie chinoise. Il était accompagné seulement de trois hommes, un domestique chinois, un chamelier et un guide ; sept chameaux et deux chevaux, un pour lui, l'autre pour son domestique, complétaient la caravane. Leur marche journalière commençait à midi et se prolongeait jusqu'à 10 heures du soir ; dans cette traite de dix heures, ils parcouraient en moyenne une distance de 18 milles*. Au départ le pays offre à la vue de vastes plaines herbeuses, entrecoupées de collines. Le désert proprement dit, le véritable (Jobi, se présente sous Taspect de monticules séparés par des vallées et des plaines, le tout d'une nature rocheuse et pierreuse plutôt que sablonneuse, avec un peu d'herbe, des arbres rabougris clair-semés dans les gorges, et quelques touffes de genêts ou de bruyères qui fournissent aux chameaux une nourriture passable. Pour gibier, un lièvre de temps à autre, et quelques troupes de chèvres jaunes ; çà et là, de rares campements mongols, qui se transportent de place en place. Les puits se rencontrent à de longs intervalles ; les meilleurs sont dans les petites chaînes rocheui^es, ou au voisinage.

Le 8 octobre, la petite caravane atteignit la rivière Onghïn, un des cours d'eau qui descendent des pays montagneux des Khalkhas et qui vont se perdre dans le désert. Le cours de l'Onghïn est vers le S. E.; le point où M. Elias le traversa est au 101* degré 9' de longitude (de Paris), par 45** 46' de latitude N., dans une vallée plate, à

t. Dix-huit milles géographiques y dit la note de M. Elias. Habitaellement on entend par mille géographique le mille de 60 au degré, représentant une minute d'un grand cercle, ou ISôO mètres (1 kllom. 850). Dans ce cas, les 18 milles équivaudraient à 33 kilomètres wiTiron. Différents passages de la communication de M. Elias feraient penser, néanmoins, qu'il s'agit de milles anglais, bien que ces milles n'aient rien de géographique, et alors les 18 milles n'équivaudrsuent plus qu'à 29 kilomètres. Il importe d'être fixé à cet égard pour rétablissement de l'itinéraire.

Page 1