‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 57 sur 425 · EXPLORATION DB LA PALESTINE · texte numérisé non relu

EXPLORATION DB LA PALESTINE

dn I1J4M Mmm «t de ses enYirons, Tautre du I>)éb«l Setkal, d'ut étendre respective de 17 et de 13 1/2 milles euréi, farentaoheTéfi. L& position relative et raltitudc de cinquante-six sommets furent di'aorminées par une triangiilatioii appuyée sur vingt^cinq points choisis.

« En norembre 1869, M. Palmer fut envoyt^ par le Gomité pour explorer le désert de Tih et une partie du lioab; il fut accompagné dans son voyage par M. Tyrwkitt Bnke. Un travail consciencieux fut fait avec une boDMole prûmatique, et un comptant au pas ; \w résultats géog^pbiques de ce voyage furent très«importants ^

« N'ayant pu obtenir l'autorisation de faire des fouilles dans leHoram à Jérusalem, le Comité reporta son attentioB sur le levé du pays, sentant bien que les recherches hOdiques étaient arrivées à un point où une carte exacte était indispensable pour leurs progrès ultérieurs. En jliB 1671, il fut résolu que des mesures seraient prises ia»édiatement pour compléter le levé de la Palestine. Oi apprit dans le même temps qu'une association anaegiie an Palestine Exploration Fimil s'était formée en Amérique dans le but de coopérer à la tache du Comité inglais ; il fut convenu que la Commission anglaise lèvelah le pays à l'O. du Jourdain, tandis que les Américame se chargeaient des levés à TE. du ilouve. Le capitaine Stewart, du corps royal des ingénieurs, fut ap])elé la commandement de la mission 'anglaise, avec deux soa»*officiers du Comité d'artillerie, el M. Tyrwhitt Drake se chargea de la nomenclature, des traditions el de l'histoire naturelle. L'échelle choisie ])0ur la carte fut d'an pouce par mille, sauf pour les localités d'un intérêt spétial dont le ])Ian serait établi à une plus grande échelle. La projection choisie est la projection rectangulaire de sir Henri James, et une série de feuilles, embins-

K Voir le tome X de ï Année géographique^ p. H5, n* S3.

176 ASIE, (n*>' 189-203.)

sant clans toute son étendue le pays à reconnaître, furent préparées par le capitaine Bailey, du corps royal de la marine, chaque feuille contenant 20 milles en latitude et 30 en longitude.

« Le 8 novembre 1871, le capitaine Stewart aborda à Jaffa et établit un camp à Ramleh, où une ligne de base fut mesurée, et où les premiers points pour la triangulation furent choisis. Malheureusement, M. Stewart tomba gravement malade, et fut obligé de revenir en Angleterre; le sergent Black et le caporal Armstrong furent chargés des attributions de son service. Le capitaine Wilson parle, dans les termes les plus chaleureux, de .rexactitude générale du travail de ces sous-officiers, et du discernement qu'ils ont montré dans le choix des points sur lesquels s'appuie la triangulation. Le 17 décembre 1871, M. Drake arriva de Damas au camp de Ramleh, et entra en fonctions. Le capitaine Stewart se vit dans Tobligation de résigner la charge qu'il avait acceptée, et le lieutenant Gonder, choisi pour le remplacer, reprit les opérations dès son arrivée à Nablous, le 17 juillet 1872. Depuis cette date le travail géodésique a marché d'un pas rapide et ferme. La base de Ramleh a été mesurée trois fois à la chaîne ; elle a donné comme longueur moyenne 22 183," pieds (6761 mètres). A la fin de janvier, la triangulation avait été continuée en partant de la ligne de base par une série de triangles embrassant une superficie de 100 milles carrés (259 kil. c); 80 milles carrés (207 kil. c.) avaient été relevés et mis au point sur les feuilles. Pendant les mois de février et de mars, 100 autres milles carrés furent triangulés et levés ; et quand le lieutenant Gonder entra en charge au mois de juillet 1872, 560 milles carrés (1450 kil. c.) étaient déjà triangulés, levés et portés sur l(is feuilles,

« Au mois de septembre 1872, une seconde base a été mesurée (23 810 pieds = 7257 mètres), dans la partie la

l'inscription moabitë. 177

plus unie de la {daine d'Esdraclon, d'où la triangulation a été eiunnte élBiidne vers le nord et vers l'ouest. Le travail diês levés marche maintenant entre le Garmel et Jafia. 3»

Les opérations de la Commission marcheraient beaueoQp plus rapidement, si les fonds, qui sont exclusivement {onmis par des souscriptions privées, ne se fesaient parfois un peu attendre, à en juger par les fréquents appels. On peut regretter aussi que les moyens, assez considérables, en définitive, dont le Comité dispose, ne se concentrent pas en premier lieu sur la carte, qui est, après tout, Tobjet fondamental de l'entreprise, puisque tout le reste s'y rattache : mais sans doute on est dans Tobliga^ tion de répondre simultanément aux vues diverses des souscripteurs. Nous désirons vivement que l'opération soit conduite à terme dans le temps le plus bref possible.

La Commission américaine, qui s'est réservée la partie

des terres bibliques à l'E. de la mer Morte et du Jour-

*iùa^ a commencé son œuvre cotte année, et elle se

fflictte déjà des résultats obtenus dès son début. (Voirie

Quanierly Statement, juillet, p. 111, et octobre p. 162.)

S 3. Llnscription de Dibôii.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit précédemment de cette inscription, ni sur les nombreux tra- TMX dont elle a été déjà l'objet (voir particulièrement le tome IX de V Année géographique, p. 8 et 14); mais nous répéterons ici, ainsi que nous l'avons dit (ci-dessus à la bibUographie, n" 1P8), la traduction que M. Bruston en adonnée, avec d'amples commentaires, dans le Journal ùrioAique. Nous ne retiendrons du commentaire que ce qai touche directement à la vieille géographie du pays moabite.

« Je suis Mesha, iils de Gamosgad, roi du Moab, le Di*

l'année GÉOGR. XII. 12

bonite. Mon père a régné sur Moab trente ans, et moi j'ai régné après mon père. Et j'ai fait ce haut lieu à Gamos, dans Qorkha^^ànns la cité de Mésha, parce qu'il m'a délivré de tous les envahisseurs, et qu'il m'a fait voir tous mes ennemis humiliés.

1 . QorMia signifie proprement ealfHtiê. La colline qui portait ce nom, probablement la plus élevée des deux éminences qu'on voit encore à Dibân, devait donc à Torigine être une hauteur nue ou aride....

« 0[mr]i fut roi d'Israël, et il opprima Moal) pendant longtemps, vu cpie Garaos était irrité contre son [pa]ys.Et son fils lui succéda, et il dit, lui aussi : « J'opprimerai Moal3. » C'est de mon temps qu'il parla [ainsi], et je l'ai vu humilié, lui et sa maison. Et Israël a péri d'une ruine éternelle.

« Et Omri conquit le pays de Madebâ, et il y demeura.... les jours de son fils, quarante ans, et Camos y [est revenu] de mon temps. Et j'ai construit Baal-Meon^ et j'y ai fait le fossé (?), et j'ai [construit] Qiriathaïn.

« Et les hommes de Gad habitaient dans le pays d*[Ataro]th depuis très-longtemps; et le roi d'Israël s'était construit Ataroth. Et j'attaquai la cité et je la pris. Et je tuai tout le [peuple] de la cité, spectacle à Camos et à Moab. El j'emmenai de là l'ariël Dodo, et je le traînai de- ' vant Camos et Queiioth. Et j'y fis habiter les hommes de Sharon ^ et les hom[mes] de Makharath *.

2. Scharon était probablement quelque plaine voisine; le mot, en hébreu, signifie plaine,

3. Makharath doit être Machéronte (près d'Ataroth au nord), célèbre par la décapitation de Jean-Baptislc.

« Puis Camos me dit : « Va, prends Nebo sur Israël. » [Et je] marchai de nuit, et je l'attaquai depuis le lever do l'aube jusqu'à midi. Et je la pris et je la tuai tout entière^ sept mille [hommes]. Et je.... les dames et les iiUes, car je les avais vouées à FAsthar de Camos. Et je pris de là les [vajses de l'Eternel, et je les traînai devant Camos.

iUlAAIE. 179

a Or, k M 4Iwitf 4?Bit eoBstruit lahats^ et il y habitait ^fpioA il ISA biiaît la guerre. Et Gamos le chassa de éoivant [n»] bn. Je pris de Moab deux cents hommes, toule son dite» Bit je la dirigeai contre lahats^ et je la prie, poar ajouter à DiMn,

« Ceatiooi 4|ai ci, construit Qûrkha^ le rempart des fortis et le rempart des.... Et c'est moi qui ai construit ses pertae, et c'est oabi qui ai construit ses tours. Et c'est Buù qui ai conatmit le palais royal; et c'est moi qui ai fait les féeerveire de raq[ued]uc au milieu de la cité. Or, il B*7 avait point de puits au milieu de la cité, à Qovklia; et ja die i tout le peuple : « Faites-vous chacun une citerne daaaaà maison. » Et c'est moi qui fit creuser le canal pour Qorkha par les pri[sonniers] dlsraël.

« (Taet moi qui ai construit Aroer^ et c'est moi (fui ai bit la chaussée contre VAryioji, C'est moi qui ai construit Bêth-Bamoth, car elle était en ruines. C'est moi qui ai construit Betser^ car je m'en [emparai avec] cinquante hoBOdes de Dibân^ car tout Dibôn était soumis. Et c'est moi qui ai [établi] cent [princes] dans les cités que j'ai ijsutées au pays. Et c'est moi qui ai construit.... QiUeth- Diblathaïn et Beth^Baal'Mcon^ ^t j'y ai porté les [statues de Gamos, Dieu?] du pays.

«Et Khoronaïn, B.... y habitait, et.... et Camos me éit:« Descends, attaque A7<oroH«m \ » Et je.... et Camos y est revenu de mon temps, et sur.... Et je....

204. Ch. T. BeK-E. Mount Sinai a volcano. Lond. 1873, in-8, 48 pages. 3 fr. (Tinsley).

Le docteur Charles Beke, qui a luaiquu ba place, il y a ironie ans

U Le» viUes nommées «Uns rinscri^liuii, ouUc celleb (|ui onl cii'. plus haut Tobjet d'annoiaUOQs spéciales, >oiiicoiinued par la Bibio.

180 ASIE. (n«' 204-223.)

parmi les plus habiles et les plus jadicieuz explorateurs de PAbyssinie, s'est fait connaître aussi par des travaux d'exégèse biblique, et dans ces travaux de pure érudition il semble s'être attaché surtout à ce qui s'écarte des routes battues. Cette disposition se fait remarquer déjà dans ses Origines Biblicse ; elle s'est affirmée dans ses recherches plus récentes sur le Harran de l'histoire d'Abraham ; elle a surtout inspiré le mémoire, d'ailleurs très-savant, que nous inscrivons ici . M. Beke ne s'y propose rien moins que d'enlever à la presqu'île de Sinaï l'illustration trente fois séculaire dont elle est en possession, comme ayant vu s'accomplir le terrible mystère des Tables de la Loi que Moïse reçut du Dieu d'Israël au milieu de la foudre et des éclairs. Au sentiment de M. Beke, le véritable Sinaî, avec les phénomènes dont l'entoure le récit de l'Exode, a dû ^tre un volcan alors en éruption, et c'est dans la région volcanique qui se trouve plus loin à TE., au delà de la grande vallée d'Akaba qui s'étend de la pointe de la mer Morte à la corne orientale de la mer Rouge, que ce volcan peut se trouver. M. Beke se propose d'en aller faire la recherche, et il a provoqué à cet effet une souscription en Angleterre. Nous souhaitons de grand cœur que ce voyage s'exécute. Nous ne savons si M. Beke y retrouvera la montagne de Moïse ; mais ce dont nous sommes certains, c'est que l'exploration d'une partie inconnue de l'Arabie Pétrée par un voyageur savant ne peut qu'être profitable à la géographie. — On annonce en ce moment (milieu de décembre) le départ de M. Beke.

205. D'O. Blau, Generalconsul. Àltarabische Sprachstudien. ZeiUchr. der Deutschen Morgenldnd. [Gesellsch. XXVII, heft 1-2, 1873, p. 295-363.

2« partie d'un travail qui intéresse au moins autant la géographie comparée de l'Arabie que hi linguistique. Voir le précédent vol. de Vannée géographiqu^j p. 94, n° 85.

206. Du même. Das Alt Nord arabische Sprach-Gebiet, nach dea alten altarabischen Studien, I, II. 1872. Ibid,

Carte qui doit accompagner, comme le titre l'indique, les c Études sur le N. de l'Arabie ancienne ■. (Voir le t. IX de VÀnnéê géografiUique, p. 15, n» 28.)

207. A. Sprenger. The campaign of vElius Gallus in Arabia. Ths journal ofthe Royal Asiatic Society, 1872, vol. VI, p. 121-

Travail auquel les récentes découvertes de M. Halévy laissent une bien faible valeur géographique.

208. Ferd. Wîîstenfbld. Das Gebiet von Médina. Nach arabischen Geographen bearbeitct. Gœttingen, 1873, in-4% 86 pages, avec une carte. 5 fr. (Extr. des Mémoires de la Soc. des sciences de

(jottingue.)

209. Capt. S. B. Miles. A brief accounl of four arable works on the hislory and geography of Arabia. The journal of the Roy. Atiat. Soc. N. S. Vol. VI, 1. Lond, 1872, p. 20-27.

Sommaire du contenu des quatre ouvrages manuscrits suivants : thf! IkVl fi Anmb de Hassan bin Ahmed el Hamdani ; le Kitab ^ Djé'

alfèk dm ■!■• antonr ; la Tarikh el MoUabsir cPlbn el Mo4javîr ; cl to AmU «1 0|r9«ii d'el DobbL

310. btnit dltiiiértlra de DjedO^a au golfe Persique. le Globe, JmKm^fiognpkique de Genève, t. XI, livr. v-vi, 1872, p. 132-

Vfllel la note dont la rédaction da Globe fait précéder cet itinéraire:

• • Ne» leeteon ae rappellent sans doute les intéressants et curieux rédta de If. Clément tnr ses voyages dans le Kourdistan et ses navlgatkNU périUeoiee snr l'Enphrate et le Tigre *. M. Clément avait lait eonnaiieence, dans ce voyage, d'un Italien, marchand voyageur, %iâ avait teaverse le centre de FArabie, par des régions peu connée et d'an tn^et très-difficile, il obtint de ce voyageur un extrait dltlnéraire de ce chemin, dont nous donnons ici la reproduction comme objet de nouveauté et de grand intérêt, en en laissant la responsabilité à Fauteur. •

IlDuit, dans tous les cas, laisser au voyageur italien la responsabilit de ton orthographe des noms arabes, qui est très timplifiée,

211. Gian Martino Arconati (Marquis). Diario di un viaggio neir Anbia Petrea. Torino, 1872, in-A", 400 pages, avec une carte et de nombreuses photographies.

Nonane connaissons ce volume que par une note que nous trouvons dans VAthtnmum de Londres. Nous attendons, à dèfant du livre Ini-méme, l'analyse qu'en donnera sans doute le Conmos de If, Onido Gora.

212. MADOHAïf (W. Gh.). The Alps of Arabia; or, Travels through Egypt, Sinai, Arabia, and the Holy Land. Lond., 1873, petit in-8*, 12 eh. (King).

213. D* A. BuEz. Une mission au Hedjaz. Contributions à Thistoire du choléra. Le Pèlerinage de la Mecque, les services sanitaires et les institutions quarantenaires de la mer Rouge les épidémies de choléra de 1865 et de 1871-72 au Hedjaz, le commerce des esclaves dans la mer Rouge : Ethnologie, géographie de la Péninsule arabique. Paris, 1873, in-8, 135 pages (Ifaason).

Extrait de la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie.

214. Jos Halévy. Misssion archéologique dans lo Ycmen. Paris, 1872, gr. in-8, avec carte. 20 fr. (Baer).

C'est la relation développée du voyage de M. Joa Halévy (V. le voL précédent de V Année giographique^ p. 96 et 101], dont une narration plus resserrée, mais suffisante pour le grand nombre, se trouve dans le morceau suivant :

215. Jos. Halévy. Voyage au Nedjnin. Bulletin de la Socitîtv de

i. Voir le tome V de VAnnée fiéogrophiqup, p. *<0.

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Géogr., juillet 1873, p. 5-31 ; sept., p. 249-273; avec la carte originale.

« La relation qu'on va lire, dit M. Halévy dans une courte introduction, reproduit en substance toutes les notes que j*ai recueillies en 1869-70, pendant mon voyage dans le Yémen, entrepris sous les auspices de rAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Ce voyage avait pour but de rechercher et de copier les textes des monuments épigraphiquea des anciens Sabéens. Mes notes furent rédigées en langue hébraïque et tracées au crayon sur d'étroites bandes de papier pour les mieux cacher aux Arabes ; plusieurs mots à moitié effacés ont demandé un déchiffrement en règle, ce qui n'était pas chose facile, surtout en ce qui concerne les noms propres. Les renseignements que je donne sur les paya que je 'n'ai pas visités en personne proviennent en majeure partie des Israélites au milieu desquels se meut la majeure partie de{ mon récit, et dont le niveau intellectuel surpasse généralement celui de leurs concitoyens musulmans. L'évaluation des distances est le problème le plus difficile à résoudre lorsqu'on voyage en pays barbare et sans les instruments nécessaires aux mesures exactes. Les lenteurs et rirrégularité de la marche déterminent presque toujours l'exagération de l'espace parcouru. Je ne crois pas que mon désir d'être exaot ait pu triompher de cette difticullô insurmontable dans l'état où mon voyage fut exécuté; c'est sur ce point que je réclamerai sinon Tindulgence, du moins l'équité du géographe. Pour ne pas interrompre le cours de ma relation, j'ai relégué à la fin la description purement géographique des pays visités, et dont la plupart n'ont jamais été vus par des voyageurs euro- [)éens. Enfin une carte jointe à ce travail donnera le relief approximatif de ces contrées, avec les localités que son cadre restreint a permis d'y insérer. »

216. J. Halkvy. Éludes Sabéennes. Examen critique et philologique des inscriptions sabéennes connues jusqu'à ce jour. Journal Asiatique, mai-juin 1873, p. 434-521.

217. Capt. W. F. Prideaux. On some récent discoveries in South- Western Arabia. Transact, of the foe, of Biblical Archxology,

Le eapitaine Prideaux, durant son séjour forcé enAbyssinie, acquit la connaissance savante de la langue de l'Amhara, à laquelle, pendant bon service subséquent à Aden, il a ajouté celle de la langue et delà littérature de l'Arabie. Le mémoire actuel renferme des recherches intéressantes sur l'ère des rois himyarites et sur l'âge des monuments que les découvertes récentes ont mis au jour dans l'Arabie méridionale. Ces monuments prouvent l'existence d'une dynastie à Mà'in dans le Yémcn, depuis l'an lûO avant J. C. jusqu'à l'an 200 de notre rre, dynastie indépendante du royaume de Sabâ. Mais Sabà était le principal Élut himyarite, dont la capitale fut. primitivement Zhafàr, et ensuite Mùreb. Le capitaine Prideaux a examiné les inscriptions avec un grand soin, et en a tiré une suite de rois de Sabâ., dont les noms y sont mentionnés, et dont les dates se placent entre l'an 80 avant et l'an l'io après J. C. Parmi ces princes, deux seulement ont été mentionnés par les écrivains de l'antiquité classique. L'un d'eux, Il Charah (Ilisaros), est le roi qui régna à l'époque de l'expédition d'y^:iius Gallus, l'an 24 avant J. C. Le second, le Chari-

HIMYAR. 183

MI da PéripKMt !• Karibft-iUWAtr dMinseripiions. Le doyen Via- Mot fUMttê la data du Périphe à Tan 69 après J. C. '. Les inscriptions ne Jettent pas de lomière noarelle sur le cnite religieux des haMtaata da Sabà. L'objet du capitaine Prideaux dans ce travail a été de rechercher la valeur historique des inscriptions, et non de traiter le ■ajet an point de Tue philologique. Dans un appendice, le D" Prideaux igoata la copie de quelques inscriptions himyarites que luimême a découTertes.

218. Fr. PaiKTOBius. Himjarische Inschriften, erklârt» Zeitxchr. dn DeMtathm M€f§enl, GêseUschafty t XXVI, cahier :m. Leipx. m%, p. 417440.

Dans la même cahier, p. 746-750, du môme : Himjarische Beitrage.

319. Freili. ton Xaltzan. Diaiectische Studien ûber das Mehri, im Vergleleli mit verwandten Mundarten. Ibid., B* XXVII, 3»" Heft. Leipg., 1873, {>. 22&-231.

— Da mdma. Arabische Vulgârdlalecte. Ibid., p. 233-294.

230. Wilh. Kbopp^ capit. de corvette de la marine autrichienne. Notea sur la mer Rouge (trad. de l'allem. par A. Le Gras). Annaîes hydrographiques, 1872, 3--4' trim. (n° 512), p. 48:j-510. Hydrographie. Météorologie. Physique.

221. CapL W. Kropp. Physical Gcography of the Red Sea, with saîllng directions. Transi, from the german by Ë. II. Knotz, with the addition of a translation of a paper issued by ttie Mcteorolog. Society of the Netherlands. Wash, U. S. Hydr. office, iStS, m-8, 46 pages.

322, Carte de la mer Rouge, 2* feuille; corrigée en 1873. Paris, Dépôt de la Marine (n* 2128).

223. Pian de la rade Djeddah (1/2 feuille). Ibid., 1873 (n* 3148)

S 1. Note sur Hlrayar et Saliiu

On a regardé jusqu'à présent comme synonymes les termes Sabéen ci Ilimyavili* ; M. Halévy ne croit pas i cette équivalence. L'identification des deux mots no lui semble pas justifiée au point de vue liistori((ue ; il se propose d'en déterminer le sens et d'indiqurr les limites dans lesquelles chacune de ces expressions doit être employée. « Des deux noms Saha et Ifimj/ar^ dit-il, le pre-

1. Cette date doit très-probablement se reporter un peu plus en arast, fere la fin du premier siècle.

184 ASIE. (n»« 204-223.)

mier est incontestablement le seul qui puisse être regardé comme le véritable nom national. Ni les écrivains bibliques, ni les auteurs grecs antérieurs à Tère chrétienne, ne font mention des Himyarites. Pline et Ptolémée, qui citent les premiers les Homérites, les décrivent comme de proches voisins des Sabéens, à côté des Minaei, des Rhadcmiaei^ et d'une foule d'autres peuplades qui étaient alors constituées en royaumes indépendants. Les écrivains ecclésiastiques seuls étendent la dénomination Homérite à tous les habitants de l'ancien royaume de Saba, et cet usage a été adopté par les autres Arabes, qui, pour légitimer cet innovation, n'ont pas reculé devant la personnification de Himyar.

« Si nous consultons les documents originaux , nous obtenons le même résultat. Les inscriptions, surtout celles que j'ai récemment recueillies, fournissent une riche variété de noms de peuplades, et même de royaumes divers, mais elles se taisent sur le compte de Himyar; on peut en conclure avec toute probabilité qu'à T époque de la rédaction de ces textes, le nom de Himyar n'existait pas, encore moins le royaume himyarite....

« La dénomination Himyar devient intelligible lorsqu'on y voit le nom d'une localité où la dynastie qui a, suivi les Sabéens aurait établi le siège du nouveau gouvernement. Pour rechercher la situation de cette localité, nouspossédonsheureusementdeuxdocumentsauthentiques qui nous donnent indirectement des indications précieuses. Le premier document est une médaille himyarite que M. de Longpérier"a publiée dans la Revue niiinismatique^ nouvelle série, t. XIII, 1868; le second document est l'inscription éthiopienne du roi Aïzana, rapportée par M. Rûppel. A l'aide de ces deux documents, nous sommes à même d'établir que Himyar était le nom d'un château fort, situé dans le voisinage de la ville de Raïdan... »

M. Halévy s'attache à cette démonstration; puis il

MER HOUGE.

ajoute comme conclusion : « L'ensemble de cette recherche nous autorise i penser que la langue sabéenne n'existait déjà jpluB comme langue vivante au commencement de l'h^;ire. Les fréquentes émigrations qui partent du Yémen vers le N. aux premiers siècles de Tère chrétienne^ causées probablement par les incursions incessantes des Éthiopiens^ ont, à ce qu'il paraît, donné la première impoison i la corruption de la langue sabéenne , tout en la conservant comme langue littéraire. Les soixante et dix ans de l'occupation abyssine ont suffi à créer une espèce de dialecte où l'éthiopien entrait pour beaucoup, cai^ une langue dégénère plus facilement au contact d'une langue parente que par le voisinage d'une langue différente. L'arabe a en peu à déblayer de Tidiome ancien : il s'est seulement snbstitaé à un jargon qui n'avait de l'ancien idiome que le nom, et ce n'est pas sans une certaine raison que les Anhes ont appliqué à la langue des inscriptions, qu'ils supposaient identique avec ce jargon, Tépithète dédaigneuse de mousnady — c'est-à-dire abâtardi. »

La conclusion de M. Halévy, quant à Yhirtiyarite des écrivains musulmans, est donc que ce qu'ils nomment ainsi , « loin de représenter la langue des textes épigraphiques, est simplement une espèce de jargon parlé dans le Yémen y pendant les premiers siècles de l'hégire, et dans lequel entraient plus d'éléments empruntés à l'éthiopien et à l'irabe qu'à l'ancien sabéen (la langue des inscriptions), idiome qui était probablement mort depuis longtemps. »

S 2. Quelques notes sur lu mer Kouge.

Voici quelques extraits des notes du capitaine autrichien W. Kropp (ci-dessus, à la bibliographie, n° 221 ) sur cette mer, aujourd'hui si intéressante dans les relations commerciales et politiques de l'Europe avec le monde asiatique.

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Profotufevr de la mer Rouge. Il est admis en principe que dans la plupart des mers, partout où la côte est ^leyée et rocheuse, on trouve une grande profondeur d!eau près do la terre, et des petits fonds près des côtes basses; la mer Rouge fait exception à cotte règle.

Quoique pres([ue partout elle soit bordée par une côte basse et sablonneuse, la profondeur de Teau est cependant assez grande jusqu'au près de k terre. Rarement on trouve des fonds diminuant progressivement ; mais ils varient le plus souvent d'une grande profondeur à une très-petite, à des intervalles très-rapprochés. Les approches de la côte au moyen de la sonde, avec un temps brumeux et qui empêche de voir la plupart des récifs de corail, ne sont possi])les que sur un petit nombre de points.

La masse dos récifs, dont quelques-uns s'étendent souvent à une grande distance des côtes, sont de fait un des caractères principaux de toute cette mer ; le plus communément leurs contours sont à pic, avec une profondeur d'eau plus ou moins grande auprès. Souvent ils atteignent le niveau de la mer ; d'autres fois ils arrivent à quelques . mètres ou à quelques décimètres au-dessous de sa surface. Heureusement il existe dans le milieu de la mer un canal à peu près libre de dangers , qui offre à la navigation un passage assez large et commode.

Navigation. Quant à la navigation de la mer Rouge, il semble que ses dangers aient été jusqu'à présent grandement exagérés.

Elle oflVe bien, surtout pour les navires à voiles, d'assez grandes difficultés ; ainsi les vents de N. N. 0. et de S. S. E. constamment forts, et la grosse mer croisée contre laquelle ceux qui louvoient ont à lutter, retardent considérablement leur marche. Dans Tété la chaleur est étouffante, et le louvoyage entre les deux groupes de nombreux récifs de corail qui bordent les côtes demande une grande surveillance. Mais il n'y a presque jamais de mauTtis

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