De Grccnwich
ÉTATS-UNIS. 3l9
peu près égaux, chacun de ces carré» devant être représenté ipar une feuille de Tatlas, et chacune de ces feuilles devant être dessinée et gravée au fur et à mesure (jue le travail géodésique en sera complété. L^échellc adoptée est de 8 milles au pouce, et les dimensions des feuilles seront de 18 pouces sur 23 ^ (0'",457 sur O^'jôQ?). Le travail géodésique, pour 1872, était confié à M. G. Wheëler, premier lieutenant au corps des ingénieurs, et sa brigade de topographes est actuellement occupée de la rédaction des cartes , dans lesquelles les résultats de la dernière campagne sont fondus avec ceux que le môme officier a tapportés de ses deux campagnes antérieures de 1869 et 1871. Lé levé iT)pdgra]iliique, dans la dernière campagne, a occupé cinq mois, du 15 juillet au 10 décembre, et couvert une superficie de 41,000 milles carrés (106,190 kil. c. environ *), dans la partie S. 0. de TUtah et dans les parties adjacentes du Nevada et de l'Arizona. Ces levés ont été rattachés, au N., à ceux de Glarence- Kiijg au 40* parallèle; à TE., aux explorations du professeur J. W. Powell; au S. et k TO., aux levés exécutés durant les années précédentes par le lieutenant Whceler. La rivière Sevier a été explorée depuis sôs nombreuses sources jusqu'au lac Sevier où elle débouche, et l'identité de ce dernitîr lac avec le lac Preuss des cartes a été constatée ; on a reconnu aussi que sa salure était un peu moindre que colle du Groat Sait Lake. On a déterniiné les limites du Jjassin du lac Sevier, et en particulier le point d(î partage élevé qui le sépare du Virgen, du Kanab et du Pariîi; ces derniers cours d'eau, qui appartiennent au bassin du Colorado d(^ PO., ont été relevés jusqu'à leur confluent. Des stations astronomiques de premier ordre ont été établies à Pioche dans le Nevada,
l. A peu près l'équivalent de dix-sept à dix-huit départements moyens de la Franco, c'est-à-dire le cinquième de la France entière.
à Gtinnîson et à Beayer dans PUtah, à Fort Steele, à Fort Laramie et à Gheyenne , dans le Wyoming. On a examiné les districts argentifères dont la connaissance se développe si rapidement dans TUtah occidental, ainsi c[ue les gisements carbonifères de l'Utah du S.; d'autres échantillons ont été recueillis en très-grand nombre dans toutes les branches de la géologie et de Thistoire naturelle.
Les membres scientifiques de l'expédition étaient H. G. Yarrow comme naturaliste, assisté de M. H. W, Henshaw; G. K. Gilbert comme géologue, assisté de M. E. B. Howell; M. S. Severance comme ethnologue; et comme astronomes MM. J. H. Glark, E. P. Austin et W. W. Maryatt. Tous ces messieurs, à Texception de M. Austin, préparent actuellement, à Washington, les résultats de leurs travaux.
Les trois campagnes de 1869, 1870 et 1872 ont eu pour résultat de se compléter et de se perfectionner successivement, de telle sorte que le territoire dont le lieutenant G. Wheeler a établi la carte s'étend maintenant de la Californie centrale sur une grande partie du Nevada, allant à l'E. jusqu'à l'Utah central, et au S. sur la plus grande partie du N., de l'O. et du centre de l'Arizona. Ce qu'on s'est proposé à l'origine, dans ce grand travail, est de dresser la carte exacte du pays, et de corriger la carte des États-Unis dite des Ingénieurs à TG. du 100* méridien.
Les levés et les vérifications topographiques se suivent activement sur d'autres points de l'immense territoire. On lisait récemment dans une correspondance du TimeSy datée de Philadelphie, 24 octobre :
a Le levé hydrographique des lacs, ainsi que des eaux qui y affluent ou s'en écoulent, est depuis longtemps confié à une commission d'ingénieurs dont le chef est le
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génénl GomRtock, du corp» des ingénieurs hydrographes des Ïitat8-Unis. Le centre des opérations est à Détroit, dans le Michigan ; les travaux relatifs au lac Supérieur et au lac Michigan sont presque terminés. Les deux dernières campagpieR ont été consacrées à Thydrographie de la rivière Saint-Laurent et du lac Ontario; les deux ou trois campagnes futures seront consacrées à terminer les travaux de ce dernier bassin. Une tour-signal de 100 pieds d'élévation sera construite à Oswego (État de New York), dans le but de faciliter les opérations de triangulation.
S 9. Réialtati généraux qui ressortent du recensement de 1871.
Naus avons enregistré, dans qotrc bibliographie (sous le n* 404), les grandes publications officielles dans lesquelles l'administration consigne les résultats du recensement général qui a eu lieu il y a deux ans aux États-Unis. Un journal spécial, créé chez nous il y a quelques années par notre ami regretté Jules Duval, l'Economiste français, a tiré de ces volumineux documents dos vues d'ensemble dont nous allons reproduire quelques parties.
Depuis l'époque où les treize colonies qui formaient la Nouvelle-Angleterre, il y a aujourd'hui tout près d'un siècle (1776), se rendirent indépendantes de la mère patrie, ces territoires alors assez restreints ont eu une merveilleuse croissance. Qui aurait supposé alors qu'une population qui ne dépassait pas 2 500 000 âmes s'élèverait, dans Tespace de trois générations, au chiffre de près de 40 millions, et que la Confédération, qui ne formait guère qu'une zone littorale au voisinage de TAtlantique, s'étendrait à travers l'immensité du continent américain jusqu'aux rives du Grand Océan, embrassant un espace qui égale les quatre cinquièmes de l'Europe? L'Union américaine se compose
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aujourd'hui de trente-sept États et de huit Territoires * ; et il est tel de ces États', le Texas, par exemple, qui dépasse rétendue de la France. Il est vrai que la majeure partie de ces horizons immenses ne sont encore, ou peu s'en faut, que d^immenses solitudes ; mais la pioche et la charrue y font leur œuvre avec une activité telle, que déjà l'on peut prévoir l'époque où ces mornes solitudes se changeront en campagnes populeuses.
Les statisticiens ont calculé qu'en découpant les États- Unis en portions égales," on en tirerait cinquante-deux États comme l'Angleterre, et quatorze comme la France. Que la pensée se représente des fleuves comme le Mississipi, le Missouri, la Colombia, le Colorado, près desquels le Rhin et le Danube ne sont que de courtes et minces rivières ; des lacs tels que le lac Supérieur, le lac Michigan, le lac Érié, etc., v'éritables mers intérieures près desquelles les lacs de Genève et de Constance ne sont que de simples étangs ; et ce système gigantesque des montagnes Rocheuses qui égale au moins les chaînes réunies des Pyrénées, des Alpes et des Karpathes : l'esprit, alors, aura quelque idée dos proportions dans lesquelles la nature se présente ici. Et il faut ajouter que le travail de l'homme semble vouloir s'égaler, dans ses conceptions audacieuses , au travail de la nature.
Le chiffre de 2 500 000 habitants que, d'après Burke, on donne aux treize colonies lorsqu'elles s'émancipèrent, ce chiffre n'est qu'hypothétique ; mais le gouvernement de Washington a fait procéder, depuis 1790, à des recensements décennaux dont les chiffres successifs attestent dans le mouvement de la population une marche ascendante qui ne s'est jamais rallentie, et qui obéit à une loi
1. Pour prendre rang parmi les £tats, un Territoire doit avoir at teiru un ççrlaia chiffre déterminé de population relative.