‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 93 sur 425 · POPULATION DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

POPULATION DES ÉTATS-UNIS

de gradation san» précédents dans Thistoire. Voici cette progression :

Dates. Population.

Cet accroissement tiendrait en quelque sorte du prodige, s'il n'y avait pour l'expliquer d'autres causes qu'une fécondité extraordinaire des mariages et l'excédant des naissances sur les décès, quelque considérables qu'on puisse les supposer l'un et l'autre dans un pays où le paupérisme n'a eu jusqu'ici qu'une faible prise, et qui n'avait pas connu, avant une époque toute récente, ces mises en coupe de l'humanité qui s'appellent les grandes guerres.

Mais le Vieux-Monde a envoyé au Nouveau une partie de ses déshérités, et la part que l'immigration a prise au peuplement de l'Union américaine n'a cessé de croître depuis l'année 1819, époque où, pour la première fois, son chiffre a été officiellement relevé. Le nombre des immigrants était évalué alors à 250 000 ; il s'accroît de 151824 pendant la période décennale de 1820 à 1830, et de 599125 pendant celle do 1830 à 1840. A partir de cette date, l'immigration prend des proportions de plus en plus considérables : 1713 251, de 1840 à 1850; 2598 214, de 1850 à 1860; 2491214, do 1860 à 1870. Aussi, sur les 38 millions et demi de citoyens américains, en compte-t-on 5 millions et demi d'extraction étrangère, et 9 734 845 nés de pères et mères étrangers.

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C'est donc à peu près 7 800 000 immigrants que len États-Unis auraient reçus depuis le commencement du siècle : les nations qui ont concouru à former ce total y sont représentées par des chiffres fort inégaux. Tandis que la part afférente à la France n'est que de 245000 hommes, et celle des pays Scandinaves de 153 000, le contingent de TÂllemagne s'élève à 2 368 000, et celui de la Grande-Bretagne à 3860000, dont 2 700000, et même près de 3 000000 d'Irlandais, si l'on tient compte do ceux de ces derniers qui après s'être fixés au Canada se sentent ensuite attirés par la Grande République.

Cet énorme afflux d'Irlandais et d'Allemands a eu des conséquences morales qu'il convient de noter en passant, n a modifié et obscurci, au point presque de les faire disparaître, ces deux types de Yankee et du Virginien, le marchand et le planteur, le puritain et le Contry gentle^ man, dont les qualités et même les travers avaient, en s'unissant et en se juxtaposant, imprimé sa couleur propre au génie américain, et que M. Michel Chevidier trouva encore fort vivaces, quand, il y a près de quarante années, il visitait TUnion américaine. Encore l'Irlandais, qui arrive en Amérique imprévoyant et tapageur, finit-il par subir l'ascendant des habitudes de son nouveau milieu ; mais l'Allemand, lui, en reçoit moins qu41 ne lui communique. Au témoignage tout récent de M. de Hûbner, s'il est des plus économes et infatigable au travail, il est en même temps sale, ivrogne et brutal. Les misères et les iniquités qu'il a subies dans son pays natal lui ont mis au cœur d'implacables rancunes qui ne s'éteignent pas en franchissant les mers, et dans les luttes quotidiennes de la démocratie américaine il a fait retentir des menaces et des mots d'ordre, mutuoUisme, haine aux riches guerre au capital, qu'on n'avait pas encore entendus de ce côté de l'Atlantique.

Depuis l'annexion de la Californie, les fils du Céleste

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