‹ L'Année géographiqueChapitre 100 sur 236 · COLOMBIE ANGLAISE · texte numérisé non relu

COLOMBIE ANGLAISE

raie. Malheureusement ni le climat, ni la nature du sol ne permettent guère d*espérer un bien grand développement sous ce rapport» môme dans Tile Vancouver, qui jouit d*un ciel moins inclément que la région continentale. Un de ceux à qui ses fonctions et un séjour de plusieurs années semblent devoir donner le droit d'émettre à cet égard le témoignage le plus compétent, M. Forbes Macdonald (n* 239), fait du pays et des rares \ribus qui l'occupent un tableau fort peu encourageant. Le territoire n*est qu'une triste succession de solitudes sauvages, de steppes inhospitalières, de rivières, de précipices, de forêts et de marécages, sombres déserts que dominent des pyramides de neige et de glace, et où les âpres frimas du pôle dessèchent jusque dans ses sources le développement de la vie animale. A de longs hivers sibériens succèdent des étés courts, dont les températures, brusquement variables, sont mortelles aux tempéraments européens. Le thermomètre, au lever du soleil, marquera 0 du thermomètre centigrade, pour monter à midi à 30 degrés, et retomber à 4 ou 5 degrés au coucher du soleil. Comme pays dé culture, la Colombie anglaise n'est pas dans de meilleures conditions. C'est un sol inégal, traversé par des chaînes rocheuses, encombré de forêts épaisses. La contrée n*a ni bonnes terres ni prairies ; il lui manque le sol et le climat. < Tout lui manque, excepté la neige, le grésil et la pluie, s Tous ceux qui ont donné leurs impressions sur cette région hivernale, ceux-là surtout qui n'y voient qu'une autre Californie, n'en font pas un aussi noir tableau; mais, au total, il reste démontré que dans ses conditions climatologiques, en dehors de ses mines et peutêtre de ses bois, la Colombie anglaise n*a devant elle aucun avenir sérieux comme colonie productive.

3M ÂjÊÈKiç/n,

IM MBUQOB.

353. Ernest Vionbaux. SouveDire d'un prisonnier de guerre aa Mexique, 18S4-18SS. Paris, 1863 (déc. 1862), grand b-18, 665 pages. (Hachette.)

354. Ëlisa ZsLLBR. Souvenirs d'un voyage au Mexique. Metz, 1862, in-12, 222 pages.

255. LiHPRièRB. Notes an Mexico in 1861 and 1862. Lond. 1862, petit in-8.

256. Ad. Uhde. Die Lftnder am untem Rio Bravo de! Norte. Geschichtliches und Eriebtes. (Les territoires du cours inférieur du Rio Bravo del Norte, Notices historiques et observations.) Heidelberg, 1861, in-8, vin-431 pages, avec une carte. (Paris, Herold.)

257. D. JouRDANKT, docteur en médecine des facultés de Paris et de Mexico. Du Meiique au point de vue de son influence sur la vie de rhomme. Paris, 1861 , in-8, 400 pages. (J. B. Baillière.)

— Du même. L'air raréfié dans ses rapports avec Thomme sain et avec l'homme malade. Paris, 1862, in-8, 80 pages. (Baillière.)

258. Henri de Saussure. Coup d*œil sur l'hydrologie du Mexique, principalement de la partie orientale ; accompagné de quelques observations sur la nature physique de ce pays (1^* partie). Genève, 1862, in-8, 196 pages. (Extrait des Mémoires de la Société de géographie de Genève f t. 111. — Paris, Cherbuliez.)

259. Notice sur l'état actuel de la Sonora. Extrait de l'ouvrage récent de Francisco Velasgo, par H. Berton. Dans le Bulletin de la Société de géographie de Genève ^ t II, p. 130-154; III, 1862t p. 5-45.

Il j a une note sur le même sujet, tirée d'une communication de M. S. Mowry, dans le Bulletin de la Société de Géographie^ aoûtseptembre ISeS, p. 69-76.

La note de M. Mowry, inlitalée : The geographjr and resources •/ . Arixoma and Swtora, an Address hefore the American Geographieal mnd Stéitisîical Society, 3 febr. 4 859, est imprimée au Journal de la Société, vol. I, n* 3 (New-Tork, march 4 859), p. 65-76.

260. H. Berenot. Mittheilungen tlber Mexico. (Communications sur le Mexique.) Dans les MUtheHungen de Petermann, 1862, n* 5,

MEXIQUK. 367

261. B. y. Baril de La Hdhb. Le Mexique. Résumé géographique, statistique, industriel, historique et social, à Tusage desper? sonnes qui veulent avoir des notions exactes et précises sur cette contrée du nouveau monde. Douai , 1862, in-8 xvin-271 ptges.

262 Db Bazangoubt. Le Mexique contemporain. Paris, 1862, grand in^l8, 392 pages.

263. Antonio Garcia t Cubas. Atlas geografico, estadistico, e historico de la Republica Mexicana. Mexico , 1856-58 , gr. in-folio.

Cet tUas se compote de deax cartes générales, vingt-neuf cartes de prof incet , deux tableaux historiques , on tableau chrooologiqne , et dix-huit pages de relevés statistiques.

264. H. De Saussure. Carte du Mexique, représentant le plateau de TAnahuacet son versant oriental. (Genève) 1862, 2 feuilles.

Cette carie est aussi jointe au mémoire ci -dessus mentionné au n* 268.

En descendant, par la région littorale, de la Colombie anglaise vers le Mexique, nous suivons, du moins dans une partie de ce long itinéraire*, la route qu'ont autrefois tenue les tribus conquérantes qui dominaient sur l'Anahuac à l'arrivée des Espagnols. Nous disons dans une partie de cet itinéraire, parce que les souvenirs traditionnels et les indices archéologiques et linguistiques qui les confirment ne dépassent pas, vers le nord-ouest du plateau mexicain, les environs des grandes rivières, notamment du Rio- Gila, dont les eaux vont déboucher au fond du golfe de Californie *. Jusqu'à présent du moins, les investigations n'ont rien fourni qui permette de remonter plus haut dans cette direction.

1. Frontière méridionale de la Colombie, 49** latit. ; frontière septentrionale du Mexique, là où elle vient s'appuyer à la côte, aux environs du 32* degré. Cet intervalle de 17 degrés est occupé par les territoires occidentaux des États-Unis.

2. Voy. ci-dessus, p. 358. Nous savons que le RioGila se réunit à la gauche du Rio Colorado , à quelque distance au-dessus du fond du golfe.

â68 AMÉHICOE.

Los recherches locales qui se rattachent à cet ordre d'études, nécessairement arrêtées par les perturbations politiques, n'ont produit, depuis plusieurs années, aucun travail nouveau; mais elles ont reçu, nous l'avons déjà dit, un élan qui n'attend que des circonstances favorables pour pepreodrc avec plus de force et de suite les investigations interrompues. Notre présence au Mexique, une fcis l'ordre assuré et le calme rétabli, ne peut que servir puissamment les études historiques et archéologiques ; il y a là pour nous une palme à cueillir, non moins glorieuse que le trophée scientifique rapporté des bords du Nil, il y a soixante -quatre ans, par notre Commission d'Egypte, L'importance des études mexicaines, il faut bien le remarquer, n'est pas seulement de débrouiller le chaos des plus anciennes traditions de l'Anahuac, de recueillir et d'expliquer ses monuments, de retrouver d'une manière certaine et complète la clef de son écriture figurative, et de jeter par là de nouvelles clartés sur les origines de ses deux races dominatrices, les Toltèques et les Az.tèques; ces études doivent atteindre un but plus élevé encore et une conclusion plus générale. En dégageant de ses obscurités séculaires le principal, sinon le seul foyer de civilisation spontanée qu'ait eu le nouveau monde (car il est permis de regarder les civilisations locales de l'Amérique du Sud comme émanées de l'Amérique centrale], on assigne à la ■ race américaine la place qu'elle doit avoir dans le mouvement intellectuel de l'humanité; on fait pour elle, toutes proportions gardées, ce que les études sémitiques, ariennes et touraniennes ont fait ou font encore pour les trois grandes familles historiques de l'ancien continent. C'est de "ce point de vue qu'il faut envisager les nouvelles études américaines pour en apprécier toute l'importance.

Les quelques livres récents qui ont été publiés sur le Mexique ont un autre caractère. Nous n'avons rien à dire de ceux que la circonstance a inspirés, et qui vivront ce

MEXIQOE. 369

que vivent les livres de circonstance. Quelques souvenirs personnels cvnt cependant leur intérêt. La relation allemande de M. Uhde (n"* 256), un ofBcier wurtembergeois qui a vécu dans le pays, est une bonne monographie, historique et géographique, de la province maritime de Ta* maidipas, qui confine au Texas ; c'est la seule que nous ayons de cette partie peu fréquentée du Mexique, et à ce titre elle restera. Les souvenirs de M. Ernest Vigneaux (n* 253), se recommandent par d'autres mérites à notre curiosité. L*auteur se trouva associé, il y a huit ans, aux entreprises du comte de Raousset-Boulbon , qui voulut soulever la province de Sonora contre le gouvernement de Santa Anna, et qui périt d'une mort tragique dans sa conspiration avortée. M. Vigneaux est un adepte fervent, plus que cela, un instrument actif de ce qu'on appelle au Mexique la cause libérale ; ses aventures nous placent au milieu de scènes et de personnages intéressants à étudier sous plus d'un rapport. Comme il le dit lui-même, il n'a guère fréquenté les salons ; mais il a beaucoup hanté le peuple, la partie active et remuante du peuple, celle par laquelle ou avec laquelle se font les révolutions. Il a vu aussi le pays, et il en décrit avec chaleur les splendeurs tropicales. Ce livre, au total, est d'une lecture attachante, môme pour ceux qui ne partageraient pas au même degré les convictions ardentes du narrateur.

La proviuce de Sonora que nous venons de mentionner (la plus septentrionale du Mexique, aux confins de la haute Californie), est bien décrite dans une notice extraite de l'ouvrage de Velasco (n** 259); cette province, où la civilisation coloniale a entamé à peine la barbarie des tribus natives, est une de celles qui renferment de riches gisements métallifères.

Il faut ranger au nombre des morceaux les plus importants qui aient paru dans ces derniers temps sur le Mexique les deux excellentes études de H. le docXeut 3o\vcà.^xi^\.

370 AMillIQOS.

et de IL Henri de Saussure (n<^ 857 et 258). M. JourdaBet a résidé près de vingt ans coonne médecin dans le bas et dans le haut pays, et il s*est particulièrement attachée étudier les effets du climat des différentes 2one8 sur le tempérament européen, et sur les conditions générales de Tacclimatation. M. de Saussure a aussi observé en nato^ raliste et en physicien le plateau central et les pentes qui descendent au golfe du Mexique. Son essai sur Thydro* logie mexicaine est un document d'une très-haute valeur pour la géographie physique des deux régions. L'auteur aurait voulu porter également ses observations sur les déclivités occidentales du plateau, celles qui portent leurs eaux à TOcéan; mais l'état agité du pays ne le lui a pas permis. « Je le regrette d'autant plus, dit-il, que les deux versants de la Cordillère obéissent à des lois physiques différentes, qu'il eût été intéressant de comparer. » M. de Saussure a dressé pour son mémoire une carte eu deux feuilles du Mexique oriental (entre Mexico et le golfe), carte qui s'appuie pour le fond sur celles d'Alexandre de Humboldt et de l'atlas de Garcia y Cubas, mais pour laquelle il a pu aussi employer nombre de documents particuliers qui en font, à beaucoup d'égards, un travail original (n* 264).

L'atlas mexicain que nous venons de rappeler, mérite une mention particulière. Cet atlas (n** 263) ne saurait assurément se comparer aux belles cartes chorographiques de nos Etats européens, ni pour la sûreté des matériaux, ni pour la certitude des détails, ni pour la beauté de l'exécution. Les cartes de M. de Humboldt en ont été sûrement la base principale, à laquelle on a pu joindre sans doute pour chaque province un certain nombre de cartes de détail, gravées ou manuscrites. L'auteur ne donne aucun renseignement sur les sources qu'il a consultées. Dans tous les cas, il n'est pas question encore pour ces vastes contrées de grandes opérations géodésiques ; aussi l'oro-

MSXIQXIK. 371

graphie est-elle évidemment, pour la plupart au moins de ses détails, une œuvre de fantaisie. Il n'y a pas d*unifbr* mité dans Téchelle des cartes. Malgré tout, ce travail n'en a pas moins sa valeur, comme le plus détaillé que nous ayons sur les territoires mexicains. Sa rareté en relève le prix, car très-peu d'exemplaires sont arrivés en Euro|>e. Il n'y en a, à notre connaissance, que deux à Paris, celui de la Société de géographie et celui de l'Empereur. Chaque carte est entourée de légendes statistiques bonnes & consulter.

Une addition d'un grand prix que l'éditeur y a faîte est le célèbre tableau de l'immigration aztèque, d'après l'ori* ginal qui se conserve au musée national de Mexico. Ce document avait été déjà publié, notamment par Clavigero dans son histoire du Mexique, mais non avec la correction désirable. La copie actuelle, prise par les soins du conservateur du musée, M. José Fernando Ramirez, représente l'original avec une exactitude scrupuleuse (du moins l'éditeur nous Taffirme), et elle est, en outre, accompagnée d'un très-utile commentaire de M. Ramirez lui-même. Ce curieux document serait un utile appendice à l'excellent ouvrage de M. Brasseur de Bourbourg sur l'histoire des anciens peuples l'Anabuac.

Un résident allemand à la Vera-Cruz , le docteur Berendt, a envyoé à M. Petermann, pour les MUtheUungent une suite de notes sur divers sujets relatifs au Mexique (n® 260) . La plupart de ces notes n'ont qu'une importance secondaire. Une seule est d'un plus grand intérêt : c'est celle qui donne un aperçu des publications mexicaines depuis 1850, relatives à la géographie et à l'histoire*. Laissant de côté ce qui a seulement rapport à l'histoire contemporaine, nous citerons dans cette liste :

Carta inedita de Hernan Cortes. « Primera edicion de

Page 1