Voir le précédent volume de V Année géographique ^ p
2. Dont la relation, écrite par le capitaine Burton, a été traduite en français : Voyage aux grands lacs de l'Afrique orientale Paris, 1862, un volume gr. in-8% avec de nombreuses illustrations (chez Hachette).
3. Speke, dans son loyalisme britannique, a donné au lac le nom de la reine Victoria {Victoria Nyanza),
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anmient qu'une grande rivière s'écoulait de l'extrémité opposée et se dirigeait vers le nord ; en combinant les distances et les positions, Speke resta persuadé que cette rivière ne devait pas être différente du fleuve Blanc, et ' qu'il avait ainsi devant lui un des lacs signalés par d'antiques traditions comme donnant naissance au Nil. Ce fut avec un vif sentiment de regret qu'il lui fallut renoncer à pousser plus avant sa découverte, pour rejoindre son compagnon et regagner Zanzibar; mais en s'éloignaot du NjanzB il était bien décidé à reprendre plus tard son en/* treprise interrompue, et à vérifier de ses propres yeux si la fortune l'avait en effet conduit à cette source depuis si Iong;temps cherchée du grand fleuve d'Egypte.
A peine de retour en Angleterre, il soumit ses idées et ses plans à la Société de Géographie et au gouvernement; l'un et l'autre les approuvèrent pleinement, et les moyens d'exécution lui furent largement fournis. L'Angleterre n'hésite ni ne marchande là où elle voit l'honneur de son nom intéressé même dans nue entreprise scientifique. De regrettables questions d'amour- propre l'avaient séparé de Burton ; c'est à un autre de ses compagnons d'armes, le capitaine Grant, qu'est revenu l'honneur d'associer son nom k la belle expédition qui vient d'être accomplie.
Speke était de retour à Zanzibar au mois d'août 1860 ; il en partit pour l'intérieur le 1" octobre avec le capitaine Grant, accompagnés d'une nombreuse escorte organisée à grands frais. Speke reprenait précisément la route qu'il avait suivie avec Burton daos le voyage de 18S8. Plus tard il regretta de ne pas avoir choisi pour point de départ une partie de ta cAte plus rapprochée de l'équateur; d'autant plus qu'une sécheresse extraordinaire, suivie d'une grande famine et de guerres intestines, semèrent cette première partie du voyage de difficultés inattendues, et retinrent l'expédition pendant de longs mois dans des contrées déjà reconnues qu'il avait compté traverser rapidement. t'kmtx aio6H. u. \
'àS AFRIQUE.
EdSo, an mois d'octobre 1861 il revoyait le Nyanza ; il se iftrouvût au seuil de la zone inexplorée où s'ouvrait poUf lui une nouvelle phase de découvertes et d'aventures, mais au^i une nouvelle perspective de périls inconnus.
A la nouveauté des scènes et à l'imprévu des incidents, cette partie du journal réunit l'importance des observations scientifiques. Un séjour de près d'une année , en partie forcé, en partie volontaire, chez plusieurs des peuples qui bordent le lac, ont mis les deux explorateurs à môme de réunir des informations et de constater un grand nombre de faits d'un intérêt extrême pour la géographie physique de cette zone équatoriale et la connaissance de ses populations. Leurs obsiTvations, il est vrai, ne s'écartent pas assez de la ligne de route qu'ils ont dii suivre pour que l'on puisse en tirer, si ce n'est avec une trèsgrande réserve, des conséquences tant soit peu générales sur le caractère et la conformation de cette partie de l'Afrique; néanmoins les faits constatés nous mettent déjjt sur la voie d'un certain nombre d'apergus caractéristiques.
Le Nyanza paraît être le principal réservoir de la région BU milieu de laquelle il est situé. Le côlë occidental du lac — celui que les voyageurs ont remonté — reçoit de nombreux affluents, et l'un de ces affluents est une rivière considérable. IL n'est pas douteux qu'une masse d'eau pour le moins égale, et probablement supérieure, arrive au lac du c6té de l'est. Tout ce bassin est dans son ensemble une région élevée ; même dans l'état incomplet des notions actuelles, on peut la regarder comme la plus élevée de tout le continent africain. Elle forme, sous l'équateur, l'extrémité nord du plateau de rAfrique,centrale, qui de ce c6té, selon toute apparence, s'abaisse en larges assises vers les plaines du Nil supérieur et du Soudan oriental, de même
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qa'& l'eit, à l'ouest et au aud les autres faces du platwu descendent on gradins montagneux vers la mer des Indes, l'océan Austral et l'Atlantique. De hautes montagnes, dont nous igoorons encore l'encbalDement et la direction précise, couvrent en partie cette zoue Aquatoriale. Du cdti de l'estiimi-distanceenviron entre leNyania et les plages du Zanguabar, les voyageurs partis de la c6te ont constaté, depuis quinze ans, l'existence d'un massif alpiu au milieu duquel le Kilimandjaro et le Eénia portent leurs fronts glacés à la hauteur des plus hautes cimes du Caucase. A plusieurs journées à l'ouest du lac, le capitaine Spelte et son compagnoD ont aperçu des montagnes dont ils sstiment la hauteur absolue à 10 000 pieds au moins. Plus loin dans l'ouest et dans le nord-ouest , au-dessus de U région du Gabon et vers les coofiiTs du pays d'AdamAoua visité en 18&1 par le docteur Barth, l'exittence de hautn montagnes est également signalée. UH. Speke et Grant n'ont pas reocoatré de montagnes dans leur traversée d« la région équatoriale ; mais il faut remarquer que leur îti- . Déraire s'est maintenu exclusivement dans un silloo dirigé du sud au nord sous le méridien de Gondokoro, large dépression située entre les hautes terres et les massifs montagneux de l'est et de l'ouest, et dont le Nyanza occupe le fond avec le fleuve où ses eaux se déversent dans la direction du Nil. Le niveau du lac, d'après les observations du capitaine Speke, serait à 3553 pieds au-dessus de la mer (1083 m.)) trois fois l'altitude moyenne des lacs de U Suisse ; mais le pays, à l'ouest du lac, se relève bientât 1 un niveau de 6000 pieds au moins, d'après-l'estime du voyageur.
Les dimensions du Nyanza sont considérables. Les déterminations du capitaine Speke en ont fixé l'extrémité méridionale à 2 degrés et demi au sud, et le bord septentrional à un tiers de degré au nord de l'équateur, ce qui domie tout près de 3 degrés, ou 75 lieues, dans cette direc-
u i^tc auuviois couverts par s
rait une diminution graduelle : c dans le Soudan oriental, a donné I et l'on peut dire en général que ( la plupart des grandes nappes d'ei tifie ta dâaommation de marais anciens auteurs appliquent commi du nord de l'Afrique dont ils eureo tamment, dans Ptolémée, aux lacs [Nti>Au >i{ivEit, tes Marais du Nil).
Nyanza occupe le point le plus bas e:
région lacustre. D'autres lacs, d*unt considérable, y furent mentionnés t eu le regret de ne pouvoir les visite huit ou dix journées vers le nord-o sous le nom de Loula*Nzighi.
Les anciens, qui ont cru si longt ride absolument inhabitable formai!
infranchissable barrière entre les <