SPEKE ET LES SOURCES DD HIL
tî&er bien des idées populaires sur les tempérabires équatoriales. Dans l'espace de daq mois passés i Karagoaé, i un degré et demi au sud de la ligne, da mois de décembre 1861 au mois d'avril 1862 (ce qui comprend le double passage yertical du soleil au-dessus du lac], la température oscilla entre 78*— B4*du thermomètre Fahrenheit (9&* — S9* de notre tberœomËtre centigrade), et atteignit une seule fois 8&* (23* 44). Les nuits étaient constamment fraîches. Aneuf heures du soir, le thermomètre se maintenait entre 60»— 71' Cl6»— 28'), et l'heure la plus. froide de la nuit entres?*— G&* (14* — IS*). Une constitution européenne s'accommoderait admirablement d'un pareil climat, qu'explique suffisamment l'élëration de la contrée au-dessus du niveau de U mer. On sait combien la hauteur du plateau ibérique, qui n'est cependant que de 6 à 700 mètres, influe sur la température de la Castille et de Madrid; et l'altitude de la loc^té où ont été suivies ces observations Ihermométriques de nos deux voyageurs africains est au moins de 950 mètres. Il est d'ailleurs à remarquer que des observations correspoudantes, faites durant cinq mois (de mars à juillet) à 550 mètres plua bas, presque au bord du lac, ont donné, jour par jour, des chiffres on peut dire identiques.
Ce qui convient moins k l'Européen, c'est la continuité presque incessante des pluies. La division si nettement trantâiée d'une saison sèche et d'une saison pluvieuse aux approches des tropiques, n'existe plus à proximité de l'équateur. La saison pluvieuse, c'est l'année tout entière. n n'y a pas de mois sans pluie ; seulement il y a des mois plus constamment pluvieux, d'autres moins. Les mois qui cconptent le plus grand nombre de jours de pluie sont avril et mai, octobre et novembre (18 jours en avril et en octobre, 21 jours eu mai et en novembre), c*gst-à-dire les deux époques de l'année oii le soleil place à pic sur les contrées voisines de la ligne des équinoxes. Les jours de
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pluie, durant lea autres mois, Tarient de il & 15. Au total, le relevé d'une aanâe donoe ikO jours, ou huit mois pleins, de pluies plus ou moins viokntes. Dans les quatre mois les plus particulièrement pluvieui, les vents SODt variables ; le vent d'est domine durant les huit autres
Sï.LMpopokUooB.
parmi les peuples qui aVoisinent le cbt^ occidental du Myanza et chez lesijuels les voyageurs nul le plus longtemps séjourné, il en est deux, les Karagouf'', et les Ouganda, qui sont notés comme particulièreuiect remarquables. Les premiers bordent le c&té occidental du lac ; les Ouganda leur confinent du côté du Nord. Au-dessous de ceux-ci, dans la même direction, sont les Ounjoro. Avec les Ounyoro finit le vaste domaine de la famille de languessœurs qui couvre la pi'esque totalité de l'Afrique australe ' . Jusque-là, les interprètes de l'expédition, engagés à ZaDzibar, avaient pu comprendre partout les nombreux dialectes que l'on avait rencontrés depuis la cAte ; après les Ounycro, des langues absolument différentes leur devinreut tout à fait inintelligibles. Le fait ethnologique signalé ici par le capitaine Speke confirme et complète à la fois les informations analogues déjà fournies par les missionnaires du Zanguebar et par ceux du Gabon sur les populations des deux côtes.
Le peuple de Karagoué est représenté dans la relation comme le plus industrieux et le plus intelligent que l'on eût rencontré depuis Zanzibar. Les Ouganda partagent cette supériorité ; le voyageur les qualifie de c français de l'Afrique, > tant il fut charmé de leur vivacité, de leur enjouement, de leur prompte intelligence et du bon goût