OBSERVATIONS DU DOCTEUR PENET. 6S
des plus hautes eaux, c'est-à-dire au mois de juin. Le docteur Peney se détermina ddnc à attendre cette époque; mais dans Tintervalle les fièvres contractées sous ce pernicieux climat amenèrent la catastrophe qui a fait de notre infortuné compatriote une des victimes que les explora» tions africaines comptent en si grand nombre.
Cet ensemble de courses rayonnant autour de Oondokoro a produit une carte, ou pour mieux dire une esquisse que le voyageur a tracée haut la main sans Tassujettir à aucune de ses mesures ni de ses déterminations, et que le Bulletin de la société de géographie a reproduite telle quelle. Les données contenues dans les journaux fourniraient aisément les moyens d*y apporter plus de précision.
Parmi les observations consignées dans ses journaux» il y en a une qui mérite uue attention toute particulière par ses rapports avec la question encore aujourd'hui débattue de la part respective du fleuve Blanc et du fleuve Bleu, c'est-à-dire du Nil équatorial et du Nil d*Abyssinie, dans les crues périodiques du fleuve à partir de Khartoum. Dans son investigation de la rivière sur une étendue de 12 à 15 lieues au-dessus de Gondokoro, le docteur Peney avait été frappé de la conformation singulière que présente la vallée dans cet intervalle. Des collines et des roches de formation stratiforme ou neptunienne lui forment un encaissement continu, en même temps que le cohrant lui-môme, tout hérissé d'écueils, court et se brise avec une rapidité de 200 mètres à la minute. Ce qui particularise ces rapides et les distingue des cataractes de Syène et de Ouadi-Halfa, c'est la multitude de sources qui surgissent de cette double bor« dure de hauteurs riveraines, formant une infinité de petits courants qui se précipitent vers la rivière, c Ten ai compté plus d'une centaine dans l'espace de 40 kilomètres, dit le voyageur ; » et il ajoute : « Le lit de ces ruisseaux, à l'époque des pluies, donne passage à des torrents impé* tueux, qui font atteindre au niveau du NU, dans l'espàôtf
de quelques heures, sod maximum d'élévatioD. > Il est pennis de supposer que ces torrents temporaires descendent en partie des montatnies qui dominent ici le Nil, partîculiirement du cAté de l'est, à k distance de douze à quinze jf)imées, plus ou moins. Le journal coatinue: • J'ai tu déjà trois ou quatre exemples de ces crues instantanées qui disparaissent comme elles sont venues, en vingt-quatre ou trente heures au plus, et qui se produisent, au dire des indigènes, quinze ou vingt fois dans l'espace de l'année, aux époques pluviales.... Mais ces crues instantanées sont à peine appréciables à deux degri'S plus bas; elles sont donc insensibles sous les latitudes plus septentrionales. •- Le docteur Peney nous a dit précédemment qui; l'époque de la plus grande hauteur du fleuve !i Gondokoro est au mois de juin; or, nous savons aujourd'hui précisément, par les observations du capitaine Speke, que la première des deux grandes périodes pluviales de la zone équatoriala est en avril et mai (ci-dessus, p. 33). La liaison entre la cause et l'effet est ici manifeste. A B^artoum, c'est aussi à la fin d'avril que le Nil commence à croître ; mais c'est à la fin de mai que les eaux du fleuve prennent la teinte blanchâtre qui sans doute a valu snn nom au Nil Blanc, et que l'exhaussement graduel devient très -sensible. Ici encore nous continuons de suivre la conséquence progressive des pluies diluviennes d'avril et de mai sous l'éqUateur. Il faut du reste remarquer que le fleuve Bleu, i son point de jonction avec le Bahr el-Abyad, est toujours en avance sur celui-ci de deux à trois semaines. C'est ordinairement vers le milieu de septembre que le maximum de la hauteur des deux Nils se produit à Khartoum; la différence des plus basses aux plus hautes eaux est de 6 mètres eu moyenne, ■ chiffre qui résulte, dit M. Peney, d'observations faites pendant une dizaine d'années de séjour, > On sait que c'est à partir de la fin de septembre que l'Egypte reçoit les inon* dations du fleuve, 11 y a donc une progression régulière et
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continue dans les époques de I& grande crue du fleuve, depuis la zone équatorials (&□ de mai) jusqu'au delta ' d'Egypte (milieu d'octobre} et )e fleuve emploie cinq mois h remplir sa période de débordements successifs de latitude «D latitude dans l'intervaUe de 1 1 & 1200 lieues qui sép^e son origine de ses embouchures. A ce compte, la grande crue se propage régulièrement, en descendant la vallée du fleuve, sur une trentaine de kilomètres chaque jour. Cependant le docteur Pêne;, après avoir rapporté ses observations de Khartoum sur le régime du Ni], ajouta : < En ctt qui concerne le fleuve Blanc, tel qu'on l'observe &Khartoum, il est évident que l'augmentation progressive et main* tenue des eaux de ce fleuve ne provient pas des inonda^ tions momentanées qu'on observe sur le haut Nil, mais qu'elle est due aux pluies considérables qui versent leurs eaux dans le Nil, dims toute l'immense vallée dont les limites nord et sud sont comprises entre le 1 5* et le 6* degré de latitude nord. > Cette remarque est vraie en partie, mais en partie seulement. Elle est vraie en ceci, qtlb la masse d'eau apportée au Nil par ses hauts affluents de l'est et de l'oaest, particulièrement par ceux de l'Abyssinie et du KAfa (l'Atbara , le fleuve tleu, le Sobat, etc.). entre pour nnepart très-considérable dans la crue du Nil de Nubie et d'Egypte; elle cesse d'être vraie quand l'observateur la restreint au 6* degré de latitude. Sans doute les crues passagères du fleuve dans la vallée rocheuse qui s'étend audessus de Gondokoro n'influent pas ou très-peu sur le régime général, puisqu'elles cessent d'être sensibles à une cinquantaine de lieues plus bas; mais le docteur Peney.en écrivant les dernières lignes que je viens de transcrire, avait oublié ce qu'il avait dit précédemment de la crue permanente qui se produit à Gondokoro et au-dessus au mois de juin , crue qui ne peut évidemment provenir que des pluies de l'équateur. C'est donc l'ensemble des pluies que regoit le vaste bassin du haut Nil, depuis U zone éqa»»
toiiale (et non pas seulement depuis le 6' degré nord), qui produit le phénomène aujourd'hui parfaitement expliqué des crues régulières du fleuve d'Egypte.
On nous pardonnera de nous être arrêté un motdeiit stir tA point qui touche si intimement à l'histoire physiqtM de l'Afrique du Nord, et dont la complète élucidation n'ast pas un des moindres résultats des récentes explorations.
S t. mpolsion donnée aux voyages da haut Kil. Une pleXade d^exploratetm. Les dames de Tinné et leur escorte scientifique. M. de tieuglin et le docfeii Steodoeri M. B^er.
C*eat une chose bien remarquable que Tardeur d'inTe»* tigations qui s'est déployée, dans ces derniers temps^ mût une terre oii jamais le pied d'un Européen ne s'était pùaé avant 1840. La dévorante activité de notte génération aura fait en vingt-cinq ans ce qui avait défié les efforts de vingt-cinq siècles. Cette ardeur va s'accroître encore par rheureuse issue de l'expédition anglaise^ en même temps que le champ d'explorations se sera immensément agrandi. Le voyage du capitaine Speke est de ceux qui donnent aux entreprises scientifiques une impulsion puissante. Déjà l'influence s'en fait sentir, et de prochaines entreprises se préparent. En Allemagne, le doqteur Augustus Petermann, l'habile et savant directeur des Mittheilungm ou Communications géographiques de Gotha, l'actif instigateur de la grande expédition à la recherche de Vogel, un de ceux, en un mot, qui par ses actes et ses publications rend aujourd'hui le plus de services à la science, le docteur Petermann, dis-je, a pris l'initiative, près de l'administration autrichienne, d'un projet d'expédition pour laquelle l'Autriche, à son avis, se trouverait dans une position particulièrement favorable.
L'Autriche, en effet, bien qu'elle n'ait pas, jusqu'à pré« sent, marché de pair avec la Prusse dans les grandes ezpé-
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ditiona géographiques, paraît disposée, de ce cAté comme ■ ailleurs, h regagner le terrain perdu. Il est k remarqaar que, par une suite de circonstances particulières, l'Aa*' triche a eu depuis trente ans une part très-considérabl« dans les explorations du bassin du NQ. La relation Mvuite la plus complète et la plus riche en données positives que nous ayons jusqu'à présent sur la Nijbie ^p* tienne, est due à un ingénieur autrichien, M. Joseph Russegger. C'est l'Autriche qui a fondé en 1851 la mission catholique de Gondokoro, à laquelle on doit de ai nom' breuz renseignements sur le Bahrel-Abjad et ses populations. H. de Heuglin , le chef de l'espéditioD organiaéa pour la recherche de Vogel, a été longtemps au service de l'Autriche , et sans doute son eipérience serait mise à profit dans l'expédition projetée. Il s'agirait de retourner au Nyanza, dont on relèverait cette fois le pourtour entieT) et de remonter successivement jusqu'à leurs sources les affluents principHUz qui l'alimentent, afin de bien détet^ miner leurs rapports avec les grandes montagnes qui dominent le lac à des distances plus ou moins rapprochées. Ce serait, en un mot, une reconnaissance complète du lAC et de son bassin.
Un voyageur vénitien, M. Mi&ni, qui malheureusement n'a pas conquis jusqu'à présent dans la science une place bien sérieuse, annonce, de son calé, avoir obtenu de l'empereur François- Joseph la promesse personnelle que deux ingénieurs autricbicns, pourvus des moyens nécessaires pour de bonnes observations astronomiques, lui seraient adjoints dans un nouveau voyage qu'il se propose de foire au haut fleuve Blanc. L'Angleterre n'est sûrement pas disposée à céder le pas à l'AUeinagne. Là aussi, sans aucun doute, des projets se mûrissent et des plans s'élaborent. Une note à ce sujet, dans le numéro de juillet de la Ovarterly Bevkw disait avec raison qu'on petit bâtiment i vapeur, construit spécialement pour la navigation flu-
•.woaauvM complète.
C'est là le meilleur pbn , i plus promptem''nt à dfs ré reste, a été depuis longtemp; haut Nil est depuis nombre peur; et quant à l'application connaissance des affluents, 1' puis un an et plus par un j dont les excursions forment chapitre des explorations afric
C'est une jeune fille, holland.
de naissance', Mlle Alexandri ces courses aventureuses. Ace sa tante, qu'elle échauffe de si déjà parcouru, à plusieurs rep des cataractes. Elle a pénétré < fleuve Blanc qui vient de l'Est i un courant de médiocre impori des pluies. Elle était à Gon( avant l'arrivée de la caravane < depuis organisé une nouvelle e les antres et plus hasardeuse. P lemnn' '"■^■- — *' '