‹ L'Année géographiqueChapitre 135 sur 236 · SAHARA ALGÉRIEN · texte numérisé non relu

SAHARA ALGÉRIEN

gerçant la YiUe de creyasses capricieusement disposées; de» felnmes se confondant, par la nuance de leurs linges, ayec les terrasses jaune-sale qui leur serrent de promenade. Pas de mouTement dans ces rues où personne ne parait pressé ; des gens qui se traînent, d'autres qui dorment dans leurs bernons couleur de terre ; quelques-uns, enfin, prient et font leurs rka'ât (génuflexions) tournés dans la direction de la Mekke....»

Et malgré tout, il y a assez de grandeur et de poésie naturelle dans les tableaux du désert, pour que le capitaine, en dépit de son réalisme brutal, se Idsse entraîner parfois, sans s'en apercevoir, au fantastique local. Je n*en veux pour preuve que cette description d*une des rivières du Sud, ou, pour mieux dire, d'une vallée sèche, d'un ouàdi, comme disent les Arabes, où venait de camper une de nos colonnes, qui, pour avoir de l'eau, avait dû y creu* ser, séance tenante, une multitude de puits. « Le singulier ouâd, qui voile si mystérieusement ses eaux et que nous venons de trouer en écumoire, est cependant une rivière de notre connaissance : c'est l'Ouâd el-Meleh' (la rivière du Sel) que nous avons laissé filer au Sud-Est pendant que nous nous jetions au Sud dans la direction d'el-Mâia. Après avoir festonné capricieusement conmie s'il voulait visiter Tadjérouna, l'OuÂd el-Méleh' parait changer d'avis à hauteur de ce qs'eur^, et se précipite dans le Sud où nous le retrouvons. Mais qui le reconnaîtrait? Que sont devenues ses eaux aussi belles que perfides ? On dirait que lasses de tromper, fatiguées de cette existence brillante, mais stérile, elles ont voulu faire pénitence, s'humilier en se couvrant de sable, et redevenir, après ces épreuves, bonnes et douces aux lèvres du pauvre voyageur dont elles se sont si longtemps moqué.... » Le capitaine, en écrivant cette page un peu fantaisiste, nous a donné à son insu la contre-épreuve du passage célèbre

1. Qs'eur, ou Ksour , désigne un Tillage dans les oasis du Sud.

«le

mrs est celle de 1S54, la premièn peau pénétrer au Sud des grande; oasis du Sahara algérien. L'auteu:

la fois son plan et sa manière, dan:

l'on voit nos soldats en marche ;

t Wons prenons le lecteur en croupe du Tell aux limites du Sah'rà algérien, * bÎTOuacs, par toutes les oasis, par tou! deux diagonales de près de liOO lieuea faisons vivre de la vie du soldat, tantôt dans les touffes de halfa'ou dans les sal (dnnesde sable], tantôt parcourant à cl aux monotones horizons. Nous lui moni gueaet chaudes iournéesde marche, tout et de courage dans les rangs de notre ar qu'il Ini faut déployer d'imagination , d pour chercher sa vie dans ces régions i faisons voir nos merveilleux fantassins, u le fusil sur l'épaule, le bâton de tente & 1 verte d'un lambeau de toile blanche de c nous suivons ces modestta pèlerins de Ii pleins d'entrain, riant de leurs misères po droit devant eui sans souci du but, se ( quefois • si l'on n'apercevra pas bientôt: mais n'en niM""-—' ---

Page 1