‹ L'Année géographiqueChapitre 136 sur 236 · MOS SOLDATS DANS U SABAHA · texte numérisé non relu

MOS SOLDATS DANS U SABAHA

tirons, n'unis pas les déserts. Il lui bat, à elle, les applaudissements et les couronoes de la foule, les tambours qui battent, les clairons qui sonnent, tous ces bruits vertigineux qui montent au cerveau et qui enivreut. Les expéditions dans le Sah'rd n'ont aucun de ces entraînements, et les journées de flèrre et de dyssenterie 7 sont pins communes que les joarndes de poudre. Aussi est-ce là qn'il faut aller chercher le véritable soldat du devoir.... >

Voici xrn exemple assez piquant du sentiment artistiqns chez les Arabes du Sahara ; si ceux qui ont visité nos TiÛes étaient doués de la même perception, ils ont dft remporter de singulières idées sur les merveilles de notre civilisation.

( Le capitune F. avait crajonué sur son album le portrait de'Cheïkb-el-Talieb; le croquis était frappant de vérité. Le dessinateur, voulant jag^er du mérite de son œuvre sous le rapport de la ressemblance, montre son dessin i. Sid-Hunia, en lui faisant demander par Amrân s'il sait ce que représente cette (sowVa (figure, image). Le khélifa, de l'air d'un homme qui est sûr de son fait, u'hésite pas à déclarer que c'est un bateau h Tapeur : « Râni n'anf,hàâA bàbour, je connais, c'est un vaf penr. > 11 est impossible de rendre l'eCfet que produit cette déclaration à laquelle nous n'étions pas préparés; nous sommes pris d'un fou rire dont certainement le khélifa ne devine pas la cause. — Et dire, répète F., qu'on cite des caniches qui ont léché le portrait de leur maître, et des oiseaux qni béquetèrent les raisins d'un tableau ! >

C'est là le c6té du métier et de l'anecdote ; mais il y a antre chose dans le livre du capitaine Trublet. Il y a la peinture vivement enlevée du désert et .de l'Arabe ; il y a nne suite de tableaux ei action d'autant plus saisissants et plus vrais qu'ils ne sont jamais, on le sent, ni cherchés ni refaits ; tableaux tracés d'ailleurs par une plume spirituelle, et relevés d'une pointe de bonne humeur sous laquelle on sent) ce qui ne gite rien, l'observateur et l'homme instruit. Il y a beaucoup à apprendre dans ce livre sans prétention, ^

t eprouToas de même aujoun leront encore avaot que le vo expose le résultat de ses cou; avec la belle et grande carie qi aujourd'hui Qous contenlar c de Géographie a en communie

Ajoutons que cette notice a à non pas seulement par les dé TouAreg, mais surtout par les d'égards, qu'elle nous fournit si dn Sahara, jusqu'à une grande < au sud de l'Algérie orientale e

Il n'y a pas bien longtemps nyme de Graud Désert, n'appoi image qae celle d'une suite inf ment arides, aTec des sables ii les veots comme les vagues d'ui s'est considérablement modi&ée.

tenant que le désert, dans le sen aux sables mobiles, compléteme n'occupe qu'une partie relativei imnftuse qui figure sur dos en

SAHARA ALGÂRISR. — 11. DITTETHIER. 107

vinfiéf.p«r dM sources et dont l'upect verdo^wt cootcut* «ne l'aridité générale, parsème est espace et justifie U TÏeiUe coDoparaisoa classique de 1». peau, mouchetée de In paathërs. Déjà le docteur Barth nous avait rérélé, au ccbux mâoie du désert, l'exiatance de dauz vastes tenitoirea couTsrts da hautes mootagoas et coupés de belles vallée*, roaaia d'Air et celui des Hogh&r, — deux véritables Suiasea a&icaioes, selon l'expression même du voyageur; H. Dn.yajtiac, par, ses observations personnelles et par ses. inloraiAtions, étend considérablement cette notion en ce qui se «apporte à la contrés des Ton&reg Hugb&r. Si bien préparés- que nous fussions au nouveau, point de vus sous lequel il nous faut envisager Is Sahara, tant par les révâlatioDS de l'expédition allemands de IB49 que par les ezplo* ■ rations françaises poussées depuis cinq ou six ans dans la Sahara occidental, entre le Sénégal et le MAnoc„les détails que nous apporte M. Duveyrier sont de telle natuie* que l'esprit ne peut se défendre d'une impression d'étonnament. Aux plidnss uniformes et déprimées de l'ancienne théorie, nous voyons succéder tout à coup une région de gâteaux élevés, dominés par des pics sourcilleux, par des chaînes de montagnes considérables, et sillonnés d'un vaste réseau de vallées, dont plusieurs, avec leurs courants parmaneuts outemporaires, ressemblent aulitde larges fleuves. D'après la vue générale que les informations réunies par H. Duveyrier lui ont donnée de cette région (car il n'en a vu de ses yeux que la lisière du Nord), un plateau montagneux d'une grande étendue en formerait le centre at la partie la plus élevée. Ce plateau, désigné sous le nom d'Ahagg&r, est coupé vers sa partie moyenne par le tn>pique, entre le 22* et le 25* degré de latitude; il se trouve à peu près sous les méridiens d'Alger et de ConstanUno, & 11 degrés, ou 275 lieues à vol d'oiseau (1200 kilomfctres) au sud du Grand Atlas algérien. D'autres plateaux, subordonnés s'appuient sur cdoi-ci et lui fonaeiit es.

™ ires-grandes disUiices. . 1

ment de son versantsud, réunie laissons iei parler M. l)„,ev„e «m an Kiger., el de là an g„ ™"'°' "«"i, l'Isharghar 1, ««IfedeGâbèspartechottsM.

S&Sraphesgrecs-, Enfin, de SOI

vallées, ,i,sd-anc,ens fleuve, d

|erversPOnâdiDrâa,,„idébÔ

des Ces Canaries, les dnnes de

déformation pin, récente, ba™

"««•anzdeoetouâdiettarlTr

J» dots me borner à cet apere,

M-D«vejr,ersnrlaconforn,atiM

S^^.ndes,nclinaisonsversrAlla„|

Hl.» on. été figurées dans nnecJ

?»• le docenr Petermann a pin.

d»n-es (0-40), et ,ni forme le fon Sabar. central publiée il j,„7

SAIURA ALGÉRIEN. 109

Gnarre (n' 41). Ces vues seront ultérieurement contrtlées par les explorateurs; mais, dussen^Uss se modifier dans certains détails, il en restOTa toujours cet aperçu tout DOQTeau et bien constaté, d'une configuration du Saban dont, il y a dix ans, on n'avait pas la moindre idée. Peat- Atre recoonattra-toQ, comme je l'ai déjà fait remarquer, que toute cette région lalianenae ne forme, en définitive, qu'on seul plateau avec le Fezzan, un plateau fortement accidenté de montagnes, de ressauts et de vallées, avec des dépressions considérables sur certains points, et des pentes plus ou moins prononcées en diverses directions ; mais, encore une fois, tout cela ne peut être définitivement déterminé que par les explorations ultérieures. Et à ea sujet, qu'il me soit permis de présenter uns obseï^ vatioD commune aux trois cartes que j'ai citéss : c'est qu'A est regrettable d'y voir figurer, sous des formes arrêtées et avec des contours déterminés, des accidents de terrain dont on n'a jusqu'à présent qu'une noiiou tout i fait générale, fondée sur des informations reçues de la boucbe des indigènes. Aller, sur uns carte, au delà de ce que l'on sait réellement, a plus d'inconvénients que de rester en deçà.

>. Lei documenl* >l:

Une grande mesure, émanée de la pensée souveraine, a été prise cette année au sujet de l'Algérie. Des actes de cette nature sont en dehors de notre appréciation ; mais il nous appartient d'en signaler l'esprit, au point de vue de Tavenir de notre belle colonie, et de résumer les documents statistiques que la discussion a produits. Ce sont d'eicellenle s instructions à recueillir; elles nous éclairent Sur la situation réelle de nos provinces algérienn&i, sur l'année céocr. |[. 7

aie de Malakoff, g„„,er„

■ '«fuis, a dit 1-Emp,„

• millions d'Arabes et d,

■ cent tingt mille Francu

• 14 millions d'h«;iarej d ■lions sont colti,s,p„|,

■table de l'Etat est de 2 (

• de terres propres j ij ^

■enfin, 420 000 hectares 0 ■européenne, le reste con,

■ tema de parcours et lai •concédés aux colon», nne,

■ Me. soit lonéeaui Arabes • msle est loin d'être entier ■q»cce, chiUres ne soient

■ connaître que, malgré U 1

■ '«progrès accomplis le ti ■encore sur une faible étendi

■ lelerram qui manquera d ■ En présence de ces réso

■qu.lyaituli]iiéàcantonn<

c les bieiifidtâ de la civilisatioii.... Chereho&B pêt touë Iti

< mofmB à nous concilier cette race intelligente, fl^i « g:Qerrière et agricole....

« L'Algérie n*est pas une colonie proprement dite, mais

< un royaume arabe. Les indigènes ont comme les colons c un droit à ma protection ^ et je suis aussi bien TEmpe- « teJât des Arabes que l'Empereur des Français. » ^

Ge remarquable document, qui fera époque dans l'hi»* tdire algérienne et que nous regrettons d'abréger, dit ea^ eore : < La terre d'Afrique est assez vaste, les ressourees « à y développer sont assez nombreuses, pour que cbseun * puisse y trouver place et donner un libre essor à son c activité, suivant sa nature, ses mœurs et ses besmns.

* Aux indigènes, l'élevage des chevaui et du bétail, lei « cultures naturelles du sol.

< A l'activité et à l'intelligence européennes, l'eiploi- « tatioD des forêts et des mines, les dessèchements, les « irrigations, l'introduction des cultures perfectionnées , « l'importation de ces industries qui précèdent ou accom- « pagnent toujours les progrès de l'agriculture.

< Au gouvernement local, le soin des intérêts généraux, c le développement du bien-être moral par l'éducation, du

< bien-être matériel par les travaux publics.... t^

Le sénatus-coQsulte du 22 avril, qui donne à ces grandes idées leur forme pratique, et que le vote parlementaire a consacré, peut se résumer dans cette disposition fondamentale : « Les tribus ou fractions de tribus sont déclarées propriétaires des territoires dont elles ont la jouissaûtn permanente et traditionnelle, à quelque titre que ce soit. »

Nous nous permettrons une seule remarque sur le document dont nous Venons d'extraire les passages les plus particulièrement caractéristiques ; cette remarque est purement ethnographique. On a pu remarquer que la lettre de l'Empereur désigne sous le nom d'Arabes la totalité des habitants indigènes, et qualifie de royaume a/rabt l'en-

Uerbers, plus généraleme:

byles. Le fait est que la le DiaDt à l'usage de la colot commune appellation d'Ar réunies seulement par le c tioctes sous tous les autres la langue, par les habîtjdei 11 faut même observer que seuls, que convient la qualil tous les Arabes, à très-peu core la vie pastorale.

Cette distinction, personni teur de la lettre moins que to la rappeler pour ne pas lais d'un pareil exemple, un abu!

tous les sentiments de nos su l'histoire*. Le rapporteur d

I. On «it plus étonné de IniuTei cette alMeoce de dis'J.<cllon eaiti population algâiienne, dans les pi tratioD. Le dernier Tolume, publié ibtbtiuemtnU fronçait dant l'Aie

ALGÉRIE. — COLOmSATION . 113

au sein du Sénat, M. le comte de Casa-Bianca, l*a d'ailleurs parfaitement posée dans son excellent travail.

Sur les 2200000 âmes qui forment la population indigène du Tell, c'est-à-dire de la zone littorale et cultivable de rAlgérie, on compte 700 000 Kabyles, qui tiennent un cinquième du pays, et 1 500000 Arabes , partagés en 1200 tribus, qui occupent les quatre autres cinquièmes, moins la fraction (de 4 à 500 000 hectares sur 14 000 000) concédée aux 200 000 colons européens. La population du Sahara, c'est-à-dire des hautes steppes de l'intérieur et des oasis au sud du grand Atlas, est non pas exclusivement, mais en très-grande majorité composée d'Arabes, et compte à peu près 800 000 âmes réparties en 200 tribus, n'occupant pas avec leurs troupeaux un aréa de moins de 40000000 d'hectares, près de trois fois la superficie du Tell. Il est à peine nécessaire d'ajouter, ce qui a déjà été dit, que tous ces chifires ne sont que des approximations ; mais ils indiquent d'une manière suffisante les rapports généraux.

Dans l'impossibilité où nous sommes de donner une grande place à l'élément purement statistique, nous ne pouvons qu'indiquer le rapport de M. le sénateur Forcade de la Roquette sur le commerce et la navigation de TAlgérie^ On y trouve une masse de faits du plus haut intérêt, présentés avec une lucidité qui en double la valeur.

une pensée d'unification politique ne justifierait pas , car elle serait à jamais irréalisable ; bien plus, peut-être ne serait-il pas à désiier qu^elle se réalisât. La confusion que je signale date de loin. Dans une Notice sur les Ksour de la province d'Oran, imprimée aii volimie de 1845-46 de la Situation des établissements y je vois (p. 521) un passage ae Salluste sur les Numides appliqué aux Arabes 1

1. Moniteur du 9 août, et recueil des documents relatifs au sénatusconsulte, p. 394.

ouvrage comprend U clai approfondie, des monnaie les colonies grecques et r depuis Cyrène jusqu'à la Tripolitaine, la Byzacèoe, forment autant de divisiont toriques. Dans la Numidie c'est-à-dire dans les deui f dent à notre Algérie, les v sODt Tuniza, Hippo Regius, Cirla, Gaxauphuia, Maeoma Jol-Caetarea, Siga, Camarata maiiqm dt VandewM Afriqu ordre, sur lequel s'appuieron friea dirisiiana de MorccUi i M. Léon Renier, toutes les é\ peut €tre l'objet.

Les recherches de M. Tat nations berbères avant l'islan si^et encore plus obscur qui mismatique romaine, et dont défini. Ces rerhercVioo

ETHMOLOeB ALStaJSIISS. 113

birttèrM do Maghreb écrite par le célibre Iba-EhaldooD dans ta aacoade moitié du quatorzième eiècle de notn in. H. Tauiier prend pour point de départ la distributiiMi dsi tribua berbires à l'époqne de la conquAte du Hagbreb par les Arabes au septième siicle, et il en trace un b-is-èon ^MTcnt c'est de là qu'il essaye de remonter aux époques aatérienres, avec le secours combiné des mdieations qoe fonnissent les traditions natbnales recueillies par Ibn- Kbaldoun, et de celles qui se peuvent tirer des écriruns . grecs et latins. Malheureusement cette double source de renseignements est bien loin d'ôtre aussi aboadauta qu'il serait & désirer. Les rapprochements établis parM.Tauxiw eatre les noms des peuplés cités par Ptolémée principatomenl, et par Pline^ ne laissent pas d'être nombrenz; tt nous sommes d'autant mieux disposé A les regarder tous comme parfaitement justes, que la plupart se retroa- TOOt , idmtiquement les mêmes, dans l'étude développée sur les populations aborigènes du nord de l'Afrique qui fait partie de notre travail sur l'Afrique ancienne qae l'Académie des inscriptions a couronné en 1860, ^ qui a été publié au commencement de 1863 (voùr 4après, le o' 89). Une rpcherche faite au même point de Tue nous a conduits simultanément, chacun de notre cAté, k des résultats analogues. Nous ne pouvons, quant k nous, que nous féliciter d'une rencontre qui devient en quelque sorte un contrôle; nous sommes beureuz surtout de voir les études sérieuses s'attacher de plus en plus à un sujet où il y a encore bien des découvertes à faire et bien des bits imporunu k éclaircir,

tJa des plus sûrs et des plus puissants moyens d'avancer ces découvertes, ce sont les investigations locales. Deux sociétés y auront contribué d'une manière efficace, la société historique d'Alger et la société archéologique de. CoQStantine. Celle-ci, surtout, sous l'intelligente etiubtigable impulsion de M. Cherbonneau, son digne secré-

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