ALGÉRIE ROMAINE
est celle qui les attribue aux Gaulois des légions d'Afrique. C'était un dernier souvenir du pays. Une médaille trouvée dans l'un des tombeaux porte le nom de Faustina^ ce qui nous place au milieu du deuxième siècle de notre ère. Nous passons sur d'autres morceaux qui mériteront l'attention des antiquaires. Comme toujours, M. Cherbonneau a large^ ment contribué à ce volume de la société de Constantine. Des fouilles entreprises dans une localité appelée leKreneg, k 24 kilomètres de Constantine, ont ajouté près de cent cinquante inscriptions aux monuments lapidaires de l'Algérie romaine. Ces inscriptions sont toutes sépulcrales, à la vérité ; mais on sait combien de particularités instructives des épigraphistes tels que M. Léon Renier pu M. Cherbonneau ont su tirer souvent de ces souvenirs individuels dus à la piété des familles.
M. Cherbonneau a d'ailleurs continué les excavations du site de Lambaesis, cette mine précieuse qui ne semble pas prête d'être épuisée, et il fait connaître dans l'Introduction du volume les derniers résultats de ses fouilles. Plus récemment encore, l'infatigable chercheur a fait de nouvelles trouvailles. Dans une lettre que ce savant nous fait l'honneur de nous écrire, il se félicite d'avoir eu dans ces derniers temps la main heureuse. « Il m'a été donné de reconnaître, nous dit-il, à 40 kilomètres au sud-est de Constantine : 1*" les ruines de Sila, ancien siège épiscopal * ; 2" une des sources de YAmsaga ; 3* un décret de l'empereur Adrien relatif au cadastre de cette partie de la province ,* 4'' trois épitaphes de centenaires ; 5® viogt-sept épitaphes romaines ; 6*" le castellum qui défendait le pagus. »
1. Déjà M. Cherbonneau, en 18&6, a?ait trouvé, dans un jardin du village de Khroub, sur la rive droite du Bou-Merzoug (une des branches supérieures de la rivière de Ck)nstantine) une pierre mutilée où se lit l'ethnique de Sila, R[e«] ?[upblied] SILENSIUM. C'était un pas vers la découverte actuelle.
118 ATRIQnK.
H. (ïeriwimeau ijoute :
t n f a longtemps que l'on cherche YAnuaga dent le nonr s'est ^rit partout Ampsaga, avec un p. Les uns attribnùent ce nom aa Roamel, qui baigna le rocher de Constantme et s'engoan« dans aon immense ravin, pour aller se jeter dans la Uéditerranëe k quelques lienes de Djidjillj. Les autres p«isaient que lee ancienq n'appelaient Atnsaga ou Amfoaga que la partie du Ronmel qui coule en aval de Cirta '. La vérité se fera jour, grâce à l'Inscription latine qne la pioche a mise en ma possession. Je puis dés aujourd'hui, monsieur, tous en confier les premières lignes. BUe commence ainsi ;
GEfflO NTMIBIS
CAT7AHSAGAE
SACHTM
La pierre était enterrée au bord d'une aourca très^bondante qui sort de deux trous assez rapprochés l'un de l'autre. De \ï le nom que lui donnent les indigènes en langue arabe : < Ainel-Rirâue, • la source dfn trous. Au-dessus de la source se voit encore une construction circulaire, dont le diamètre mesure 16 mètres, et sa miheu de laquelle a été pratiqué une sorte de puits carré en pierres de gros appareil. J'imagine que c'était le xocrum ou sacellum mentionné dans l'inscription qui e«a été détachée et roulée à quinze pas.
€ Le débit de la source a dû être plus considérable dans les temps anciens, surtout avant que la grande révolte des Berbers, dirigée contre les conquëranis musulmans, eût étouffé les soui^ ces et démoli les (outaines de l'Afrique. Mais de nos jours ou voit encore le ruisseau qui y prend naissance couler vers le Bou-Merzoug, et s'y jeter i environ 22 kilomètres en amont de Constantine. Or, le Bou-Merzoug est, à mes yeui, VAmsago, et la source Calu est tributaire de Ce fleuve, ainsi qu'il appert de la phrase Catu Amiagx.
« Le rocher d'où sort à grands flots Je Bou-Merioug est situé à 30 et quelques kilomètres au sud de Constantine. Les restes d'un sacellum s'y voient encore, mais tellement dispersés et
I. Cette opinion n'est pueoutenable, en présence du leita dePto* lémét gui mal les source* de ï'ÀmpMgai dans lue montagne qu'il nomme Buxara.
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4», que, nalgi^ mu effort*, jâ d« snia point Nuon pn- Tsnn à j retroavu la dëdloue, qui ma donnonit éndenunent lo mot Àmtagtg. »
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L'AFBIQm OGGUIEKTAI&
u luioc. Li BÉntau, l* Bcnitt, u ubm.
4B. BtuacMB. Lu Colonou d'Hfnula. Einmioiu k Tugti, GibralUr, etc. Alger, 1861, ln-18, 131 pigM.
E0, Gerhird Rohlf. Tigebuch einer ReiM durch die ■Qdlichen pra- Tinien Ton Harokko, 1861 (Jouniil d'uh voyage dans les pro- TiDcei méridionales du Maroc). MUtheilungen, ocL 1863 (d* 10)>
SI- k. Vallon, capiUine de Trégate. La cAta occidentale d'&ftique Ibid., DOT. etdéc, p. 373~3»4, 589-606 (ïtec deui cvtet).
(T. U; WanderiDgi in Weit Africa, Trom LiTerpool lo Fenundo Po. Bj a F. R. G. S. LoDd., 1B63, 3 toI. iii-8- (Tinfley).
U. Rct. Hope M. Wàsdiu.. Tmntr-iiliw jan in ih« West-Indie*
l'ascension du pic principal, rempliiw
63. Da même : K day among Ihe Fuu. '. vol. I , n* 1 , p. W-M.
63. Lieul. B. L. Lefrot. Journal du Da Ttitigator sur te bas Niger. Rappor remonler le Niger, au mois de sept.
14 mars.) Beciumaril. tl colon., juii
64. D' W. B, BaikiE' Report on the cour of the Niger (Extract). Proctedingi ofti vol, Vil, n-î, p. 66-68.
6b. D' B. Bârtb. D' Bairour Baikie's Ttii mit besonderer Berûcksichligung der me* und derjemgen des Tsld-und N D' Baikie sur le bas Niger, considéréf de* crues du neuve, ei de celles du bas du Mil). Zeittcnrift fur AUgtmeiiK Ere p. 11)1-119.
66- M. T. Griffon du Belut, chinirgiei du neuve Ogo-wai, juillel-aoùl 186!.
sept, et oct. 1863, p. 66-89, Î96-309.
SAHARA MAROCAIN. ISl
68. W. WnfwooD Rbadb. Sa?age Afirica : being the Namtife of a tour in equatorial, soutb- western, and north-westem Africa* With notes on tbe babits of the gorilla, etc. Lond. 1863, in-8*. Map and illustr. (Smitb).
69. Dq même : On the Bush Tribes of eqiiatoiial AfHca. The ÀfUr<h polog. Beview^ n* 2, p. za-ïxni.
69 his, A. WiLMOT. An btstorical and descriptive account of the cclony of the Cape of Good Hope. Lond. 1863. Map.
S 1. Premitos Tue d'an pays inexploré. M. Gerhard Rohlf dans le Sahara marocain»
Si l'attrait toujours vivant qui s'attache aux conti^ historiques manque aux explorations de l'Afrique occidentale, elles en ont un autre plus actuel et d'une nature plus générale : c'est celui des relations commerciales, qui cherchent partout leur aliment. Elles ont aussi l'ardeur du prosélytisme religieux, travaillant incessamment, mâme en présence de bien faibles résultats, à son œuvre civilisatrice; elles ont, enfin, le pur entraînement scientifique, que ne connut guère l'antiquité, et qui a produit, dans nos temps modernes, de si nombreuses et si grandes découvertes. Sans avoir été précisément inspiré par une pensée scientifique, le voyage qu'un jeune Allemand, M. Grerhard Rohlf, vient d'accomplir dans le Sahara marocain, mérite une attention particulière. Aucim Européen, jusqu'alors, sauf notre compatriote René Caillé qui les entrevit à peine dans sa rapide traversée de Timbouktou à Fez, en 1828, n'avait pénétré dans ces cantons inhospitaliers de Tafilelt et du Dra'a, qui prolongent à l'ouest notre Sahara algérien et vont confiner aux extrémités méridionales du Maroc. Après avoir étudié la médecine à Brame, sa patrie, M. Rohlf a servi plusieurs années dans notre armée d'Afrique, et il s'est rendu familier l'usage de l'arabe
Tille en longeast la c6te [sau.
qu'au port H'Agâdir et à la partir d'Agadir seulement que journal du voyageur. Il nous c fait une assez longue station, et au nord-est, il voit Tafilslt, la [ bre oasis de cette partie du déseï trois cents villages fortifiés, — dans l'année, disent les indigèui arrive à l'oasis de Fighig, et à um sur le territoire soumis à la jurid n'avait avec lui aucun instrument n n'a fait, par conséquent, aucui ches manquent de détails suffisan aux directions, et l'Oued-Ghèr luîsi grand intérêt pour l'histoire et riode romaine, n'est nommé qu'a tout, ces notes de caravane ont dénûmeot sur cette partie du trës^and int'rit. Elles nous ap nouveaux sur le Dra'a, sur le 1 oasis jusqu'à Fighig, et sur n-'
SÉNÉGAL. — GUniÉB. 1S3
S 3. Nos «xplontions an Sénégal et an long des eôtet pins méridionalei. M. Faidherbe, retour d*henrenz augnre.
Au Sénégal, le retour du général Faidherbe au poste de gouverneur *9 dopt on l'avait vu s'éloigner avec tant de regret il y a un an, est d'un heureux présage tout à la fois pour le rapide développement de la colonie et Textension de nos informations géographiques. Le général a inauguré son retour par un morceau (n* 51) sur les parties du Soudan qui confinent à Torient du Sénégal, et sur l'attitude militidre que les agitations suscitées depuis quelques années dans ces parties pourraient nous obliger d*y prendre. LMmpulsion vigoureuse que la première administration de M. Faidherbe a donnée aux études et aux reconnaissances' n'a pas cessé d'enrichir de ses résultats le recueil officiel que le ministère de la marine publie sous le titre de Revm mafitime et coloniale ; plusieurs morceaux récents du lieutenant Mage, du capitaine d'infanterie A zan et du capitaine de frégate Aristide Vallon (n<* 52 à 54), appartiennent à cette catégorie. La Notice de M. Vallon « sur la côte occidentale d'Afrique, > depuis le Sénégal jusqu'au Zaïre, mérite une mention toute spéciale. Fruit d'une longue et solide expérience, ce morceau, malgré son peu d'étendue, est incontestablement ce que depuis longtemps on a écrit de plus substantiel et de plus instructif pour l'étude à la fois géographique, ethnographique et économique d'une région qui prend chaque jour pour nous plus d'importance et d'intérêt. N'oublions pas le tableau d'ensemble, trèsbien fait et très-complet, que M. Mavidal a tracé du Sénégal (n* 56). La géographie, l'histoire, les populations, l'administration et les ressources du pays y sont bien expo-