‹ L'Année géographiqueChapitre 159 sur 236 · xxyii-240 pages · texte numérisé non relu

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hanDooieuse, mâme (Uds te mervùUeuz, est one de» codditionsdu beau, la pramièrs peut-Jtra. Ce n'est pas la poëou que noiu saluoDs k l'apparition da Mahâhhârata-; es o'est pas seulement l'œuvre où le génie de l'Inde s'est déplqjé tout entier dans sa fécondité sans bornes, avec ses contrastes bizarres et *ea étranges aberrations, tantAt se plongeant dans les insondables profondeurs de la spéculation mystique, tantAt s'eialtant an bruit des combats dans les ardeurs d'un esprit chevaleresque : ce que noua salnons ' surtout k l'apparitioD inespérée de ce grand monument, c'est l'immense dépftt de doctrines, dé traditions, de 16^ gendes religieuses et de légendes populaires, de notûos de touto nature, enfin, où l'Inde antique va nous apparaître sous tous ses aspects, avec ses croyances, ses mœurs, ses usages, ses habitudes, et aussi :ivec sa géographie a riche et si vaste, et l'immense aomenclaturQ des tribus guerrières qui alors, plus qu'aujourd'hui, formaient encore une portion considérable de sa population. L'ethnographie indienne est, en effet, un des c6tés considérables de la grande Epopée. Sans insister plus qu'il ne convient sur un pareil sujet, je puis dire que l'ethnographie épique de l'Inde est l'un des principaux éléments, sinon le premier de tous , pour la restitution des âges héroïques. C'est un terrain solide sur lequel l'investigateur dû ces temps obscurs peut prendre pied avec confiance. Les personnages que te poëme évoque peuvent être fictifs DU transformés par la fictiou : ce qui n'est ni fictif ni dénaturé, c'est le théâtre même des événements et la fréquente énuméralion des peuples qui marchent sous le drapeau des chefs. C'est ainsi qu'Homère nous a transmis, longtemps avant les historiens, une véritable géographie politique de la Grèce primitive, et que Virgile retrace avec une fidélité savante le lableau du vieux Latium et de ses populations. Tous les peuples, toutes les tribus qui figurent dans les innombrables épisodes du Mahàbbàrata existent

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encore presque sans exception, et pour la plupart aux lieux mômes que le poème leur assigne ; et comme la connaissance que nous avons aujourd'hui de ces tribus nous montre d'une manière certaine à laquelle des deux grandes souches de la population indienne ils se rattachent, à la souche purement arienne ou à la souche aborigène, ces grandes luttes dynastiques dont le poème nous déroule les mille incidents prennent à ce point de vue une couleur et une signification tout à fait inattendues. Mais pour entrer à fond dans cette étude comme dans celles qui portent sur les choses et non pas seulement sur la langue et sur les mots, il faut qu'une traduction fidèle et complète ait livré le texte tout entier à la critique générale. L*analyse partielle la plus savante n'y suffit pas, même lorsqu'elle est l'œuvre d'un profond indianiste et d'un esprit éminent tel que M. Christian Lasseu, l'illustre auteur des Indische A Iterthumskunde ; et la preuve, c'est que M. Lassen lui-même, qui est allé au fond de ce vaste sujet des antiquités de l'Inde et en a plus que personne embrassé l'ensemble, a touché à peine au c6té ethnologique tel que je virns de le signaler, ou du moins ne Ta pris nulle part dans son ensemble et ne semble pas en avoir soupçonné la portée. J'insiste sur ce sujet, parce qu'à mes yeux l'ethnologie est destinée à prendre une très-grande place dans' les études indiennes, en expliquant, bien plus, en vivifiant le passé par le présent, en même temps que le présent reçoit du passé le cachet historique qui en agrandit l'intérêt et en étend l'horizon.

Voilà l'inappréciable service que la vaillante entreprise de M. Fauche va rendre à la science. Elle lui mérite notre sympathie ,' à nous tous qui portons un sérieux intérêt aux fortes études dont notre pays s'honore. La sympathie que nous devons à celui qui s'est dévoué à une pareille œuvre s'augmente encore par la modestie (assurément beaucoup trop graude) et la courageuse abnégation qu'il y apporte. Qu'on nous permette de. transcrire quelques

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lui-même. C'est pourtant ce que nous devons faire ici, Assurément M. Fauche — par une modestie excessive, je le répète, — n'estime à leur valeur ni l'œuvre qu'il aborde ni ce que lui-même y apporte ; et il n'apprécie pas assez non plus le légitime intérêt qui doit entourer une pareille entreprise, quand il limite le tirage du livre à un chiffre tel que les frais mêmes n'en sauraient être couverts. C'est pousser trop loin un sentiment estimable. Le désintéressement ici n'est pas seulement au détriment de l'auteur ; il atteint l'ouvrage lui-même et en compromet sinon le succès, au moins la diffusion dans ses limites légitimes. Je n'ai pas l'honneur de connaître M. Fauche, mais je sais que pour ses travaux antérieurs il s'est constamment et silencieusement renfermé dans le cercle étroit des purs amis de la littérature sanscrite, content de servir leur goût en satisfaisant le sien, sans bruit, sans annonces, sans réclames d'aucune sorte, sans le moindre retentissement extérieur. Je sais ce que vaut parfois le fracas des annonces ; mais il ne faut abuser de rien, pas même du silence. M. Fauche n'a pas le droit, cette fois, ni la possibilité de se vouer à l'isolement ; qu'il le veuille ou non, son nouveau labeur appartient à la grande publicité. Le Mahàbbârata, après tout, est une des œuvres capitales de l'esprit humain, et le produit le plus caractéristique d'une des grandes civilisations du monde; comme tel, il intéresse non plus seulement une littérature spéciale et bornée, mais la littérature générale, la philosophie, et l'histoire elle-même dans sa plus grande acception. Je ne pousserai pas plus loin des réflexions uniquement inspirées par l'intérêt qui doit entourer une œuvre après laquelle l'Europe savante aspirait depuis si longtemps; mais pour me résumer dans une remarque pratique, je dirai qu'il est fort désirable que le traducteur se détermine à augmenter dans une forte proportion, à doubler peut-être, le tirage du livre. Nulle part, même 4^tns le ^«pd ouvrage de M. Lassen,

on n'avait jusqu'à présent nne analysa eonplAta et métbo» diqoeduHabAbhârata; cette tAche laborieuse a été remplie par un savant indiioiste anglais, H. Hcnier Williams, dans la dernière partie de son opuscule sur la poésis éfâqua . de l'Inde (n* S6I }. Toutefois, je dois la dire, cette aûlyaB n'est guère qu'une table de matières (elle oocope seul»nent quarante-trois pages). Elle n'en sera pas moins &ct a.tile à consulter en un grand nombre de cas. La part» particulièrement intéressante des bdum de H. Honicr Williams est le tableau qu'il trace des deux épopées indiennes, le Rftm&yans et le MahAbh&rata, comparées entra tfles et avec les poèmes homériques.

J'ai db mentionner plus d'une fois dans ce qui précède la grand ouvrage de M. Christian Lassen, tes AntiqvUé* de l'Jnde*. Ce savant travail, dont quelques parties sont déji dépassées depuis près de vingt ans qu'iL est commencé, n'en marquera pas moins une grande époque dans l'histoire des études indienDes, et sans doute il restera longtemps encore le seul qui ait embrassé dans son large développement le cercle tout entier de ces études, en màme temps qu'il en a condensé les résultats dans un lumineux exposé- Une dernttre pirtie, qui doit terminer l'œuvre, nous fournira l'occasion oatiirelle d'y revenir avec l'étendue convenable. Ce que l'illustre professeur en a donné cette année (n" 257) n'est qu'un appendice aux tomes III et IV de l'ouvrage, dont l'objet est d'exposer les ootions que les Chinois'd'un côlé, et de l'autre tes Arabes, ont eues de l'Inde. Le chapitre qui se rapporte aux Chinois est tout entier tiré de Hiouen-thsang, le célèbre pèlerin bouddhiste qui parcourut l'Iode toute entière au milieu du septième siècle de notre ère'; le chapitre qui se rapporte aux Arabes est

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