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jusqu'à présent, on n'avait pas embrassé le suje^ avec autant d'étendue et d'une manière aussi complète que l'a fait M. Desdevises. Le royaume héréditaire d'Alexandre méritait cette distinction; outre que par sa position intermédiaire entre les contrées thraciqueg et illyriennes d'ua côté, et de l'autre les pays pélasgiques d*abord, et finalement helléniques, la Macédoine se trouve enveloppée dans nombre de problèmes d'ethnologie primitive qui se rattachent plus ou moins directement aux origioes de l'Europe centrale. Ce n'est pas, je dois le dire, que le travail de M. Desdevises, fort estimable à d'autres égards, jette de bien vives clartés sur ces problèmes difficiles ; les pages qu'il leur a consacrées se tiennent dans des généralités trop vagues pour y apporter d'utiles éclaircissements.
Quand je dis que Tauteur se maintient dans de vagues généralités, j'entends parler du fond même de cette partie de ses recherches ; car, à n'y voir que la forme et la distribution méthodique de ses classifications, on pourrait croire que les grands mouvements de populations orientales qui apportèrent leurs premiers habitants à la vallée du Danube, à la Thrace, à l'Hellénie et à la Péninsule italique, nous sont connus par des témoignages aussi précis que les faits les mieux établis de l'histoire positive. Quand on nous dit, par^xemple, en remontant à des temps bien antérieurs à toute tradition, que les Illyriens arrivèrent au Danube par telle route déterminée, que là ils se partagèrent en trois corps^ etc., il est bien évident qu'en donnant à ces ' aperçus hypothétiques cette forme ainsi précisée , on va bien au delà de ce que permettent les matériaux sur lesquels ces inductions se fondent. C'est à la fois trop et
doine (Comptes rendus des séances de V Académie desinseript, et belleslettres, par M. Ern. Desjardins, t. V, 1862, p. 168 et 284). Mentionnons encore un mémoire de M. Deville sur la formation territoriale de la Macédoine y envoyé, au commencement de 1863, à la commission académique chargée de l'examen des travaux de Técole d'Athènes.
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GRÂCE. ÉCOLE d'âTHÉNES. 309
nante, môme en regard des travaux extrêmement recommandables que Térudition allemande y a pu revendiquer jusqu'à ces derniers temps, quelle large part, disons-nous, appartient à TEcoIe française d'Athènes dans les études locales qui ont pour objet la complète restitution de la géographie et de Tarchéologie du sol hellénique. Nous pouvons être justement fiers de ce que cette heureuse fondation, depuis dix- huit aos qu'elle existe, a fait pour l'investigation de Tantiquité grecque, et des hommes éminents qui en sont sortis. Elle a peuplé nos chaires et nos Académies de savants professeurs et d'érudits éprouvés ; elle a même apporté, par un caprice de la fortune, une brillante épave sur les plages mobiles de la littérature d'imagination ; car Tauteur de Tolla^ avant de jeter le froc aux buissons, avait marqué sa place dans les rangs de l'Ecole, et brûlé l'encens officiel en l'honneur des modernes Hellènes, auxquels, en partant, il décocha, comme une flèche d'adieu, sa Grèce contemporaine. C'était en 1855. Il est curieux de relire aujourd'hui le jugement à demi prophétique que M. Guignant, le docte commissaire de l'Acadé* mie des Inscriptions (actuellement son secrétaire perpétuel), portait, en 1853, sur le mémoire par lequel M. About payait à l'École d'Athènes sa dette de première année*.
Déjà, on trouvait que le travail du jeune élève (M. About avait vingt-cinq ans à peine) pouvait se qualifier de livre plutôt que de mémoire, c tant il y avait d'art dans la composition, de précision, d'élégance, de vivacité intéressante dans le style; » < non toutefois, ajoutait le rapport, sans quelque mélange d'afiectation , sans quelque recherche d'effet. > Enfin, le savant rapporteur estimait que le mé-
1. Ce travail avait pour sujet Tîle d*Egine. Ceux qui voudraient connaître ce spécimen d'érudition classique, si différent des écrits qui ont depuis valu au jeune écrivain la réputation retentissante que son nom a conquise, le trouveront imprimé au troisiô:ne volume des Archiret des missions scientifiques.
fiiO EUROPE.
inoire témoignait d'un esprit c capable ft on Haut degrl, inais ploa porté yeirs les généralisations historiqnes et Ui développements littéraires que vers les patientes observa* tiens et les déductions rigonreuses de réradhîon et de la critique. » M. About n*a démenti aucune de ces prifH sions..
Il en est une que TËcde d'Athènes tl*a {mis trbnipéè ndi plus : c'est la'persistance et le succès toijoùrs plus ghuà de ses efforts, sotis l*habile et puissante impalsioii ifiCdh reçoit de notre Académie des Inscriptions» pour FitilpestiBatiou approfondie des antiquités dont cette terre eéouàk est une mine inépuisable, et aussi pour réclàtttisMiàii complet de son ancienne géographie , — la géognpin des textes, — par l'étude rigoureuse de sa géographie actuelle, — la géographie du sol.
L*£cole française d'Athènes est une de nos conquêtes; c*est le seul fruit qui nous soit resté, avec la charge de II dette hellénique, de notre chevaleresque et toute-puissante intervention de 1827 pour Taffranchissement de la patrie de Miltiade. La Grèce, au surplus, fut le premier berceau de la civilisation de TEurop^: en lui prêtant notre appui pour lui rendre l'indépendance, nous n'avons fait qu'acquitter une dette que les siècles nous ont transmise.
Il est vrai qu*on a plus d'une fois mis en doute queceoi qui la recueillent aujourd'hui soieot les purs et vrais descendants de ceux qui nous l'ont autrefois léguée. U est surtout un homme qui durant trente ans et plus a soulevé des tempêtes et fait verser des flots d'encre au sein de l'é* rudite Allemagne : c'est Fallmerayer. Dans son Histoire de la Morée, dans ses Fragments sur l'Orient, dans ses Mémoires sur l'élément albanais au sein de la population grecque, dans une foule d'articles, enfin, enfantés par une longue polémique, le savant académicien de Munich a constamment soutenu, et, l'on peut dire, démontré pour une foule de cas, que la population continentale de Tan-