‹ L'Année géographiqueChapitre 221 sur 236 · COURS DE CARL RITTER · texte numérisé non relu

COURS DE CARL RITTER

Hitsiode jusqu'aux fictions laborieusement dévetoppées des Aleiandrins et de leurs imitateurs, on en peut tirer de curieuses indicatioDS pour l'histoire de la géographie dea contrées du Nord chez les Grecs et chez les Romains. Il y aurait là une étude à faire, à laquelle ne se sont pas suffisamment arrêtés les commentateurs.

Les études de ce genre, nous l'avons déjà dît, occupent peu de place dans l'exposition historique de Cari Ilitter; elle n'aurait pu, dans tous les cas, en présenter que les résultats. A mesure qu'il entre plus avant dans des temps mieux connus, le récit se développe et les détails se multiplient, A partir de l'époque des Grecs, le savant professeur embrasse l'histoire géographique sous un double aspect : en même temps qu'il résume les notions toujours plus étendues des poètes, des périég&tes et des historiens, il a désormais à suivre les travaux des géographes et à exposer leurs doctrlues ; à cbié des gi'ands événements qui agitent le monde, des lointaines expéditions mililaires, de la formation des nouveaux empires, il montre dans les auteurs contemporains l'extension et te perfectionnement de la connaissance du monde. Après les guerres médiques, Hérodote; après Alexandre, Ëralostfaène ; après la soumission du monde aux armes romaines, Strabon, Pline, Marin de Tyr et Ptolémée.

Par la richesse prodigieuse de ses matériaux (bien plus, malheureusement, que par l'emploi qu'il en a su faire), Ptolémée nous a laissé le résumé le plus complet et le plus vaste répertoire des notions dont se composa la science géographique des Grecs et des Romains. Après Ptolémée, il se fait dans la science un temps d'arrêt, prélude d'une triste période de décadence. On n'a plus que d'insipides abréviateurs, des compilateurs et des lexicographes. Puis ie monde romain disparaît sous la double avalanche de Barbares que 1« Nord et l'Orient, à dix siècles d'intervalle, versent sur ses provinces ddmambrées ; da la civilisation

brillante de Rome et de Conslam peine se conservent au milieu Ai Ce qui garde alors aufaud des c est empreint comme tout te res barbarie.

Et cependant, mflioe au sein d il se faisait un travail de réno inaperçu, d'où devait sortir, h u:

retrempé des sociélés modernes, n'ûlail pas détruit. C'est le pri races occidentales d'avoir en elli rieure, celte force d'expansion n et le point de départ des hautes que la société moderne est sorti< grande, plus forte, illuminée d plie de plus nobles aspirations civilisations antiques.

Quand nous ramenons aujour siècles obscurs du moyen âge, .

reconnaître un certain nombre d Iribuèrent à arracher les esprits gendre la barbarie. Au premier i christianisme. L'isliimisme luil'ofuvre de ri^novation, en ren\ double voie de l'Espagne et deî de la civilisation extérieure qu Par plusieurs côtés, ces faits globe, et Cari Ritter a dû les co son étudû historique. Ils en for seconde partie, et dans cbacut tache à signaler ce qu'ils on d'aperçus, de notions et d'idée former ia science nouvelle. Ains Barbares, leurs mélanges et lei pas seulement devenus ie point i

C0UK3 D£ CAHL RITTER. Wb

politique absolument dififérente de celle de l'ancienne Europe ; ils ont introduit dans l'histoire des peuples une foule de noms nouveaux, et fourni un vaste sujet de recherches à une science que ne connut pas l'antiquité, l'ethnologie, La propagation du christianisme dans le nord, le centre et l'orient de l'Europe durant les huit ou dix premiers siècles de notre ère, a enfanté toute une littérature, celle de la vie des saints ou hagiographie, qui, dans sa naïveté crédule, n'en est pas moins une mine aussi riche que curieuu^ pour la topographie locale et pour l'histoire des mceufoE Puis, l'islamisme et sa littérature, qui donna de bonne^ heure à l'Europe, en même temps que les relations de la chrétienté avec les conquérants tartares du treizième siècle, une première idée des nations de l'extrême Asie; les courses maritimes et les colonies des pirato de la Norvège et de la Baltique, connus sous l'appëumon générique de Normans ou Hommes du Nord; les ëtalgmsements el les lointaines relations r^mmerciales des républiques italiennes; les croisades, qui pendant deux siècles entiers entretinrent dans toute l'Enrope féodale un mouvement prodigieux d'hommes et d'idées ; et enfin les premières navigations des Portugais an long des câtes africaines dans le cours du quinzième siècle, jusqu'A la découverte du cap de Bonne-Espérance par Bartholomeo Dias, et i l'ouverture de la route de l'Inde par Vasco de Gama. Ce sont là autant de chapitres, ou pJutAt comme autant de stations de cette longue pérégrination i travers la période crépusculaire qui prépara lentement la renaissance de la lumière intellectuelle en Occident. Le professeur en aurait pu ajouter une huitième, l'invention de l'imprimerie, qui, dès le dénier quart du quinzième siècle, donna un si vigoureux et si rapide élan à la reprise des études cosmographiques : témoin cette longue suite d'éditions de Ptolénée, reproduites coup sur coup par les presses , toutes neuves encore, du nord de l'Italie %t de l'otiest de l'Allemagne,

toe BtmopE.

avec des additions de cartes nouvelles où l'on sait en qa«

que sorte d'acnée en année le progrès alors si rapide di

découvertes.

Telle est l'œuvre posthume du savant professeur ( Berlin; la publication qu'en a faite un de ses fervents dû ciples est un véritable service rendu aux études et à ' science, et elle se peut qu'ajouter à la juste réputation c son illustre auteur. Ce n'est pas sur quelques erreurs c détail, sur quelques vues incomplètes ou fautives, sur que qtfts étyœologies aventureuses qu'il faut apprécier ceti grande et belle esquisse de l'histoire d'une science qui tiei de si près à l'histoire mémti de l'esprit humain, mais su l'ensemble, le plan et le caractère général. Sous tous et rapports l'ouvrage est dî^ue du maître. Les faits sont vu de haut, bien groupés et bien ordonnés ; le plan se déroul larg^'ment ; les appréciations sont justes et souvent pro fondes; d'heureux rapprochements ajoutent tréqueœmeB à l'intérêt du sujet et du récit.

644. L. Fr. KIktz. Repertorium fOr Mateorologie. Dorpal, 1861, in-t t. 2.

64fi. A. UOhrt. Belirage zur Geo-Pbysik uod Klimalosrsphiâ. L«ipz

6)6. Bgcoiiehel. Db la délen prororiileura daoE U lern tti Hrndut des Béances l p. 1057-1062.

linslion des tempéralures k de grandr!

avec la tbermoiDètre électrique Cump s l'AcadËroie des sciences, SJuiDl8Ë3,

648. M. la Ticomie Flbdhiot dk Làsqlb , contre-amiral. Examen de: ouvriges de U. Hiiury, da U msrÎDe américaiDa, intitulés £*pIoiMlion aiiii lailing Dircctimi, et Phytûal gcogra^hy of ttti «a. Ptrii, 1863, iii-8. 43 pages.

GÉOGRAPHIE GiNÉRALE. 407

649. Alex. Bertrand. Lettres sur les révolutions du g^obe. NouYelle êdit. Paris, 1863, grand in-18, xyi-503 pages. (Hetzel).

Un de ces livres modèles qui sans rien faire perdre & la science de sa dignité sévère^ savent en mettre les données essentielles et les grands résultats i la portée de tous.

650. C. Daubent. Climate. An inquiry into the causes ofits différences , and into its influeDce on vegetable life, compruiing the substance of four lectures delivered before the Natural History Society, febr. 1863. Lond. 1863, in-8, 160 pages.

651. L. Pagel. Formule générale pour trouver la latitude et la longitude par les hauteurs hors du méridien. Paris, 1863, in-8, 40 pages.

Extrait des Annales hydrographiques ^ 186S, 3* trim., p. 870.

6â2. Ph. Garl. Die Principiender astronomischen lostrumentenkunde. Leipz. 1863, in-8, x-166 pages, mit 15 taf. (Voigt).

653. Will. Chauvenbt, prof* of astronomie , Washington university. A manual of spherical and practical asironomy ; embracing the gênerai problems of spherical applications to iiautical astronomy, and the theory and use of fiied and portable astronomical instruments. Philadelphia, 1863, 2 vol. in-8. (Lippincoit).

654 Guide dU marin; résumé des connaissances les plus utiles aux marins. Par MM. db Kerhallet , capitaine de vaisseau de la marine impériale; de Fréicinvillb , ingénieur-constructeur de la marine; Terqcem, professeur d*bydrographie ; Boutroux, ingénieur-hydrographe de la marine; et Ch. Laboulate, ancien officier d'artillerie. Paris, 1863 , 2 vol. in-8., illustrés de 300 gravures dans le texte et de cartes sur cuivre.

Cet ouvrage, qai jastifle son titre de Guide an plus haut degré, est divisé en cinqlivres : i«de la construction des navires, de leur armement, et de la vapeur appliquée à la navigation ; 2« de la navigation ; S* dé l'hydrographie; 4"* de la physique, des phénomènes atmosphériques et du compas; 5» des principales routes de navigation.

655. Anton Steixhausbr. GrundzOgp des mathematischen Géographie und der Landkaitenprojection. Wien, 1863, in-8, avec de nombreuses gravures dans le texte, et 3 cartes (Beck).

656. A. H. DicK. Compendium of mathematicai geography. London 1863, in-8 (Longman).

Le fond de ce livre est la Mathematische Géographie de Brettner ; mais ce n*est pas une traduction pure et simple.

657. D'AvBZAC. Coup d'oeil historique sur la projection des cartes de

gtographie. Bulletin de la eocUié de iféograpMe, «fril à Jidn 1863., p.2&7-361,43S485.

Le MTant aatenr de ce tn?ail paimit Avoir, depuis plnsieim anniet, dirige ses iOTettigatioDS, toujonn »i consdenciensemeDt approTondiei, mr lee edtés physiques et mathémstlques de la féographle. SI Ton avait quelque chose à regretter dans ce travail, ce serait l*abaenc« d*nne conclusion pratique, et surtout le manque de figures sans lesqnellM il est difficile et toujours ptnlble de suivre une loneoe série de formules et de démonstrations techniques. .

658. David Paob. Introdvctory Tftit-Book of physical geogn^by. Edimb. andLond. 1863, petit in-8t 193 pages.

6&9. L. FioniER. La Terra et les Mers, ou description pbysiqoe du gilobe. Paris, 1864, grand in-8, Y121-68O pages , avec de trè»* nombreuses illustrations (Hicbette). -

660. Arnold Gutot. TheEarih and llan; or. Comparative Phjsieil Geography. Translated from tbe manuscript French I17 C C. Fdton. 6th edit. with corrections, and a complète Index. London 1863, 12mo. 253 pages, wirth plates.

. Emil V. Stdow. Geographischer Leitfaden. Erste Abtheilung. Grunririss der allgemeine Géographie. Gotha, 1862, petit in-8, xii-230 pages, avec des gravures daus le texte (l^erthes).

Cette première partie d*un traité élémentaire que recommande suffisamment le nom de son auteur, est principalement consacrée à U géographie astronomique , mathématique et physique.

662. Jules DuvAL. Des rapports entre la Géographie et TÉconomie politique; suivi d'un tableau sypnotique des échangea intemitiuiiaux sur le globe. Paris, 1864, in-8, iv-lCO pages.

Je n*ajouterai que de courtes remarques à cette liste des publications de Tannée qui touchent aiur différentes parties de la physique du globe. Le petit livre de M. Page, en Angleterre (n** 658), est un eicellent compendium, ainsi que chez nous le volume magnifiquement illustré de M. Louis Figuier (n** 659) ; mais surtout nous ne saurions mettre trop haut le livre intitulé the Earth and Man (n® 660), livre qui dans une suite de discours présente un exposé très-bien fait des conditions générales du globe et de leurs rappoi ts avec l'homme. Les vues sont largenient présentées et dans une proportion bien conçue; il n'y a de détails querceux qui peuvent utilement concourir à la noMon

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