RÉGENCE DE TUNIS
vieux moDuments de Fantiquité grecque qui nous sq^nt parvenus, les caractères de l'inscription ne sont pas autrement désignés que par Tépithète de Phénicim$.
Nous avons voulu faire connaître, dans les traits essen* tiels de ses origines, de ses habitudes et de son organisation politique, la race aborigène du nord de TAfrique; bientôt, sans doute, des rapports habituels et tout à fait pacifiques populariseront parmi nous des notions maintenant peu répandues sur cette Afrique intérieure, dont notre établissement en Algérie a déjà tant agrandi Tborizon.
LES RËCENCES DE Tt'.MS ET DE TRIPOLI.
52. Voyage archéologique dans la régence de Tunis, exécuté (en 1860) et publié sous les auspices et aux frais de M. H. d'Albert, duc de Luynes, per Y. Guérin. Ouvrage accompagné d'une grande carte de la régence et d'une planche reproduisant la célèbre inscription bilingue de Thugga. Paris, Pion, 1862, 2 vol. grand in-8" de xv-/j38 et 395 pages.
53. Ruined ciliés withinNumidian and Carthaginian territories. By Nathan Davis. Lond., Murray, 1862, in-8** de xvi-391 pages, avec une carte.
54. Vivien de Saint-Martin. Sur les anciens sites de la Tripolitaine. Note lue à l'Académie des inscriptions et belles- lettres, dans la séance du 13 sept. Revue Archéologique j déc. 1861 (nouv. série, t. Il), p. 413-424.
— Morceau reproduit en allemand dans les Mittheilungen de Petermann, 1862, 1*' cah., p. 11-15, avec une carte.
Au cœur même de la contrée que nous nommons la régence de Tunis, de cette contrée qui fut jadis le centre de la domination carthaginoise et que plus tard les Romains couvrirent de leurs n^onuments dont il ne reste plus que d'informes débris, à vingt-cinq on trente heures de Tunis
1S6 AFBHIDI.
dans la (lirecUon du sud-4oest, un pauvre village appelé Dougga marque encore le site, comme il en cohserre le nom, de l'aoclenne cité punique de Thugga, qui fut aussi une colonie romaioe.
Au milieu des ruines de cette vieille cité détruite, plusieurs inscriptions en caractères inconnus avaient depuis longtemps attiré l'attention des voyageurs, et en particulier uo monument funéraire de grandes dimensions et d'un assez bel aspect, dont une des faces présentait une donble inscription tracée en regard sur la même tablette, l'une en caractères déjà connus pour être ceux des vieilles légendes phéniciennes, l'autre dans cette écriture indécbif&ée que l'on rencontrait également sur quelques autres pierres, et qu'avec une très-grande probabilité on supposait devoir être celle des Libyens ou Berbers aborigènes.
Cette présomption a été en effet con&rmée par les découvertes ultérieures, même avant que le capitaine Hanoteau ait restitué, dans sa Grammaire témachek', l'alpbabet complet de l'idiome des Touareg'. Cette inscription bilingue de Tbugga avait fort exercé, depuis quarante ans, la sagacité des orientalistes, d'abord pour l'ioterprétation de la partie punique, en second lieu pour le déchiffrement de la partie libyenne ; et lorsque la Grammaire de M. Hanoteau est venue mettre en&o aux mains des savants un instrument de lecture s&r et complet, on dut penser, naturellement, à revenir sur les tentatives déjà faites.
Le premier point, cependant, était de s'assurer que la copie que l'on avait du monument, copie relevée sur place, en 1832, par un voyageur archéologue anglais, sir Grenville Temple, de s'assurer, dis-je, que cette copie était parfaitement exacte. Un homme qui joint à un grand nom et à une grande fortune, dont il fait le plus noble usage, une