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sdeDce profonde pârticulièremeot appliquée aux antiquités phéniciennes, M. le duc Albert deLuynes» était préoccupé des questions qui se rattachent à ce monument bilingue de Thugga, questions dont l'importance dépasse de beaucoup celle qui s'attache à la généralité des inscriptions antiques, car il ne s'agit de rien moins ici, en remontant à ridiome des anciens Numides, que de constater, par la démonstration directe que peut fournir un monument contemporain des Carthaginois, l'identité delà vieille race aborigène avec les Berbers actuels. Historiquement, cette identité n*est pas douteuse ; mais une preuve écrite par le^ Libyens eux-mêmes, la seule de ce genre qui ait traversé les siècles, une telle preuve a pour les savants une valeur qu'il est aisé d'imaginer. Depuis quelques années, cepen* dant, les archéologues avaient congu de vagues inquiétudes au sujet du monument de Thugga. Des lettres d'Afrique parlaient de sa disparition ; du moins, plusieurs investigateurs l'avaient-ils vainement cherché au milieu des débris de l'ancienne ville.
Un objet d'une si grande conséquence méritait une vérification approfondie ; M. le duc de Luynes n'hésita pas devant les difficultés et les frais de cette recherche. Il résolut d'envoyer sur les lieux. Un pays riche en ruines comme la Tunisie devait être, d'ailleurs, pour un explorateur attentif, un champ fécond en découvertes archéologiques, même après les riches moissons qu'en ont rapportées, depuis cent quarante ans, Shaw, Peyssonnel, FaJbe, Grenville Temple, Berbrugger et Pellissier.
n fallait, pour une pareille mission, un investigateur exact, instruit, habitué aux recherches de cette nature ; M. le duc de Luynes a trouvé cet investigateur dans M. Victor Guérin.
Ancien élève de notre école d'Athènes, cette riche pépinière d'explorateurs et d'archéologues, connu par deux excellentes monographies sur quelques-unes des îles les
plus importantes de l'Archipel grec*^ rompu aux fatigues des courses en Orient par un précédent voyage en Palestine et en Egypte, M. Guérin présentait toutes les garanties d'une bonne et fructueuse expédition. Le voyage a .d'ailleurs répondu pleinement aux espérances de 3on gé* néreux instigateur, s*il ne les a dépassées.
Quant à l'objet principal du voyage, les appréhensions ne se sont^que trop réalisées ; la pierre bilingue de Thugga n'est plus en Afrique. Mais en même temps que M. Guérin en constatait la disparition, M. de Luynes recevait à ce sujet des renseignements positifs. Le monument est à Londres, déposé au Musée britannique.
C'est surtout depuis le voyage de sir Grenville Temple qu'on en avait compris toute l'importance ; les Angles, qui ont toujours l'œil ouvert sur les conquêtes utiles, n'avaient pas perdu celle-ci de vue. 11 y a dix-huit ans environ, le consul général d'Angleterre à Tunis, M. Thomas Reade, se rendit à Thugga, fît démolir à demi le mausolée afin d'en détacher le bloc sur la face duquel la double inscription est gravée, et fit transporter la pierre à Tunis, où elle fut embarquée pour l'Angleterre. M. de Luynes a pu en obtenir un moulage, dont il a fait graver une copie réduite avec une exactitude scrupuleuse. Cette planche, qui a été jointe à la relation de M. Guérin, permettra aux orientalistes d'en reprendre l'étude, et sûrement, avec les nouveaux moyens d'élucidation qu'ils ont maintenant à leur disposition, d'en donner une traduction tout à fait certaine. «
Les explorations dont M. Victor Guérin a consigné les résultats dans les deux beaux volumes que nous avons sous les yeux ont un double caractère et une double importance. Ils sont extrêmement importants pour l'étude archéologique du pays , ils ne le sont pas moins pour la
]. Rhodes, Samos et Patmos, 1856.
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géographie. Aux archéologues, l'explorateur apporte cinq cent soixante-huit inscriptions, dont vingt-huit puniques, une libyque ou berbère, et trois coufiques ; toutes les autres sont latines. Parmi ces inscriptions, il en est un bon nombre de nouvelles ; et celles même qui étaient déjà connues tirent une nouvelle valeur de Texactitude absolue des copies, la plupart faites sur moulage.
Ces inscriptions sont en grande partie funéraires. Toutes n*ont pas sans doute la même importance : il en est un grand nombre de tronquées ou qui appartiennent, comme la plupart des marbres de nos cimetières, à des individualités obscures; mais il en est beaucoup aussi qui font connaltredes particularités utiles pour l'histoire de la colonisation romaine et de Tadministration municipale, ou qui confirment, qui parfois même révèlent Tidentification de sites anciens. C*est, au total, un riche appendice qui vient s'ajouter à rinappréciable recueil des inscriptions romaines de l'Algérie publié par M. LéoQ Rénier. La révision du profond épigraphiste dont nous venons de prononcer le nom ajoute encore aux garanties d'exactitude des inscriptions consignées dans la relation de M. Guérin.
Pour la géographie, quatre itinéraires, fournis par quatre excursions successives qui ont sillonné la régence en divers sens et dans toute son étendue, ajoutent de bons matériaux aux documents antérieurs. Ces itinéraires, que nous avons tout lieu de croire bien étudiés, sont rapportés sur une très-belle carte à grande échelle basée sur celle du dépôt de la guerre. Cette carte n'est pas un des moindres ornements de la relation.
Voilà pour le fond du livre; de la forme nous avons peu à dire. L'auteur, excité sans doute par le lyrisme de M. de Chateaubriand, s'abandonne aussi, dans les premières pages de son livre, aux inspirations qu'apporte la vue d'une nature nouvelle; mais bientôt il abandonne toute velléité descriptive, et revient aux formes les plus simples du
^**. »v.o *i^owca a peiutî reconnaissables couvrenl iijourd*hui déserte, ù trois heures de Tunis dai on du nord-est; et sur les bords des la^unei bkhas, de Pharaoun, qui représeatent le lac Qciens, célèbre à la fois dans Thistoire et dans es mythologiques de la plus ancienne poésie c t, à ce propos, nous aurions pu exprimer le attention de l'explorateur n*ait pas été appelée ir la rivière Tritonis, par laquelle le lac s'éco ans le fond du golfe de Gabès, où, comme disait îens, dans la Petite Syrte, écoulement dont il ne ms intérêt de reconnaître la trace, que Ton eut-étre suivre encore dans la dépression que 1 [. Guérin a bien exprimée, entre les sibkhas et ette rivière, au temps d'Hérodote, formait l on de plusieurs tribus notables, établies dans < i terre africaine.
Parmi les territoires que M. Guérin a visités d Igion extrême de la régence, il en est un, celui loua, qui, sans doute, se serait recommandé d ière plus particulière à son inti^rAt «'îi otroî* •»«-