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I. Mittheilmgen, 1862, n« 10, p

l*afBnne, et les voyageurs sont convaincus que le moins qui pourrait leur arriver , s'ils se hasardaient dans les limites du sultan du Dàrfour, serait d'y âtre retenus captifs, comme Test depuis deux ans un envoyé du vice-roi d'Egypte. %

Voilà donCy au moins de ce côté, la grande entreprise allemande abandonnée.

Le comité de Gotha a été un peu abasourdi du coup, comme on peut croire. Son organe, le journal géographique du docteur Petermann, n'a fait au premier moment aucune réflexion sur cette fâcheuse nouvelle, si ce n'est que l'espoir du comité se reportait désormais tout entier vers H. de Beurmann, qui va tenter, comme nous l'avons dit, d'aller du Fezzan au Bornou, et du Bornou au OuadAy, en contournant le sud du lac Tchad. Ses dernières lettres, écrites à la veille de son départ pour le Bornou, sont datées de Mourzouk, 20 juin.

L'itinéraire que se trace M. de Beurmann est préciser ment celui qu'a suivi, il y a six ans, l'infortuné Vogel. Il est néanmoins permis de bien augurer de l'entreprise de M. de Beurmann. Le sultan duOuadàyestmort (celui quia laissé assassiner Vogel), et on assure que son successeur se montre disposé à rétablir les communications commerciales, interrompues depuis longtemps, entre son pays et les contrées environnantes. C'est du moins ce qui résulte d'une lettre écrite en Europe par le vice-consul anglais à Tripoli.

On a un djouble journal de la route du voyageur, depuis Benghazi jusqu'à Mourzouk, en passant par Toasis d'Aoudjélah (13 février — 28 avril) : l'un adressé au comité de Crotha, et publié au n° 8 des Ergànzungshafte^ p. 68-78 ; l'autre, moins circonstancié, mais qu'il est bon de rapprocher du précédent pour quelques particularités , compris dans une lettre adressée au docteur Barth et imprimé au cahier de juin 1862 du Journal de géographie de

Berline Des dépèches ultérieures, qui vont jusqu^au 1» décembre 1862, font connaître le départ du voyageur de Mourzouk et son heureuse arrivée au Bornou. Une série de documents scientifiques, joints à ces dépèches ou antérieurement reçus, ont été tout récemment publiés dans un nouveau cahier des Ergànzungshefte {n? 10, décembre 1862, p. 84 à 96), avec une carte où sont rapportés les itinéraires de M. de Beurmann depuis Benghazi, appuyés sur ses observations astronomiques.

Pendant son séjour à el-Obeîd, M. Munzinger put enfin recueillir sur le sort de Vogel des informations qui ont tous les caractères de la certitude la plus complète. Déjà depuis longtemps il n'était plus guère permis de conserver aucun doute raisonnable sur le sort du malheureux voyageur ; mais nous avons ici pour la première fois un récit qui nous fait connaître les véritables circonstances du fatal événement. M. Munzinger a reçu ces détails d'un musulman nommé Mohammed, né à Ghinghéti , dans le pays d'Adrar (entre Timbouktou et la mer), qu'il a quitté il y a plusieurs années pour faire le pèlerinage de la Mecque, où il a accompagné son maître Cbe'ikh-el-Abidln.

Mohammed, qui se trouvait à el-Obeid en même temps que MM. Munzinger et Kinzelbach, rapporte qu'au printemps de l'année 1272 (1856), il se trouvait avec son maître à Masséna, dans le Baghirmi (grand pays au sud du lac Tchad), lorsque le chérif (Vogel) y arriva; c'était au commencement des chaleurs. Vogel fit dans cette ville, où résidait le sultan du Baghirmi, un séjour d'un mois environ; il était accon\pagné de son serviteur, né au Fezzan, avec lequel Mohammed lia connaissance. Celui-ci et son maître El-Abidln quittèrent Masséna peu de temps après Vogel pour se rendre au Borgou, contrée qui confine au Ouadây du côté du nord. Ce fut pendant ce voyage

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