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Ibid., n» 10, p. 386-387, et nMl, p

(ton, 1860 imd 61 (Voyages de M. de Beurmann en Nubie et dans le Soudan, de 1860 à 1861).

M. Moritz de Beurmann , qui vient de reprendre , par la route même que suivit Yogel en 1855, la tentative périlleuse de s'ouvrir raccès du Ouadây, n'avait que vingt-cinq ans lorsqu'on 1860 il entreprit un voyage dans les hauts pays du Nil. Porté de bonne heure vers l'étude des sciences physiques et de Thistoire naturelle, ayant d'ailleurs pris une teinture de la langue arabe et s'étant suffisamment habitué au maniement des instruments pour les déterminations astronomiques, il n'arrivait pas dans ces territoires nouvellement ouverts à la science avec le léger bagage d'un simple touriste. Une première tentative de gagner le Senna*ar par Korosko fut interrompue par la nouvelle que des fièvres dangereuses, auxquelles venait de succomber le baron de Bamim * , régnaient dans ces cantons. Quelques mois après, cependant, il repartit du Caire et vint s'emharquer à Suez pour Massâoua, d'où il gagna Khartoum en traversant le Taka. 11 avait espéré trouver à ELhartoum un de ses compatriotes, M. de Harnier, qu'il savait avoir le projet de remonter pour la seconde fois le fleuve Blanc ; mais ce dernier était parti depuis huit jours pour son excursion *, et M. de Beurmann, trouvant la saison bien avancée, reprit le chemin du Taka et de Massâoua pour revenir en Europe. Les notes publiées de ces courses un peu rapides sont au n" 7 des Erganzungshefte des Mittheilungen (de Korosko à Abou-Hanuned et au canton de Berber), au n** 10 de 1861 des Mittheilungen mêmes (p. 369-371, aperçu général des routes du voyageur), et aux no* 2 à 7 de 1862 (de Souâkïn à Massâoua et de Massâoua à Khartoum et retour). L'intérêt de ce premier journal est surtout de montrer ce qu'on peut attendre du, voyageur dans l'entreprise où il est maintenant engagé.

1. Autre voyageur allemand qui visita le Soudan égyptien en 1859 , et dont le compagnon, M. le docteur Hartmann, a publié récemment un intéressant morceau sur les steppes de Baïoûdad, entre Méroé et Dongolah.

2. Qui devait lui coûter la vie. M. de Harnier a succombé, le 23 novembre 1861 , aux fièvres paludéennes du haut Nil, qui, un peu plus tard , ont aussi enlevé à la science le docteur Peney. Les Mittheilungen ont publié (4* n" de 1861 , p. 129-133) des notes intéressantes, quoique succinctes, recueillies par M. de Harnier dans la haute Nubie en 1859.

8^ ReUe in Nordost-Afriha xmd làngs des Rothm Meeres im Jahre 1857, von Th. v. HaugUn (Voyage dans la nordest de TAfrique et sur les côtes de la mer Rouge, en 1857). MiUhrilungm, 1860, n^ 9 et 10, p. 325-358, 418-437; avec un appendice zoologique {Forschungenûber die Fauna des Rothen Meeres und der Samdli-Kûste)y au n*" 1 de 1861, p. 11-32.

Le voyageur remonte le Nil du Caire à Kénèh, et coupe le désert de Kénèh à Kosseïr par la route ordinaire des caravanes. A Kosseir, il s'embarque sur un bâtiment arabe, et longe ainai le côte de rancienne Troglodytique. 11 touche à SouâkïQ et à Massâona, voit rentrée du golfe d'Adulis (que les Arabes nomment aujourd'hui Goûbèt Kafr, et aussi Goûbèt Azoulèh), et l'archipel de Dablak, puis continue de suivre la côte des Danakils, franchit le Bab-el-Mandeb, contourne le fond du golfe d'Aden où s'ouvre la baie profonde de Tadjourah, voit Zeïlah et Berbérah, et s'avance au long de la côte des Somâl (l'ancienne Regio Cinnamomiferd) jusqu'au port appelé Bendèr-Gâm (à peu près à mi-distance de Berbérah au cap Guadarfuy) où se termine son excursion nautique. Son bâtiment coupe de là directement sur Aden, d'où le voyageur rentre dans la mer Rouge pour regagner Suez. — Le journal, dont l'étendue serait assez considérable pour former un honnête volume, est plein de notes et de remarques instructives sur la nature de la côte, sur les populations littorales, sur les concordances des sites indiqués par les documents grecs et latins avec les localités actuelles (cette partie du journal appellerait de nombreuses observations), etc., etc. La relation est accompagnée d'une grande carte en deux feuilles de la mer Rouge et du pays somalt, où la côte, tracée d'après la carte de Moresby, est très-riche en détails nouveaux.

3* Dos Land and Volk der Tebu. Versuch einer geographischen und ethnographischen Skizze der ôstlwhen Saharû (Le pays et le peuple Tébou. Essai d'une esquisse ethnographique et géographique du Sahara oriental) , von docteur E. Behm (Dans YErgànzungsheft n* 8 des MiUheilungenj juin 1862, p. 31-67).

L'espoir qu'arait eu originairement M. de Beurmann de pouvoir aU«r directement de Bngbâzi au Ouadây à travers le pays inexploré dés Tiboû (ou Tébou) donna à M. Behm la pensée de réunir dans un travail d'enseinble tout ce qu'on a pu recueillir jusqu'à présent d'informations ^r la nation des Tiboû et la vaste contrée où leurs tribus sont répandues, dans la partie orientale du Sahara. De là eti sorti le travail que publient les Mitiheëungen^ travail considérable, élaboré avec soin, et aussi coibplet qu'il pouvait l'être dans l'état des notions acquises sur un peuple chez lequel jusqu'à présent (sauf la ligne de route qui conduit directement de Mourzouk au Bornou) aucun Européen n'a pénétré. Il y aurait bien quelques observations à faire sur quelques-unes des vues ethnologiques de Tauteur ; mais dans un sujet où Ton possède encore si peu de données certaines ^ précises, toute discussion critique serait prématurée.

4" Inner-Afrika, nach dem stande (les geographischen Kenntniss im Jahre 1861 ; nach den Quellen bearbeitet von A. Petermann und B. Hassenstein (L'Afrique intérieure d'après l'état des conûaissances géographiques en 1861; élaborée d'après les sources, par A. Petermann et B. Hassenstein).

Quoique le travail dont nous venons de transcrire le titre ne soit que la première épure d'une œuvre définitive, il n'en restera pas moins comme un des plus remarquables qu'ait produits la géographie critique sur les régions encore imparfaitement connues du continent africain. Pour éclaircir et faciliter les invesy gâtions de la mission scientifique envoyée au Soudan, et en même temps pour en suivre avec plus de fruit et d'intérêt les explorations présumées, M. Hassenstein, sous la direction du docteur Petermann, a entrepris la rédaction d'une carte à grande échelle (0«.550 au degré) du Soudan oriental et de l'Afrique équatoriale. Cette carte s'étend depuis le parallèle du Caire au nord jusque vers le 8* degré de latitude australe, et depuis le méridien central du lac Tchad jusque un peu au delà du méridien de Khartoum. Sur les dix feuilles dont elle doit se composer, huit sont déjà publiées dans trois numéros (le 7*, le 8« et le 10*) des cahiers complémentaires {ErgdnzwigshefU) des Mitthei" lungen; plusieurs parties de ces premières feuilles étonnent par les détails qu'on y a déjà pu réunir sur des territoires gêné-

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ralement regardes comme à pea près inconons. Mais ce qui ajoute singulièrement à l'intérêt de cet exeelleiit travail, ce sont les documents inédits dont chaque feuille est accompagnée. Aux feuilles 4 et 6, qui donnent le cours du Nil depuis Korosko (où commence le désert nubien) jusqu'à la grande région des marais du fleuve Blanc, les éditeurs ont joint : 1" le journal de la traversée du désert nubien, de Korosko à Abou-Hammed, par M. de Beurmann, morceau que nous venons de mentionner dans Tarticle précédent; 2' le voyage de M. Theodor Kotschy au Kordofan en 1839, morceau d'un grand intérêt pour Tétude naturelle et la flore du pays * ; 3o le voyage de M. Brun-RoUet dans la région marécageuse du lac Nô et du Bahr el-Ghazal \ — Les mémoires joints en appendice aux feuiUes 1 , 2 et 3 de la carte (Erganzungsheft n* 8), sont les deux morceaux déjà mentionnés, le travail de M. Behm sur les Tiboû, et le journal de M. de Beurmann, de Benghazi à Mourzouk. — Enfin, avec les feuilles 5. 7 et 9 (Ergànz. n* 10), les éditeurs ont donné l'excursion d'un voyageur italien, le marquis Orazio Antinori, du Bahr el-Ghazal au pays de Djour dans la haute région du fleuve Blanc (voyez ci-dessus, p. 22).

La carte en dix feuilles du Soudan oriental a pour complément nécessaire la carte de la Haute-Nubie également construite par M. Hassenstein, et qui forme, avec le mémoire analytique dont elle est accompagnée, le n® 6 des Erganzungshefte. Le mémoire de M. Hassenstein y est suivi d'un morceau adressé de Djedda en 1861 par M. de Heuglin, sous le titre Fin arahischer Schrifteller iiber die Bedja-Lànder (un écrivain arabe sur la contrée des Bedjas). Cet auteur n'est autre que Macrizy. Le document n'est pas nouveau pour nous ; il était déjà connu par la traduction française que M. Etienne Quatremère en a donnée en 1811 au tome II, p. 135 à 156, de ses Mémoires géographiques et historiques sur l*Égfjpte^ et par la traduction anglaise faite au Caire par Tilluslre voyageur Burckhardt sur un manuscrit plus correct que celui de M. Quatremère, et imprimée à la suite de ses Travelsin Nubia édités en 1819 par M. Leake. Ces deux versions sont d'ailleurs plus complètes que celle de

1. M. Kotschy, le voyageurnaturaliste bien connu, fit son voyage de 1839 aux contrées du haut Nil en compagnie de M. Kussegger, l'excellent explorateur. Nous retrouverons le nom de M. Kotschy parmi ceux que nous aurons à mentionner bientôt dans TAsie occidentale.

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