Voyez ci-dessus, p
M. de Heuglin; mais les remarques dont celle-ci est accompagnée peuvent être utiles*
$ s. Autrei pablicaHom' récentes lor le Soudan et la Noble. Butb. Nagel. Cony. Trémetnx. Yifioi de Saint-Martin.
Avant de clore cette section de notre histoire de la géographie africaine durant Tannée 1862, nous avons encore à faire* connaître un certain nombre de publications détachées qui touchent à diverses parties du Soudan. Nous avons déjà mentionné le recueil de vocabulaires annotés dont M. Barth vient de publier la première partie (voy. cidessus, p. 135 , le n* 59 de notre nomenclature bibliographique du Soudan). M. Barth avait déjà donné, dans les appendices de sa grande relation, plusieurs spécimens des langues africaines qu'il a eu occasion d'étudier dans le cours de ses longues explorations à travers le Soudan; cette publication reprend le sujet à fond et forme le. complément naturel de ses cinq précédents volumes. Les vocabulaires compris dans cette première partie sont ceux des langues kanoûri,tédâ(tiboû), haoussa, foulfouldé (foulah), songhaï, logoné, ouandalâ, bagrimma et mâba. L'auteur a écrit l'ouvrage en deux langues, afin de l'adapter également à l'édition allemande et à l'édition anglaise de sa relation.
L'aperçu historique des voyages dans l'intérieur de l'Afrique par M. Nagel {u? 60) a pour objet de populariser en Allemagne cette page de l'histoire contemporaine dont les noms de Barth, de Vogel et de Heuglin font pour les Allemands presque une histoire nationale. L'auteur raconte les incidents de la longue exploration du grand fleuve du Soudan, depuis MungoPark jusqu'au docteur Baikie, ceux de la reconnaissance du fleuve Blanc depuis l'expédition égyptienne de 1840, et enfin les courses aventureuses de
Barth et dQ ses compagnoDS dans le Soudan; et il s'attache surtout à faire ressortir Timportance des nouveaux rapports que ces fructueuses expéditions doivent ouvrir entre TAfrique intérieure et les nations commerçantes du monde civilisée
Le docteur Charles Cuny, Français d'origine, comme son nom rindique, appartenait à cette colonie scientifique qui, depuis trente ans, a mis tant d'hommes distingués au service de Mohammed-Ali et de son digne successeur Saïd- Pacha. Médecin en chef de la province de Siout, il y avait eu de fréquents rapports avec les caravanes de l'intérieur du Soudan qui arrivent annuellement en Egypte, et depuis longtemps il avait conçu la pensée de visiter le Dàrfour. Il s'était mis, par Tintermédiaire des chefs de caravanes, en rapport avec le sultan de cette grande oasis soudanienne, et il en avait reçu rautorisation d'entreprendre le voyage. Il se mit en route au mois de novembre 1857, et remonta la vallée du Nil jusqu'à Abou-Gossi (ou Abou-Goûz), près du vieux Dongola (Dongola-Ago^), non loin du grand coude que forme le Nil lorsque, après avoir enveloppé d'un vaste circuit la contrée pastorale de Babioûdah , il reprend sa direction au nord, qu'il conservera jusqu'à la mer. Ici le docteur et sa caravane quittent le Nil, pour se porter directement au sud vers le Kordofan , à travers le désert.
1. Qu*il nous soit permis de rappeler que nous avons envisagé ce sujet au même point de vue, dans le dernier des trois articles que nous avons consacrés, dans la Bévue germanique , à Thlstorique de la grande expédition de 1849 (n« d'octobre 1860, p. 121 et suiv.). Nous avons d'heurs aussi en français une histoire populaire des récents voyages dans TAfrique du Nord, par M. Ferdinand de Lanoye, outre le volume de M. Alfred Jacobs dont il va être question tout à l'heure. L'ouvrage de M. de Lanoye, écrit du style rapide et facile qui ajoute Tagrément à Tinstruction , a pour titre : Le Niger et les explorations de V Afrique centrale, depuis Mungo Park jusqu'au D' Barth. Deuxième édition. Paris, Hachette, 18G0, 1 vol. grand in-18 de 612 pages, avec une carte.
Cette route est bien connue des caravanes indigènes; mais elle a été suivie par peu d'Européens \ et c'est à la description circonstanciée que le docteur en donne que son journal doit son principal intérêt. Le docteur arriva à El- Obeïd (ou plus correctement Lobeidh), capitale du Kordofan, le 5 avril 1858, après quatre mois et demi de marche depuis Siout ; c'est là que se termine la première partie de son journal, la seule que nous possédions, grâce à M. le comte d'Ëscayrac de Lauture, à qui le vojrageur l'avait fait parvenir en Egypte, et qui vient de la publier (n** 61). Le docteur dut quitter El-Obeïd vers la fin d'avril ou dans le courant de mai, pour se rendre au Dârfour; mais sur cette partie du voyage on n'a aucun renseignement direct. On sait seulement que, pris d'une maladie subite à son arrivée au Dârfour, il y succomba le cinquième jour, laissant seul et sans protection son jeune fils, à peine âgé de onze ans% qu'il avait amené avec lui tant était complète la sécurité que lui donnait la parole du sultan. Des bruits sinistres se répandirent néanmoins sur cette mort si prompte ; on a vu précédemment, dans le récit que nous avons fait de la tentative avortée de M. MÛnzinger', que le sultan repousse avec force ces imputations, et qu'elles ont même été pour lui une des raisons principales de refuser aux voyageur allemands l'autorisation de traverser le Dârfour pour .« rendre au Ouadây. Quoique M. Munzinger paraisse mett très 'fortement en doute ces protestations du chef du D/ four, nous n'oserions nous prononcer à cet égard d'i manière aussi affirmative. Ce qui est certain, c'est qu triste fin du docteur Cuny nous a privés d'informat
1. Le comte de Schlieffen a suivi, ea 1853, précisément le itinéraire que le docteur Cuny, comme on le voit par la grand de M. Hassenstein (feuille 4) ; mais son. journal n'a pas été ^ La route suivie par RQppell, en 1825, est un plus orientale.