feuille : Bas en-Nakùra lo el-Arisb
86. Carte de Liban, d'après la reconnaissanea de la brigade topograpbiquB du corps eipéditionnairB de Syrie, en 1860-1861, dressée au Dépât de ta guerre. Paris, 1862, 1 feuille grandmonde.
87. Rapporlsur la carte du Liban publiée parleDËpfll de la guerre, par C. Uauhoir. Balklin de la SoeiéU de géographie , octobre 1863, p. 263-269.
88. Miision archéologique de Phénicie. Premier rapport ds U. Ernest Resam i l'Empereur (Jfont*««r, février 1861); second Rapport (l'bid., 8 et II juillet); Iroisième Rapport (ibid-, féirier 1862).
89. Obserrations sur l'un des Rapports de U. Benan ï l'Empereur, par H. Poulain df Bossât. Bulletin delaSotiitide g/ografitie, janvier 1862, p. 5-17, avec le pUL de Tyr.
9a TheDruiea and Ihe Haroniles under the Turkish ruie, from 1840 to 1860; by colonel CatmcBiLt- London, Quaritcb, ISSÏ, iD-8, T-2B& pages.
91. Etquifie de l'étal politique et commetcial de 1* S;rie, par H. HeoriGDTS.caïuul de Francede première classe, an retraite. Paris, 1863,111-8, 312 pages, avec 8 Ubleaui (chez Fnnce).
03. Atis dem Heiligsn Lande (Notes ècriteq de la Terre-Salota); Ton CoDstantin TiBCMNSoaF. Leipzig, Brockhaus, 1861, ln-8. Carte et illustrât] ans.
03. HelchioT de Voùùt et W.-H. Waddikctoh. Eieuiûoii arehAologique ati Eaour3ji. Extrait d^une lettre de 11. de Vogué t U. Renan (juiD 1B63). Dantls Annie arcMologique, octobre, p. Î44-Î5Î.
— Eitnit d'une lettre du D'Wetutein, consul de Pruue i Damas (sDallemand). Dans la ZeiUehri/ï fur di« allgtmeint ETdktmdt de Berlin, n° 111, septembre 1861, p. 209-316.
On n'a pas oublié encore avec quel frémissement d'indignation l'Europe apprit, vers le milieu de 1860, le massacre des Maronites dans les vallées du Liban. La détestable politique des agents du gouvernement turc, fomentant de vieilles inimitiés de race entre des populations également odieuses au fanatisme musulman, faisait encore une fois couler des flots de sang chrétien au milieu des ruines et de l'incendie. Répondant le premier au sentiment général, et obligé d'ailleurs plus étroitement qu'aucune des autres puissances par le protectorat séculaire de la France vis-àvis des Chrétiens de Syrie, le gouvernement français prit dès la première heure l'attitude énergique que les circonstances Ini commandaient. Une eipédition fut immédiatement résolue. Malgré l'apathie calculée de quelques-uns des cabinets de l'Europe et le mauvais vouloir du plus proche de nos alliés, notre escadre prit promptement la mer, et le 16 août notre drapeau flottait sur la côte syrienne. On sait quelles sortes de difficultés l'expédition y devait rencontrer, quels adversaires elle eut à combattre.
quelles influences occultes elle dut surmonter. On sait aussi quel a été le résultat de notre énergique et prompte intervention; si nous n'avons pu éloigner tous les éléments da désordre qui menacent incessamment la paix de l'Orient, les plus dangereux au moins ont été conjurés, et nos adversaires, avoués ou secrets, se sentent dominés par une infatigable surveillance. Cette expédition syrienne de 1860, M. Ernest Louet, un de ceux qui en ont fait partie, vient d'en publier un récit complet (n° 83) qui se lit avec un vif et douloureux intérêt. Le style de l'auteur a la franchise et l'entrain militaires ; ses appréciations sont d'un homme de sens et d'un cœur loyal; ses observations, là où il prend le rôle et Taccent du voyageur, sont simples, nettes, bien senties et bien exprimées. Le livre survivra aux circonstances qui l'ont inspiré.
Cette fois comme toujours, la science a eu sa part dans les événements. Notre flotte a mis à profit sa présence sur la côte phénicienne pour rectifier ou compléter en plusieurs points cette partie extrême de la Méditerranée (n** 84), en môme temps que les officiers anglais achevaient le relèvement complet de la côte syrienne, commencé en 1858 sous la direction du commandeur Mansell. La grande et belle carte générale dont l'amirauté britannique vient de terminer la publication est en trois feuilles, à l'échelle de 4 lignes (8 millim. 46) au mille nautique.
Dans l'intérieur, les nombreuses reconnaissances de nos officiers ont fourni les éléments d'une carte du Liban semitopographique (n*' 86), qui est une acquisition d'un grand prix pour la géographie positive de la Syrie. Un excellent rapport de M. Maunoir à la Société de Géographie (n*» 87), en même temps qu'il fait bien connaître les bases de la carte et ses éléments, en fait bien ressortir aussi le mérite ; nous ferons remarquer de plus que le cadre qu'elle embrasse étant presque identique à celui d'une carte de la Syrie méridionale publiée en 1860 par M. Henri K\eçerl,
Thabile et savant géographe de Berlin S il est facile de constater ce que le travail de nos officiers a ajouté aux acquisitions antérieures. Des œuvres cartographiques telles que celles-ci ne frappent pas l'esprit de la foule ; mais elles restent comme des documents d'une valeur que peu de livres peuvent égaler.
La mission archéologique de M. Ernest Renan» dont les résultats ont été exposés dans trois rapports successifs adressés à l'Empereur et imprimés au Moniteur {n? 8S}^» est encore un des fruits indirects de l'expédition de Syrie. La géographie est restée presque étrangère à cette mission du savant académicien » et elle n'aura donné aussi que de faibles résultats même à l'épigrapbie; mais l'histoire, encore si incomplète, de Tart phénicien, y trouvera des sources d*étude aussi neuves qu'abondantes. Quelques passages du second rapport de M. Renan relatifs à la topographie de l'ancienne Tyr, ont donné lieu à des observations d'un des professeurs émérites de l'Université, M. Poulain de Bossay (n^ 89), que des études antérieures ont familiarisé avec l'ancienne géographie du littoral phénicien' .
Le livre de M. le colonel Churchill sur les Druzes et les Maronites (n® 90) a un caractère essentiellement historique ou politique ; l'auteur était déjà connu par un premier ouvrage publié il y a dix ans sous le titre de Mount Libanon^ a ten years' résidence^ from 1842 ta 1852 (3 volumes).
1. La carte de M. Kiepert est au 300 1000'; celle du Dépôt de la guerre au 200 1000*.
2. On peut en voir Tanalyse dans les Comptes-Rendus de rAcadémie des inscriptions de M. Ern. Desjardins, t. V (1861) , p. 35 et 150, et t. VI (1862), p. 22; avec le résumé des observations et des discussions archéologiques auxquelles la lecture des Rapports a donné lieu au sein de l'Académie.
3. Un mémoire de M. Poulain de Bossay, intitulé Recherches sur la topographie de Tyr^ avait été publié dans le Bulletin de la Société de géographie de février 1861, p. 89-145, avec un plan particulièrement étudié de la vieille métropole phénicienne.
Bien placé pour apprécier les événements^ le colonel y raconte dans leurs effroyables détails les massacres et les dévastations qui ont nécessité notre expédition. L'auteur ne s*y fait nullement l'écho de la politique sans entrailles de son gouvernement; témoin des horreurs qui ont ensanglanté le malheureux pays, il se livre sans réticence à l'indignation qu'elles lui inspirent. Il ne nous restait d'ailleurs guère à apprendre sur ce triste sujet après la publication de M. François Lenormant, fils de l'illustre archéologue ^ M. Lenormant et le colonel Churchill sont parfaitement d'accord dans leur récit des circonstances principales de ce * terrible drame, aussi bien que dans leur appréciation des causes qui l'ont préparé. Les plus coupables, nous l'avons dit, ce ne sont pas les Druzes, instruments fanatiques du crime : c*est sur les froids instigateurs des massacres, sur les agents bien connus de la politique du gouvernement turc, qu'en retombe la plus lourde responsabilité. Quant aux dogmes religieux et au culte des Druzes, il reste peu à dire après l'étude approfondie de M. Silvestre de Sacy*, travail à côté duquel il faut aussi rappeler un mémoire du professeur Petermann que nous aurons à signaler tout à l'heure.
Nous citons pour mémoire le volume de M. Tischendorf ; mais il faut placer sur une autre ligne celui de M. Henry Guys (n° 91). M. Guys a occupé avec honneur pendant de longues années le poste de consul de France à Beyrouth et à Alep, et nul mieux que lui ne connaît cette partie de TOrient, sur laquelle il a depuis dix ans publié plusieurs écrits*. Sa publication actuelle présente un tableau circonstancié de ce qu'un statisticien de profession
1. Histoire des massacres de Syrie en 1860; Paris, 18G1, brochure de 156 pages.
2. Exposé de la religion des DruxeSj tiré des livres religieux de cette secte; Paris, 1838, 2 volumes.
3. Nous rappellerons seulement les trois principaux : Stotisd'que du
appellerait les forces productives et oommerciales de la Syrie, et Ton y trouve en outre de bons renseignements géographiques sur les cinq pachaliks entre lesquels les Turcs la divise, ainsi que sur le Liban dont la nature a fait une division à part dans la configuration générale du pays. Quiconque voudra bien connaître la Syrie et ses ressources ne peut consulter un meilleur guide.
$ 2. Coones archéologiqoei de MM. Henri WaddiDgton et Melcbior de Vogflé.
n nous reste à mentionner une exploration d'un tout autre caractère, et qui nous transporte aussi dans une autre région de la Syrie.
Cette exploration, due à deux voyageurs français, M. Melcbior de Vogué et M. Henri WaddiDgton> connus l'un et l'autre par de savantes recherches en Asie mineure et en Syrie, a été surtout archéologique, et elle nous transporte aux extrémités orientales du Haourân, sur les confins des solitudes sablonneuses du nord de l'Arabie.
L'excursion des deux explorateurs n'est connue jusqu'à présent que par des fragments de correspondances (n® 93) ; ces rapides informations sont néanmoins suffisantes pour éveiller au plus haut point l'intérêt des savants, et faire attendre avec impatience une relation plus étendue.
Le Haourân, en prenant le mot dans une acception tout à fait générale, est le plateau montueux qui s'étend à l'orient du Jourdain et au midi de Damas. Couverte de ruines innombrables et habitée seulement par quelques tribus à demi pastorales , cette contrée que visitent peu d'Européens et où se sont réfugiés, il y a deux ans, les
paehalik d'Àlep^ Marseille, 1853, in-8 de 134 pages; Voyage en Syrie^ peinture de mceurs^ 1855, 1 volume ; Beyrouth et le Liban , relation d^un séjour de plusieurs années f etc. 1860, 2 volumes.
Dnizes échappés du Liban, Jut une des plus belles provinces et des plus populeuses de la Syrie romaine. L'iovasion des Arabes sous les derniers khalifes en commença la ruine ; la domination destructive des Ottomans Ta consonmiée. Sur la frontière orientale duHaourân, et formant en quelque sorte le vestibule du désert qui de là se pro«> longe jusqu'aux rives du bas Euphrate, il existe un canton de nature volcanique, présentant l'aspect d'un pays bou» leversé par les feux intérieurs : on le nomme le Safah. Ce canton, de même que le désert pierreux de Harra qui lui est contigu, est pour les tribus voisines une terre de légendes ; jusqu'à ces derniers temps, aucun voyageur n'y avait pénétré. Un anglais, M. Cyril Graham, et M. Wetzstein, consul de Prusse à Damas, sont les premiers qui, presque simultanément, il y a cinq ans, en ont forcé la barrière '. Les récits que tous deux en ont faits étaient de nature à exciter vivement la curiosité, notamment la singulière découverte de plaines entières couvertes de pierres qu'on pourrait presque comparer aux cailloux de nos grèves, et sur un grand nombre desquelles on voit tracées les images
1. L'excursion de M. Cyril Graham eut lieu de septembre à novembre 1827; celle de M. Wetzstein d'avril à juin 1858. M. Graham a rendu compte de son voyage dans une notice insérée au journal de la Société de géographie de Londres, voLXXVIII^ 1858, p. 226-263 {Explorations in the désert east of the Ilauràn , and in the ancient land of Bashan) , avec une petite carte où est tracée l'esquisse de sa route ; il a en outre communiqué à la Société asiatique de Londres un mémoire sur les inscriptions rapportées de sa course (vn the inscriptions found in the région of el'Hdrrah j in the great désert south-east and east of th» Haurdn. Journ. of the Roy. Àsiat. Soc, vol. XVII, 1860, p. 286-297 ; avec des fac-similé). Les rapports du D** Wetzstein sont beaucoup plus étendus ; ils sont imprimés dans le journal géographique de Berlin ( ffei'ie in den beiden Trachonen und um dos Haurdn-Gehirge , im Frûhling ISSS; Zeitschrift fur aligemeine Erdkunde, t. VII, 1859, p. 109-208, 265-319, avec une grande carte construite par M. Kiépert). M. Dœrgens, qui accompagnait le D' Wetzstein, fit pendant le voyag» une série d'observations astronomiques et hypsométriques, dont il ft rendu compte dans deux articles du même journal, tome. IX, 1860r, p. 402-420, et t. XI, p. 16'4-191.
grossières de palmiers ou d'animaux , fréquemment accompagnées de mots ou de noms en caractères archaïques, dont plusieurs rappellent les plus vieilles inscriptions de la Phénicie et de l'Arabie méridionale.
M. Waddington désirait depuis longtemps visiter à son tour cette terre énigmatique, que les livres de Moïse et de Josué mentionnent comme la demeure d'une race de géants, les Réphaïm. Il était venu à Damas dans ce dejssmn au printemps de 1861. Bien que le moment fût peu favorable, — on était si près encore des • tristes événements du Liban ! — - il put néanmoins, sous Tégide de la protection britannique (toute- puissante auprès des Druzes), pousser une pointe dans le Ledjah, directement au sud de Damas. De ce canton même, il écrivait à M. Wetzstein,'à la date du 6 juin : c Sous le rapport archéologique, je suis très* content de mon voyage ; allant lentement comme je fais,j'ai pu voir et copier un très-grand nombre d'inscriptions. J*en ai déjà environ deux cent cinquante. 11 y en a naturellement beaucoup d'insignifiantes; mais je les copie toutes, et je crois qu'il en reste bien peu que je n'aie pas vues dans les villages que j'ai examinés. Grâce à votre excellente carie, qui est d'une parfaite exactitude*, je peux toujours arranger mes tournées d'avance et contrôler les renseignements des gens du pays.... J'ai trouvé les noms anciens de El-Hît, Btôné, Amra, Chouhba, Bréké, Mourdouk, Rimé,Slêm, Nedjran,Souveïda, Nimré*, et les noms de plusieurs tribus, cpuXcct. > M. Waddington fit ensuite à l'orient le tour du Djebel Haourân; à son retour à Sou-
1. La carte du D' Kiepert, que nous avons mentionnée dans nos indications bibliographiques de la note précédente. M. Wetzstein fait toutefois remarquer en note que si consciencieusement étudié que soit le travail de M. Kiepert, il était impossible que le premier essai d'une carte du Haourân, en grande partie fondé sur des itinéraires, ne soit pas susceptible d'un grand nombre de rectifications dont beaucoup font déjà faites.