Le Chlh-Namèh, ou livre dès Rois, de Firdouçi
par Yezd. Les premières parties de cette ligne de retour étaient fort peu connues ; là, comme toujours, l'expédition a poursuivi le cours incessant de ses observations. Nous n'en pouvons suivre le détail. Dans cette partie de l'itinéraire, comme dans celle du KhoraçAn, rien n'a été oublié de ce qui tient à l'étude physique, ethnographique et géographique, non plus qu'à Tétude archéologique du pays, autant que le mot archéologie peut être employé pour des pays où l'islamisme a détruit, autant qu'il Ta pu, jusqu'à la trace des anciens monuments. Enfin, et c'est là un.point capital^ une série non interrompue de relèvements et de mesures géodésiques a produit au delà de douze cents triangles s'enchaînant en un réseau continu, sur lequel tous les itinéraires jusqu'à présent connus pourront s'appuyer en toute sécurité pour le trac^ de la carte générale de la Perse*.
Comme nous n'aurons pas d'autre occasion de nous occuper de la Boukharie, nous mentionnerons ici, bien qu'il nous porte au delà des frontières persanes, un autre relevé légalement effectué par des ingénieurs russes, et qui continue au nord les opérations du Khoraçàn : c'est celui de la partie du cours de TOxus ou Amou-Déria comprise entre la forteresse d'Ousti, à 130 versts de Boukhara, et le débouché du fleuve dans le lac d'Aral (n* 116). Cet intervalle est de 600 versts*. Cette carte a été levée en 1858, pendant la mission politique du général Ignatief à Khiva et à
1. Comme point de comparaison, on peut rapprocher de ritinéraire du Khoraçftn, dans le mémoire de M. KhanikofT, l'itinéraire presque identique, du Mazandéran à Hérat, du capitaine Clerk, de Tarmée de rinde, qui a fait le même trajet en 1857 {Notes in Persia^ etc., dans le Journal of the Royal Geographical Society ^ vol. XXld, 1861 (published 1862), p. 37 et suiv.
2. On sait que le verst russe est îm peu plus grand que notre kilomètre.
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Boukhara'. Une partie du pays qu'elle embrasse, entre Ousti et la frontiâre KhiTienne, n'avait été visitée jusque là par aucun voyagetir européen.
Le voyage de M. Dom dans les provinces persanes qui enveloppent au sud la mer Caspienne (n* H 4) a une autre sorte d'intérêt que celui de M. KbaQikoff. H. Dom, membre de l'académie deSaiot-Péterabourg, est bieu connu pai' d'importants travaux sur l'bistoire et les dialectes des provioces riveraines de la Caspienne. U a reçu la œissioa d'aller poursuivre ses études et ses recherches dans ces provinces. Ce voyage a duré an delà de àii mois, de septembre 1860 à juillet 1861. Le savant orientaliste en a exposé les résultats dans un rapport imprimé en msse au tome Vin des Mémoires de la société archéologique de , Saint-Pétersbourg, et en allemand dans le Bulletin de l'Académie; M. KhanikofF a donné au journal asiatique un résumé analytique de ce document (û° 1 13J.
M. Dom a successivement résidé dans le Mazandéran, le Gbilan, le Chèkbi, le Chirvan, le Talich et le Daghestan. étudiant les dialectes locaux, copiant les inscriptions, s'attachant, en un mot, à toutes les recherches qui rentraient dans l'objet de sa mission. Sa récolte a été abondante. Outre les documents sur le ghilaoi et le mazandérani, on y peut signaler des études ioportantes sur la langue tat et la peuplade koubetchi, dont la place dans l'ethnographie caucasienne est désormais bien fixée.
La relation que le docteur Brugsch a donnée du voyage de la dernière ambassade prussienne eu Perse (n* 1 15) ne répond peut-être pas tout à fait au caractère sérieusement scientifique que semblait promettre le nom de son auteur,
1. Une relalion succincte de k misaion de 1SSS (d'après une Note eomauniquée ï la SociÉté de géographie de Sainl-Pétersbourg] , se Irouieau 1. XXI, \B62, des Àrchiv d'Ennan pour la CaanaissaDce scientifique de la Russie, p. 18-41 : Uthtr êint Reitt naeh Chiwa im Jahr 1S&8. Cet ■rtii;le renferma des détails intéressaols, ilinéiains, statistiques et ethnographiques.
bien connu par ses profonds travaux sur l'histoire, la langue et la géographie de Tancienne Egypte. Une partie trop considérable de ce premier volume (le seul publié jusqu'à présent) rappelle trop souvent la dififusion à vide du commun des touristes. On y peut cependant signaler de bonnes notes topographiques sur Téhéran, le récit d'une ascension au pic de Démavend, et des remarques instructives sur les populations mêlées des districts de la frontière turco-persane, en descendant vers le Tigre.
La notice de M. Hântzsche sur les Turkomans du nord de la Perse (n"" 115 bis) se rapporte spécialement aux trois grandes tribus de Yamout, de Goklan et de Tekké» qui campent aux environs de l'angle sud-est de la mer Caspienne. Elle est tirée de documents persans officiels. C'est un article de l'ethnographie de la Perse qui a son utilité.