L'AFGHANISTAN
117. Capt. H. G. Ravbrty. Sélections from the Poetryofthe Afghans, from the sixteenth to the nineteenth century. Literally translated from the original push*to;with notices of the différent authors, and remarks on the mystic doctrine ad poetry of the Sufis. London, 1862, iu-8.
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119. Journal of a political mission to Afghanistan, in 1857. Wiih an account of the country and people. By H. W. Bellew, surgeon of the Mission. London, 1862, petit in-8 (Smith).
120. Lost among the Afghans ; beiug the adventures of John Campbell (otherwise feringhee Bâcha) among the wild tribes of central Asia. London, 1862, petit in-8 (Smith).
Malgré la demi-barbarie où vivent encore la plupart des
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tribus dont 1& nation se compose, les A^ans peuvent âtre ruigte parmi les races historiqiies. Ils appartiennent à la grande famille arienne, comme le prouvent à la fois la conformaticoi physique et la langue ; et ils sont connus depuis une antiquité reculée dans la contrée qu'ils occupent aujourd'hui. Leur véritable nom national, qnî est Pakton*, fot connu des Grecs par la relation de Scylax, &00 ans svant l'ère chrétienne (dans Hérodote, le mot est écrit Paetyii); le nom d'Afghans, dont l'usage est devenu univarsel, n'est qu'une corruption musulmane d'une appellation d'origine indienne, A^Yaka, les Cavaliers, épithète qui leur est appliquée dans les plus anciens monuments brahmaniques'. Le nom des Afghans n'a toutefois acquis une véritable notoriété en Europe que depuis la relation d'Ëlphinstone, et surtout depuis les désastreux incidents de la campagne des Anglais dans l'Afghanistan en 1842, page sinistre et toujours saignante de l'histoire de la domination britannique en Orient.
Le lieutenant Raverty, obligé par ses devoirs de soldat à une longue résidence dans le district de Pe'ichavër depuis que cette partie du territoire afghan est devenue une possession anglaise, s'y est pris d'un amour passionné pour la langue pouch'tou et la poésie populaire, seule littérature de ce peuple pasteur, La province de Peïchavèr est le foyer mémedelarace.oudumoins son plus ancien centre connu. . C'est ta terre pactyique d'Hérodoie; c'est aussi la contrée des Assakènes des historiens d'Alexandre. Il ne faut pas s'attendre que les chants des tribus remontent à ces temps lointains de notre antiquité classique ; les traditions ne se conservent pas si longtemps dans la vie mobile des races
1. Le nom de Patans, sous lequel les Afghans sont connus dam l'Inde, n'est que l'abrévialioa usuelle de la forma persane PakhtanËh.
2. Açiaka, dans les dialectes populaires, devient Aisaka. Les écritaina S^^cs du temps d'Aleiandrs n'ont connu que ce dernier Dam, qui pour eui deTienl .Utakenoi.
pastorales. Les événements que célèbrent les chants populaires, les sentiments qu'ils expriment, les passions que traduisent leurs paroles énergiques, ne touchent qu'à la vie présente ou à des faits dont le souvenir ne remonte pas au-delà de quelques générations; mais ils n'en ont pas moins pour nous un grand et sérieux intérêt. Ils peignent au naturel les impressions, les croyances, la vie, les habitudes domestiques du peuple, soit dans sa généralité, soit chez quelques-unes de ses classes; et il nous apportent ainsi des idées infiniment plus exactes et plus intimes que ne peuvent le faire les observations d'un simple voyageur. C'est à ce point de vue que la poésie populaire d'un peuple est un élément précieux d'étude ethnographique, surtout pour les sociétés à demi civilisées, chez lesquelles les impressions, bonnes et mauvaises, se traduisent avec une énergie naïve dont un état de civilisation plus avancé émousse et adoucit Texpression. L'amour tient une grande place dans les chants afghans, et ce -n'est pas sans quelque surprise qu'on le voit se parer fréquemment d'une abnégation chevaleresque et d'un désintéressement physique qu'on s'attendrait peu à rencontrer au milieu des mœurs violentes de ces belliqueuses tribus. Parmi les compositions que M. Raverty nous fait connaître, il y en a aussi beaucoup qui portent le cachet mystique de la secte des soufis, très -répandue dans ces parties extrêmes de l'Iran. Les traductions sont présentées comme absolument littérales ; et la profonde connaissance que M. Raverty a acquise de l'idiome afghan, dont il a publié une grammaire et un ample dictionnaire, est une garantie de leur fidélité.
Pour M. Raverty, toutefois, l'acquisition du pouchtou a été une connaissance purement pratique ; il n'est pas philologue dans le sens élevé et savant du mot. On ne voit que trop par les préfaces de ses différentes publications, et en particulier par celle de sa Grammaire, qu'isolé au fond de ses quartiers de Peïchavèr il est resté à peu près
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étranger aux grands travaux delà philologie comparéo qui ont pris tant d'importance dans les études européénnaa, rt y ont conduit à de si beaux résultats. H. Rarerty en est mcore k la théorie qui faisait de la langue des Afghans un dialecte sémitique, erreur excusable au temps de William Jones, mais qui aujourd'hui n'est plus mémo discutable. A ceux qui voudront voir résumée eu quelques pages l'histoire des études afghanes, nous signalerons l'excellent mé-. moire de M. Straugford, secrétaire de la Société asiatique de IiOndres (n° 11 6) ; la place du pouchtou dans le groupe des dialectes iraniens, et la nature de ses rapports avec la branche sanscrite, y sont bien indiquées.
Après la relation restée classique de Mountstuart Eiphinstone et celles d'Alexandre Bûmes, de Masson, de Ferrier, sans parler des nombreuses publications sorties des deux campagnes des Anglais à Kaboul en 1839 et 1842, les notes de M. Bellew (n° 119) et les aventures de John Campbell (n" 120} ont peu de chances de nous apporter beaucoup d'informations nouvelles. Mais nous devons nous arrêter davantage, moinsà cause delà place très -restreinte qu'ils peuveot avoir dans le mouvement général des sciences géographiques qu'en raison de leur étendue et de leur importance locale, aux résultats gèodésiques obtenus par les ingénieurs anglais dans la région montagneuse de l'Afghanistan orieotal. Oa sait que le Sindh ou Indus, dans la moitié inférieure de son cours, est dominé à l'ouest, i une médiocre distance, par une chaîne parallèle de montagnes très-élevées qu'on appelle le Souleïmân-koh, c'est-àdire la montagne de Salomon. Le nom de Sabmon ne joue pas un moins grand rôle dans les traditions légendaires des tribus musulmanes de ces cantons que dans les contes des Mille et une Nuits. La longue plaine comprise entre le pied des montagnes et la rive occidentale du Sindh fait aujourd'hui partie des provinces de l'Inde britauDique; mais la montagne elle-même, et les rudes vallées du revers
opposé dans la direction de Ghazni et de Kandahar, sont occupées par des tribus indépendantes, non moins sauvages que les âpres cantons où paissent leurs innombrables troupeaux. Ce pays est ce que les anciens connurent sous le nom d*Arachosie; il y a là, entre les crêtes de Souleïmân et la route de Kbélat à Ghazni et à Kaboul suivie par les armées anglaises dans la guerre de l'Afghanistan, une étendue de pays, grande comme la moitié de la France, que les Européens ont à peine entrevue et qu'aucun voyageur n*a jamais visitée. Des circonstances favorables ont permis aux Anglais d'y pénétrer à plusieurs reprises de 1856 à 1859, et une suite de reconnaissances ont fourni les éléments de cartes militaires qui font connaître au moins la configuration générale de la contrée , la direction des grandes vallées et l'emplacement des tribus. Ces cartes ont été présentées manuscrites à la Société asiatique de Calcutta; il est présumable qu'elles arriveront à la Société de géographie de Londres, où viennent tôt ou tard aboutir tous les travaux de cette nature exécutés dans l'étendue du monde britannique, et que par elle nous en aurons en Europe une notion plus précise*. C'est par ces travaux, souvent obscurs et silencieux, qui se poursuivent incessamment partout où pénètre l'activité européenne, que la carte du globe s'enrichit chaque jour et se perfectionne.
L'iNDE.
121. Capt. T. G. MoiiTGOMERiE) Engineers. Mémorandum drawn up by the order of colonel Â. Scott Vaugh^ Engineers, sunreyor
l. Note du major Walker, communiquée à la Société asiatique de Calcutta, Journal ofthe Àsiat, Soc, of Bengale 1862, p. 91-93.
IHDK. S&l
ginenl of Indim, on tbe progresi ot th« «"Vir'*' SeriM ol the grul Irigonometrical Sarrey of India; withmip snd objern-
tioiu on the late oonqueit ot Gilgit and othsr iocldeatal malien./oumaJofAtiaiicSoeùtvofAtnffoI, ISei.n'I, p. 99-110. Add. tNd.,p. 164-167.
— Do inttoa. Soie lurles glaciers de la région alpine des coniinB de l'Iode etduTurkestan. Ibid., 1861, n°2, p. 209-213. la, Willian) H. PoiiQOii.C. E.,Bieculiïe engineer. Piinjah. On Ihe bigonometrical survey land pbysical conllgu ration of Ihe Valley of Kaahmir. Joumai of tht Rnynl Grographical Socifly, *oI. XXXI, 1SG1 , p. 14-:jU. Aiec la cnrte du Kacbmlr. l}3> Capt. B. H. Adsteh, Topograpbical Assistant. Notes on l!ie
Valley ot Kathmir. Ibid., p. 30-37.
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126- lâeut. Colûnel TonHENS.Travels in Ladak, Tarlary, nnd Kashmir. Wilh numerous chromo -lithographie; illustrations, from iketches laken on the apot. Lond. 1R62, in-g° (Saunders). 137. Jules GERARD, le Tueur de lions. Voyages et ehasses dans l'Himalaya. Paris, 1B62, grand in-18, SlSpages (IMichel Léry). 128- Resulls of 3 Scientific Mission lo India and High Asia, by Hermann, Adolphe, and Robert de Scrlaoikiweit , unUertaken between the years IgSï and 18S8, by order ot Ihe Court of Directors or Ihe Honourable Eisl India Company. Vol. 11. London, 1861, in. 4", xix-532 pages, and part of Allas, in-f (Ttûbner). 119. Bob. VON SCHLAGiHTWEiT. Uebfir die Bôhenverhâllnisse Indiens und Hocha«ens,mit Benutïung der rrûheren Daten, und nach den Hessungen Ton Herm., Ad., und Rob. v. SchUgintweit {Sur l'bypsométrio de l'Inde et de la Haute Asie, d'après les données déjà connues et les mesures de MH. de ScbUgintweil). Zeilichrifl fur allgtmeine Erdkunde, n" 103, janv. 1861, p. 20-45.
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— 2* partie. Golfe Persique et côtes ouest de l'Inde, vents et courants; archipel des Laquedives et des Maldives, lie de Ceylan. Golfe du Bengale, ses vents et ses courants; archipels Tanasserim, Andaman et Nicobar; tlede Sumatra, détroits de la Sonde, de Banca, de Guaspar, de Bhio, de Durian, de Malacca et de Singapour. Traduit par MM. Le Prédour, Darondeau et Reille. 3* édition, revue parPigeard, 1862, in-4*.
$ I. La grande opération de la triangulalion de llnde et la carte cborographique de la Péninsule. Levé trignnométrique du Kachmtr, et prolongement de ]a triangulation dans le Petit Tibet*
La gigantesque opération de la triangulation de l'Inde et du levé d'une carte chorographique de la Péninsule, commencée en 1801 par Lambton, continuée de 1823 à 1843 par le colonel Everest, et menée à terme par le colonel Waagh, s'est successivement appliquée à toutes les provinces soumises à l'autorité britannique ^ Les ingénieurs anglais se sont mis à l'œuvre dans le Pendjab en 1850, immédiatement après la conquête, et les opérations, conduites par le capitaine Montgomerie, se sont continuées dans le Kacbmîr, que gouverne, depuis 1846, un prince subordonné au
1. Cette carte de l'Inde se composera de 121 feuilles. 59 sont maintenant gravées et livrées au commerce. L'échelle est de 4 milles au pouce anglais.