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Recherches sur les langues tartares. Paris, 1820, in

ETHNOLOGIE TOURAKIENNE. £87

données l'école allemanile. On peut très-bien admettre, comme le fait observer M. Max Muller, la disparité recunnue par Rémusat, sans que cela préjudicie en rieiLau fond de la question. Pour être des langues parlées aussi différentes que possible, l'italien, rallemand et le russe n'en ont pas moins une analogie fondamentale qui établitentre elles une étroite parenté. Ceci est devenu élémentaire.

Ce sont les faits nouveaux recueillis depuis trente ans par les explorateurs de l'Asie centrale, qui ont rameDéTattention des savauts sur cette grande question de l'etlmologie asiatique. Rask avait posé le problème ; mais il ne vécut pas assez pour le résoudre. H. Schott, le savant philologue de Berlin, le reprit le premier dans son Mémoire de 1836 sur les langues tartares, et avec plus de développement dans son travail de 1849 sur la race altaïque, continué depuis par une série de mémoires. D'autres en ont touché diverses parties ; mais personne n'en a posé aussi largement tous les termes que M. Max Muller, dans s&Lettre à M. Bunsen.

M. Max Millier, de môme que Rask, Schott, Castrèn, Gabeleatz et d'autres philologues éminenls, croit à l'unité de k famille tourantenne, c'est-à-dire à la fraternité native de toutes les branches que l'on rattache à cette famille, même les plus différentes et les plus éloignées, tels que les Chinois et les Turks, les Samo'ièdes et les Malais. Mais cette unité d'origine, M. Millier en cherche principalement, siaoD exclusivement, la démonstratiou dans la comparaison des idiomes, bien que cet ordre de faits, M. Millier lui-même et M. Bunsen le reconnaissent *, soit loin, au moins quant ^présent, de conduire à des conséquences décisives. Les études entreprises dans cette direction n'ont pas encore, à beaucoup près, embrassé le cercle entier dans son prodt-

1. ■ Huoh, howerer, remain* still to ba done, berore the mutual Kiation or ail thèse (turanian) branches cao ba cooiidered as flntUy «ttled. » Oudin», toI. 11 , p. 20.

gieux développement. Castrën lui-mémé n*a exploré à fond que le rameau finois et le rameau samoiède ; personne n'a pu songer encore à soumettre à une étude d'ensemble toutes les langues qui se parlent depuis la mer Polaire jusqu'à THimâlaya, depuis TOural et la Caspienne jusqa*à Tocéan Oriental et aux archipels polynésiens. Le Bopp qui doit créer la Grammaire comparée deslangtAes tourimiennes n*est pas né. JPour cette œuvre titanesque, le génie puissant, uni à la science à la fois vaste et profonde d'un Guillaume de Humboldt, suffirait à peine. M. Max Mûller fait bien sentir l'immensité de la tâche, et ses difficultés; peutêtre même sur quelques points en recule-t-il les bornes outre mesure, comme, par exemple, lorsqu'il semble disposé à rattacher l'Amérique à la grande unité touranienne. M. MùUer réunit la faculté d'analyse à la portée philosophique d'un esprit généralisateur ; grammairien consommé, il peut creuser au cœur même d'un sujet et en faire ressortir les analogies intimes, comme il peut embrasser une question étendue et en saisir d'une vue nette et ferme les rapports généraux. Mais M. Mûller a pris pour domaine le champ des antiquités védiques, qui pourra longtemps encore alimenter à lui seul l'activité la plus laborieuse, et nous osons dire que c'est surtout par les côt-^s qui touchent aux origines de l'Inde que son travail sur la famille touranienne marquera dans la science. Quant au reste, M. Mûller a voulu surtout bien poser les termes de cette grande question de la philologie touranienne, noter les résultats acquis jusqu'à présent par ceux qui en ont abordé des points particuliers, et enfin formuler dans une synthèse provisoire, tout en reconnaissant l'insuffisance des recherches actuelles, le terme final auquel il est convaincu que les travaux ultérieurs doivent inévitablement aboutir. C'est parce que d'un autre point de vue, le seul d'où nous puissions nous permettre d'apprécier cet important problème ethnologique, nous croyons aussi reconnaître l'unité native de

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