JAPON
relations hollandaises, et surtout les publications plus récentes du résidant Siebold, nous oot données sur ce rojratime insulaire de l'extrême Asie ' ; il n'a paru depuis huit ans, ni en Amérique ni en Europe, aucun livre qui ait, à beaucoup près, la valeur et rimportaoce de celui du Commodore Parry, l'babile et prudent négociateur américain de 1854*. Les relations établies depuis cette époque sont encore trop restreintes. Les récentes publications que nous avoDS notées en tète de cet article ne se lisent pas, néanmoins, sans intérêt; mais, dans les préoccupations actuelles, cet intérêt est plutôt politique que scientifique. Les rapports ouverts entre le Japon et l'Europe par les nouveaux traités se mainttendront-ilsî sont-ils de nature à donner promptemcut les fruits qu'on en peut attendre, par une fusion compltic et cordiale? Telles sont, avant tout, les questions qui s'offrent it l'esprit. Il s'est élevé au Japon même, depuis notre réapparition, une lutte entre des éléments contraires, qui suscite à raffermissement de nos rapports les difficultés les plus sérieuses, et qui s'est fréquemment traduit en scènes de violences et de meurtre dont plusieurs Européens ont été victimes, même parmi ceux que devait plus particulièrement protéger leur caractère officiel. Cette lutte s'explique par l'organisation politique du pays. Outre la distinction qui existe dans le pouvoir souverain entre le chef temporel et le chef spiri-
I. A eaux qui ToudraiuDi recourir k un répertoire complet de tout ce qui s'est publié en Europe sur le Japon depuis le miliaudu teiiiéme siècle, nous \adin\ieTOM \a Bibtiographit japonaite ie H.Léon Pigis, publiée en 18^9 chez Benjamin Dupral, en 1 volume petit in-4 de 68 pages à 2 colonnes.
!. Narrative of ihe Expédition of an ÀmeHcan (guodron lo ihe China Seat and Japan, performed in the years 1851, I9h3 and 1854, undtr the commaFul of Commodor U. C. Psrry, by order of Iha Coxtmmtnl ofthe United-Statei. Compiltd from the original notei and journalt of Commodore and hii officeTt, by F. D. Hswki. New-Tork , 1856, 1 volume grand in-S.
tuel du royaume, le Taïkoun et le Mikado S il s*est formé au Japon deux partis politiques violemment opposés l'un à l'autre, l'un que l'on peut qualifier de libéral : c'est le parti novateur, favorable aux nouveaux rapports avec l'étranger; l'autre, celui des ultra-conservateurs, qui voit dans ces nouveaux rapports un acheminement à la destruction des mœurs et surtout de la constitution du pays, et qui s'y oppose par tous les moyens, y compris l'assassinat. Le Taïkoun, ou empereur temporel, qui réside k Yédo, est favorable au parti novateur; le parti opposé s'appuie du nom de l'empereur spirituel, le Mikado, qui réside loin de là, dans la cité de Myako, et reste invisible aux Européens. C'est une lutte acharnée, pleine d'incertitudes et de périls, dont il est difficile aujourd'hui de prévoir l'issue.
Il est aussi trop vrai que les Européens ont à se reprocher quelques-unes des difficultés de la situation. Le cornmodore Parry, qui l'avait bien prévue, disait, il y a huit ans, avec une haute raison : c II appartient aux nations maritimes de mrntrer au Japon tout ce qu'il peut gagner à communiquer avec elles. La chrétienté aurait maintenant un cruel reproche à se faire, si par sa conduite elle l'obligeait de retomber dans son triste système d'isolement contre nature. La nation japonaise est notre plus jeune sœur dans le cercle des nations maritimes ; que ses aînées lui tendent une main amicale et soutiennent ses pas encore chancelants, jusqu'à ce qu'elle ait gagné une vigueur qui lui permette de marcher par ses propres forces. La prudence et la mesure conduiront maintenant à des traités de commerce aussi libéraux qu'on pourra le désirer. »
Ces sages conseils n'ont malheureusement guère été sui-
1. Sur Torganisation du gouvernement japonais et le développement inteUectuel de la nation en général, on peut voir Taperçu qu*en a donné M. Léon de Rosny, a la civilisation japonaise , » dans le Bulle' tin de la Société de géographie j avril et juillet 1861.
vis. La prudence et la mesure, voilà précisément, il faut le dire, ce qui a surtout manqué dans une bonne partie de ces premières relations. Des marchands, des spéculateurs, des aventuriers de toute sorte, se sont abattus sur ce cliamp nouveau qui leur était ouvert, comme sur une proie livrée à leurs monstrueux appétits. U 7 a eu, & côté des relations légitimes, des abus d'avidité faits pour lasser la patience d'un peuple mieux disposé que les Japonais. M, Hodgson, qui en a été témoin, fait entendre à ce sujet
; des paroles toutes remplies d'une honnête iodignation : K Nous sommes les agneaux, et les Japonais les bouchers,
I dit-on; ne croyez pas cela, A mes amis d'Angleterre et de France [ Les Japonais sont ime race digne de notre estime et de notre affection. Les étrangers avec lesquels ils ont des rapports les ont désappointa; ils les ont blessés dans leur fierté, dans leurs sentiments, dans leurs institutions, leurs habitudes, leurs espérances et leurs désirs. Que l'Angleterre ni la France ne se hâtent d'ordonner qu'un coup de canOD soit tiré sur les Japonaisi ■
OGEANIE.