‹ L'Année géographiqueChapitre 87 sur 236 · AUSTRALIE · texte numérisé non relu

AUSTRALIE

Au moment où nous écrivons, ub autre pionnier des découvertes australiennes, M° Douall Stuart, poursuit, Ini anssi, sa troisième tentative de la traversée du continent. Parti de Melbourne, dans la province de South Australia, Stuart, en 1860, après avoir marché pendant plus de quatre mois presque directement au nord, et avoir planté le drapeau britanniijue A un point qui avait été jugé par estime devoir être au ceiltre même du contineDt, arriva OD peu au delà du 19* degré de latitude australe, k 300 milles vers le sud-ouest du goUe de Carpeutarie. L'hostilité des tribus indigènes l'empêcha de pousser plus avaDt. En 1S6I il renouvela sa tentative, reprit la route qu'il avait déj&suivie, et dépassa de ISO milles le point où il s'était arrêté l'amiée précédente; 11 ses efforts vinrent se briser contre l'affreuse aridité d'un pays sans eau: il lui fallut encore une fois revenir sur ses pas. Mais Stuart a juré de réussir ou de périr à la peine. Au mois de novembre 1861 il est reparti de South Australia pour la troisième fois, après avoir réorganisé sa caravane et renouvelé ses préparatifs de manière à pourvoir aux éventualités les plus défavorables. D'ici à peu de temps sans doute on peut s'attendre h recevoir en Europe des nouvelles définitives de cette troisième expédition. La Société de géographie de Londres a fait une chose utile en tirant des journaux de la colonie, pour lui donner place dans son propre recueil, la relation du voyage de 1860 (n" 189), et en y joignant, d'après les mêmes sources, les journaux de deux précédentes explorations d'avril 1859 k janvier 1860, dans les steppes du nord-ouest de la province de South-Australia (a" 187 et 188). Ces documents sont les archives de l'Australie.

Une autre relation récente qui y aura aussi sa place est le rapport d'une excursion exploratrice que M. Frank Gregory a faite en 1861, de mai à octobre, dans la région occidentale du continent australien (n* 190). Ce nom de

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Gregory est celui de toute une race de pionniers intrépides; Frank est le frère de Texplorateur (Augustus), qui depuis six ans a travaillé si vaillamment à la reconnaissance de la zone du nord de l'Australie. Jusqu'à présent, les recon* naissances, ainsi que la colonisation, se sont principalement concentrées dans la moitié orientale du continent; l'exploration de M, Frank Gregory montre que les regards commencent h se tourner vers la côte occidentale, que sa proximité relative des îles Asiatiques et de la mer des Indes aurait dû signaler depuis longtemps à l'attention des émigrants. Les études locales de M. Gregory, dont une esquisse a été tracée par le docteur Petermann avec le soin qu'il apporte à tous ses travaux cartographiques, se sont étendues au territoire compris entre le 20' et le 24* degré de latitude australe, depuis la côte maritime jusqu'à deux cents milles et plus dans l'intérieur. Le pays, qui s'élève en larges gradins jusqu'à une altitude de 2500 pieds (anglais) au-dessus de la mer, présente une belle végétation naturelle; Gregory le regarde comme éminemment propre à la colonisation pastorale et à la culture du coton. Nous ne pouvons nous arrêter à d'autres explorations partielles et moins importantes % non plus qu'à un certain nombre de descriptions locales et d'études particulières; il suffit de les avoir enregistrées dans notre Bibliographie (n^ 191 à 199). Mais nous devons signaler le livre de M. Westgarth (n*» ISd). C'est un excellent compendium à consulter pour ceux qui voudront prendre une idée générale du continent, de sa géographie et de ses développements statistiques. Le côté historique y laisserait seul désirer plus de développements.

1. Les Proceedingt de la Société de géographie de Londres (vol. Vl, 1842, p. 55 et 67), mentionnent spécialement celles de MM. Cadell et Cornish.

«OWXLLX-ZiSjLSM.

$ s. Lm gnadei tin cl la wchlpalt fal^i, I l'aai ai >n nord , de l'An*iriUe. LaNouTelle-Zéluide. La NonTellg-Cilidàaie. Li NoDTeHa-Galnée. lm NooTellei-BibrldM. Ui tl«a Fidii. eie.

Uq Daturaliste allemand, qui faisait partie de l'expédition autrichienne de la Novara (Voy. ci-après) dont il s'est dâtacbé A la Nouvelle ZéUnde, )e docteur Hochstetter, prépare sur cette grande lie un livre important, fruit de ses «xplorations personnelles; une coune Notice qu'il en a détachée pour les if l'ftAeiJun^f II, etàJaquelleM.Petermann a joint une carte d'un grand intérêt {a° 200), est de nature i faire désirer la prompte publication de l'ouvrage. Par la richesse de détails de cette carte, on peut j'uger du progrès rapide des explorations intérieures depuis que les Anglais ont fait de la Nouvelle Zélande un de leurs grands établissements océaniens. Sauf quelques études qui intéressent parti culièremeot la linguistique et l'ethnologie (n°' S02 et 203), c'est tout ce que les publications de l'année nous offrent de notable sur cette nouvelle colonie britannique.

La littérature de 1862 est plus ricbe pour la Nouvelle Calédonîe. Trois officiers du corps de la chirurgie de marine nous ont donné deux mémoires développés sur l'Ile et sa population indigène, qui sont au nombre des meilleures études que l'on ait publiées sur le monde océanien : l'uD, M. de Rochas, dans un volume particulier (n* 204); les deux autres, MM. Vieillard et Deplanche, daus un travail écrit en commun pour la Revue du Ministère de la Marine (n" 20â). 11 nous faut noter encore un volume d'une valeur scientifique réelle sur le groupe des lies Fidji ou Viti, dont l'auteur, M. Seeman, a été ofSciellement chargé d'aller étudier la nature et les ressources naturelles, lorsqu'il fut question, il y :: trois ans, d'y former un établissement anglais (n* 213). Pour une cause ou pour

mie autre, ce projet n*a pas eu de suite ; mais il en restera un livre qui gardera sa place dans la littérature géographique.

Dans de moindres proportions, la notice écrite par un missionnaire italien, le P. Carlo Salerio, sur quelquesunes des îles sauvages et très-peu connues qui avoisinent la Nouvelle-Guinée au nord et au sud-est (n** 212), est un morceau à enregistrer parmi ceux qui ajoutent quelque chose aux notions antérieures.

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