HYMNE DE SAINT AMBROISE
( Tirée des Menées des Grecs , VII Décembre. )
Toi, qui par une double vertu fus l'honneur du trône sur lequel tu siégeais en Préfet, Pinspiration divine te plaça bientôt, fidèle ministre, sur le trône de la Hiérarchie; c'est pourquoi , intègre administrateur de la puissance, tu as mérité dans ces deux emplois une double couronne.
Tu as purifié ton corps et ton âme par la continence, les travaux, les veilles et les prières continuelles; ô très -prudent Pontife , vase d'élection de notre Dieu , semblable aux Apôtres, tu as reçu comme eux les dons de TEsprit-Saint.
Gomme Nathan reprit autrefois David, tu repris le pieux Empereur après son péché ; tu le soumis avec sagesse à Texcommunication ; et l'avant exhorté à une pénitence cligne de Dieu, tu le rappelas parmi ton troupeau.
Preefecturœ thronum' exornans virtute duplici , divina inspiratione hierarchiae thronura utiliter implevisti : ideo fidelis œconomus principatus in utroque factus, dupUcem coronam* haereditasti.
In continentia, et laboribus, et vigiliis multis, et precibus intensis animam corpusque purificasti , Deisapiens , vas electionis Dei nostri, Apostolis similis demonstratus, accepisti dona.
Pium regem post peccatum, ut olim David Nathan , audacter animadvertens, Ambrosi beatissime, sapienter excommunicationi subjecisti, et pœnitentiam docens Deo digne , iiigregem tuum revocasti.
SanctePater,sacratissime Ambrosi, lyra resonans, salutare melos orthodoxorum dogmatum, attrahens Fidelium animas, canora divini Paracleti cithara ; Dei magnum organam , laudandissima Ecclesiœ tuba , fons lîmpidissimus , fluentum eluens libidinum; Gbristum ora, Christiim deprecare dari Ëcclesise unanimem pacem et magnam misericordiam.
Eliam prophetam imîtatus, Baptistamque similiter, rcges inique agentes animadvertisti viriiiter ; hierarchiœ thronum divinitus ornasti , et miraculorum muUitudine mundum dilasti , ideoque divinœ Scripturœ alimonia fidèles roborasti , et infidèles immutasii.Sacerdos Ambrosi, Christum Deum deprecare dare peccatorum remissionem recolentibus cum amo> re tuam sanctam mémoriam.
Ab omni noxa adversariorura servasti gregem , Béate ; et Arii errorem ora" nem delevisti splendore verborum tuorum.
In divina tua memoiia saccrdotum cœtus oblectatur, et Fidelium chori cum Angelis incorporalis cxsultant et delectantui- , nutriturque bodie spiritualiter Ëcclesia in verbis tuis, Ambrosi pater.
4gricoia Tideris sulcans Ûdei promptum agrum et doctrinœ ; insemiuans^ Dei^
0 Père très-saint, ô divin Ambroise , lyre résonnante, mélodie salutaire des vrais enseignements, tu attires au Seigneur les âmes des Fidèles. Harpe barmonieuse du divin Paraclet , grand instrument de Dieu, trompette célèbre de YÉrglise , source très - limpide , fleuve qui purifie nos âmes de toute passion; prie , supplie le Cbrist de donner à TÉglise une paix unanime et une grande miséricorde.
Imitant le Prophète Élie et Jean-Baptiste, tu as repris avec courage les Princes qui se livraient à 1 iniquité ; tu as orné le trône hiérarchique auquel tu fus divinement appelé, et tu as enrichi le monde de la multitude de tes miracles; tu as corroboré les fidèles , et converti les infidèles par l'aliment des saintes Écritures. Ambroise ! ô saint Pontife ! prie Dieu de nous accorder la rémission de nos péchés , à nous qui fêtons avec amour ta sainte mémoire.
Tu as préservé ton troupeau de tout dommage de la part des ennemis, ô Bienheureux!
et tu as dissipé Terreur d'Arius par la splendeur de tes paroles.
L'assemblée des Pontifes se réjouit en ta douce mémoire; les chœurs des fidèles, mêlés aux esprits célestes, tressaillent d'allégresse; et l'Église se nourrit spirituellement en ce jour de ta parole, ô Ambroise , auguste Père !
Tu es le laboureur habile, qui traces les sillons dans le champ ouvert à tous de la foi et de la
doctrine ; tu y sèmes , ô trèssage, tes divines leçons; et l'épi s'étant multiplié par tes soins, tu distribues à rËgUse le céleste pain de TEsprit-Saint.
Rome célèbre tes glorieuses œuvres ; car ainsi qu'un astre radieux, tu répands partout les clartés de tes prodiges, ô grand Pontife, vraiment admirable!
T'approchant du Christ dès l'aurore, tu sortais d'auprès de lui richement irradie de ses splendeurs ; c'est pourquoi ayant puisé à la source de la divine lumière, tu illumines ceux qui avec foi t'honorent en tous lieux.
Tu as consacré à Dieu ton corps et ton âme; et ton cœur, ô Père, capable des célestes dons , tu l'as attaché au doux araour, t'y fixant avec ardeur.
Ayant reçu, ô très-prudent , le talent de la parole ; ainsi qu'un serviteur fidèle tu l'as lait valoir et multiplié ; et tu l'as apporté avec l'intérêt à ton Seigneur, ô divin Ambroise !
Tu as illustré la tunique sacrée par tes grands travaux, et tu fus , ô très-prudent, le pasteur d'un troupeau raisonnable , que tu guidais devant toi aux pâturages de la doctrine.
sapiens, dogmata ; et spica niultipiicata, distribuis Ecclesiœ cœlestera Spiritus panera.
Roma tua célébrai praeclare gesta ; fulgidus enim ut sidus undique miraculoru m magnas faces, sacerdos, eu m fide immisisti , vere mil ande.
Mane accedens ad Christum, splendoribus fulgebas ditanter : ideodivinum nactus lumen, illuminas honorantes te ubique cum fide«
Corpus tuura et animam Deo consecrasti ; et capax donorum, pater, cor tuuni conglutinasti dulci amori enixe inhœrens.
Accepto , sapiens , Verbi talenlo, ut servus fidelis ad mensam illud dedisti et multiplicasti , atque asportasti integrumcum fruclu Domino tuo, Ambrosi.
Claram fecisti stolam sacram laboribus tuis , et visus es pastor rationabiliurn alumnorum sapiens , quos baculo tuo in doctriDse pascua antepellebas.
Nous vous louerons aussi, tout indignes que nous en sommes, immortel Ambroise I Nous exalterons les dons magnifiques que le Seigneur a placés en vous» Vous êtes la Lumière de TÉglise, le Sel de la terre, par votre doctrine céleste ; vous êtes le Pasteur vigilant, le Père tendre, le Pontife invincible : mais combien
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votre cœur aima le Seigneur Jésus que nous attendons ! Avec quel indomptable courage vous sûtes, au péril de vos jours, vous opposer à ceux qui blasphémaient ce Verbe divin! Par là, vous avez mérité d'être choisi pour initier, chaque année, le peuple fidèle à la connaissance de celui qui est son Sauveur et son Chef. Faites donc pénétrer jusqtf à notre oeil le rayon de la vérité qui vous éclairait ici-bas; faites goûter à notre bouche la saveur emmiellée de votre douce parole; touchez notre cœur d'un véritable amour pour Jésus qui s'approche d'heure en heure. Obtenez qu'à votre exemple, nous prenions avec force sa cause en main, contre les ennemis de la foi, contre les esprits de ténèbres, contre nous-mêmes. Que tout cède, que tout s'anéantisse, que tout genou ploie, que tout cœur s'avoue vaincu, en présence de Jésus-Christ, Verbe éternel du Père, Fils de Dieu et Fils de Marie, notre Rédempteur, notre Juge, notre souverain bien.
Glorieux Ambroise, abaissez-nous comme vous avez abaissé Théodose; relevez-nous contrits et changés, comme vous le relevâtes dans votre tendresse. Priez aussi pour le Sacerdoce catholique , dont vous serez à jamais Tune des plus nobles gloires. Demandez à Dieu, pour les Prêtres et les Pontifes de l'Église, cette humble et inflexible vigueur avec laquelle ils doivent résister aux Puissances du siècle, quand elles abusent de l'autorité que Dieu a déposée entre leurs mains. Que leur front, suivant la parole du Seigneur, soit dur comme le diamant ; qu'ils sachent s'opposer comme m mur pour la maison d'/waê/ ; qu'ils estiment comme un souverain honneur, comme le plus heureux sort,
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de pouvoir exposer leurs biens, leur repos, leur vie, pour la Liberté de TËpouse du Christ. Enfin, illustre champion de la vérité^ armez-vous de ce fouet ven^ geur que l'Ëgiise vous a donné pour attribut ; et chassez loin du troupeau de Jésus-Christ ces restes impurs de l'Arianisme qui, sous divers noms, se montrent encore jusque dans nos temps. Que nos oreilles ne soient plus attristées par les blasphèmes de ces hommes vains qui osent mesurer à leur taille, juger, absoudre et condamner, comme leur semblable, le Dieu redoutable qui les a créés, et qui, par un pur motif de dévouement à sa créatm^e, a daigné descendre et se rapprocher de Themme, au risque d'en être méconnu.
Considérons le dernier préparatif sensible à la venue du Messie sur la- terre : la paix universelle. Au bruit des armes, le silence a tout à coup succédé, et le monde se recueille dans l'attente, a Or, nous dit saint « Bonaventure, dans un de ses Sermons pour TAvent, a nous devons compter trois silences : le premier, « au temps de Noé, après que tous les pécheurs furent a submergés; le second, au temps de César Auguste, « quand toutes les nations furent soumises ; enfin, le « troisième, qui am*a lieu à la mort de TAntéchrist, «quand les Juifs se seront convertis. » 0 Jésus! Roi pacifique, vous voulez que le monde soit en paix , quand vous allez descendre. Vous Tavez annoncé par le Psalmiste, votre aïeul selon la chair, lorsqu'il a dit en parlant de vous : // fera cesser la guerre dans tout l'univers; il brisera l'arc, il rompra les armes, il
jettera au feu les boucliers. (Psaume xlv. 10. } Qu'est-ce à dire tout ceci, ô Jésus? C'est que vous aimez à trouver sileDcieux et attentifs les cœurs que vous visitez. C'est qu'avant de venir vous-même dans une âme, vous l'agitez dans votre miséricorde, comme fut agité le monde avant cette paix universelle , et bientôt vous l'établissez dans le calme et vous venez ensuite en prendre possession. Oh! venez promptement soumettre mes puissances rebelles , abattre les hauteurs de mon esprit, crucifier ma chair, réveiller la mollesse de ma volonté; afin que votre entrée en moi soit solennelle comme celle d'un conquérant dans une place forte qu'il a réduite après un long siège. 0 Jésus, Prince de la Paix ! donnez - nous la paix ; établissezvous en nos cœurs d'une manière durable , comme vous vous êtes établi dans le monde, au sein duquel -maintenant votre règne n'aura plus de fin.
RÉPONS DE l'a VENT.
(Au i" Dimanche de VAvent, à Matines.)
^. Aspiciebara in visu ^. Je voyais dans une vision jioctis, et ecce in nubibus de nuit, et voilà le Fils de lœli Filius bominis ve- l'homme qui venait sur les niebat : et dalum est ei re- nuées du ciel : et il lui fut ^nura et honor, * Et omnis donné honneur et empire ; *El populus, tribus et lingusB tous les peuples, toutes les triservient ei. f. Polestas ejus bus et toutes les nations lui se- ^potestas œterna , quae non ront soumis, f. Sa puissance auferetur ; et regnum ejus, est une puissance éternelle qui 4uod non coiTumpetur. * ne lui sera point ôtée ; et son JSt omnis populus, tribus et empire un empire qui ne se linguae servient ei. dissoudra point. * Et tous les
peuples , toutes les tribus , et toutes les nations lui seront soumis.
VIIÏ DÉCEMBRE
L'IMMACULÉE CONCEPTION