CHAPITRE V
DE l'assistance A LA SAINTE MESSE AU TEHPS DE L*ATENT
Dans toutes les saisons de l'Année Chrétienne^ mais surtout au saint temps de FAvent, il n'est point d'œuvre plus agréable à Dieu » plus méritoire et plus propre à noun'ir la véritable piété ^ que l'assistance au saint Sacrifice de la Messe. Les fidèles doivent donc faire tous leurs efforts pour se procurer ce précieux avantage, aux jours même où la sainte Église ne leur en foit pas une obligation.
En assistant au divin Sacrifice dont l'oblation a été l'objet de l'attente du genre humain durant quarante siècks, ils devront éprouver une vive reconnaissance, s'ils réfléchissent que Dieu les a placés en ce monde depuis ce grand et miséricordieux événement, et n'a pas marqué leur place parmi ces générations qui se sont éteintes avant même d'en avoir pu saluer l'aa* ïore. Ils ne s'en joindront pas moins avec instance à la sainte Église, pour demander, au nom de toute la création, la venue du Rédempteur, acquittant ainsi avec plénitude la grande dette imposée à tous le& hommes, tant à ceux qui ont vécu avant l'accomplissement du mystère de l'Incarnation, qu'à ceux qui ont le bonheur de le voir accompli.
Us sentiront aussi que le grand. Sacrifice qui per*
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pétue sur la terre^ jusqu'à la consommation des siècles, Toblation réelle , quoique non sanglante^ du Corps et du Sang de Jésus-Christ^ a pour but spécial de préparer^ et même d'opérer dans les cœurs des fidèles TAvénement mystérieux du Dieu qui n'est venu délivrer nos âmes que pour en prendre possession.
Ënfin^ ils aimeront à profiter de la présence et de la conversation du Fils de Dieu^ dans ce mystère caché où il sauve le monde ^ afin qu'au jour où il viendra le juger^ dans sa majesté terrible^ il les reconnaisse comme ses amis et les sauve encore^ à cette heure où il n'y aura plus de miséricorde, mais seulement la justice.
Nous allons essayer de réduire à la pratique ces sentiments dans l'explication des Mystères de la sainte Messe, nous efTorçant d'initier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des formules sacrées, mais au moyen d'Actes destinés à mettre les assistants en rapport suffisant avec les actions et les sentiments de l'Église et du Prêtre.
La première chose qui doit occuper les fidèles lors^ 4}u'ils assistent à la sainte Messe dans l'A vent, est de savoir si cette Messe va être célébrée suivant le rite de l'A vent, ou si elle est en l'honneur de la Sainte Vierge, ^u de quelque Saint, ou enfin pour les défunts. Pour cela, il leur suffira de considérer la couleur des ornements du Prêtre. Ils seront violets, si la Messe est de TAvent; d'une autre couleur, comme blanche ou rouge, «i elle est de laSainte Vierge ou d'un Saint ; enfin noire, si elle est pour les défimts. Si le Prêtre est revêtu de violet, les fidèles s'efforceront d'entrer dans l'esprit de
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,péoitence que l'Église veut e:iprimef par cette oonleur. IIb le feront également dans le cas où le Prêtre serait revêtu d'une autre couleur; car quelle que soit la solennité qu'on célèbre en Avent^ le célébrant est toujours obligé de faire mémoire de TAvent en trois endroits, et en usant des mêmes paroles âe supplicar tion et de componction qu'il aurait à prononcer dans une Messe propre de TAvent. Il n'y a d'exception que pour les Messes des défunts.
Le Dimanche, si la Messe ^à laquelle on assiste est .Paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'Eau bénite, et en beaucoup d'Églisesyia Procession, devront d'abord intéresser la piété.
.Pendant l'Aspersion , on demandera la pureté de cœur nécessaire • pour prendre part au double Avéoe^ ment de Jésus - Christ, et en recevant sur soi-même 'Cette eau sainte, dont l'aspersion nous prépare à assis- >ter dignement au grand Sacrifice dans lequel est épanchée, non^plus une eau figurative, mais le Sang même de'l'Agneau, on pensera au Baptême d'eau par lequel saint Jean-Baptiste préparait les Juifs à cet autre Baptême qui devait être reJBTet de la puissance et de la miséricorde du Médiateur.
La Procession qui précède Ja JMesse nous rappel*lera l'obligation où nous sommes de nous tenir debout, ayant des flambeaux allumés dans nos mains^ et prêts à marcher au-devant de Celui qui doit venir (1). L'Église est sans cesse en marche vers son Époux, et nos âmes doiventraifêsi courirau-devant
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de leur souverain bien, jusqu'à ce qu'elles Talent ren* contré.
Enfin, le moment du Sacrifice est arrivé. Le Prêtre ^t au pied de l'autel, Dieu est attentif^ les Anges adorent^ toute l'Église est unie au Prèti*e qui lui-même n'a qu'un même sacerdoce , une même action avec Jésus-Christ, le souverain Prêtre. Faisons avec lui le sign^ de la Croix.