‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 70 sur 149 · PRIERE DU MISSEL GALLICAN · texte numérisé non relu

PRIERE DU MISSEL GALLICAN

{In Adventu Dominij Immolatio.)

C'est une chose digne et juste, qae nous vous rendions grâces en tout temps et en tous lieux, ôvous, Seigneur saint, Père

Vere dignum et justum' est, nos tibi hic et ubiquesemper gratias agere, Domine sanete , Pater omni-

potens, œterne Deus, cai proprinra est veniam delictts impendere, quam pœnaliter imminere. Qui fabricam tui operis per eumdem rursus lapidem es dignaius erigere, ne imago , quae ad similitudineni tui facta fuerat vivens, dissiroilis haberetiir ex morte. Munus venialis indulgentiae prœstitisti : ut unde mortem peccatocontraxerat, indc vitara pietas repararet imraensa.

Hsee postquam Prophetica saepius vox praedixit ; et Gabriel Angélus Marise jam prœsenlia nunliavit, mox puellae credentis in utero, Bdeiis Yerbi mansit aspirata conceptio ; et illa proies nascendi siib lege latuit, quae cuncta suo nasci nutu concessit. Tumebatur Virginis sinus ; et fecunditate suoi'um viscerura corpus nlirabaturintactum. Grande fuundo spondebatur auxiiium y. fœminaB partus sine viro mysterium ; quando nuliius maculse nebula fu&cata tenso nutriebat ventre prseeordia, mox futuia soi genitrix genitorls.

tout- puissant , Dieu éternel, dont la nature est plutôt d'aceorder le pardon du péché que de sévir par de justes châtiments. C'est vous qui avez daigné employer à relever Téditice que vos mains avaient bâti, la même pierre qui était entrée dans sa construction ; afin que cette image vivante que vous aviez formée à votre ressemblance, ne fût pas 'rendue dissemblable à son principe par la mort. Vous avez accordé une remise pleine d'indulgence, afin que la cause même qui avait produit la mort par le péché, servît à réparer la vie , par votre immense miséricorde.

La voix des Prophètes fit plus d'une fois retentir l'oracle , et vint l'Ange Gabriel annoncer à Marie que les temps étaient arrivés. La Vierge crut , et dans son sein s'accomplit la conception tant désirée du Verbe fidèle aux promesses : et il fut soumis aux lois de la naissance humaine, celui par la volonté duquel tons les êtres sont produits. Le sein de la Vierge prenait accroissement , et , malgré la fécondité de ses entrailles, son corps ne perdait rien de sa merveilleuse pureté. Un remède puissant était promis au monde, parce mystère de l'en fan tenaent d'une femme sans le secours de l'homme ; de cette femme dont le plus léger nuage n'obscurcit jamais la pudeur, et qui pourtant , Mère future de son créateur , sentait croître en elle le fruit que nourrissait ses entrailles*

LE MERCREDI

DES QUATRÈ-TEMPS

Le Seignear est dëjà piHV Prope est jam Dominas : che : venezy adorons-le. venite, adoremus.

L'Église commence à pratiquer en ce jour le jeûne appelé des Quatre-Temps, lequel s'étend aussi au Vendredi et au Samedi suivants. Cette ohser\'ance n'appartient point à Téconomie liturgique de FAvent : elle est une des institutions générales de TAonée Ecclésiastique. On peut la ranger au nombre des usages qui ont été imités de la Synagogue par l'Église ; car le Prophète Zacharie parle du Jeûne du quatrième ^ du cinquième y du septième et du dixième mois, L'iutroduc* lion de cette pratique dans l'Église Chrétienne semble remonter aux temps apostoliques ; c'est du moins le sentiment de saint Léon, de saint Isidore de Séville, de RhabanMaur et de plusieurs autres écrivains de l'aïitiquité chrétienne : toutefois, il est remarquable que les Orientaux n'observent pas ce jeûne.

Dès les premiers siècles, les Quatre-Temps ont été fixég, dans l'Église Romaine, aux époques où on les garde encore présentement : et si l'on trouve plusieurs témoignages des temps anciens dans lesquels il est parlé de Trois Temps et non de Quatre, c'est parce que les Quatre-Temps du printemps, arrivant toujours dans le cours de la première Semaine de Carême, B'aj<>uteftt

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rien aux observances de la sainte Quarantaine, déjà consacrée à une abstinence et à un jeûne plus rigoureux que ceux qui se pratiquent dans tout autre temps de Fannée.

Les intentions du jieûne des Quatre - Temps sont les mêmes dans TÉglise que dans la Synagogue; c'est-àdire de consacrer par la pénitence chacune des saisons de Tannée. Les Quatre-Temps de TAvent sont connus, dans Tantiquité ecclésiastique, sous le nom de Jeûne du dixième mois; et saint Léon nous apprend, dans undes Sermons qu'il nous a laissés sur ce Jeûne> et dont l'Église a placé un fragment au second Nocturne du troisième Dimanche de l'A vent, que cette époque a été choisie pour une manifestation spéciale de la pénitence chrétienne, parce que c'est alors que la récolte des fruits de la terre étant terminée, il convient que les chrétiens témoignent au Seigneur leur reconnaissance par un sacrifice d'abstinence, se rendant d'autant plus dignes d'approcher de Dieu , qu'ils se montreront plus supérieurs à l'attrait des créatures; « car, ff ajoute le saint Docteur, le jeûne a toujours été <x l'aliment de la vertu. II est la source des pensées a chastes, des résolutions sages, des conseils salutaires. 0 Par la mortification volontaire , la chair meurt aux a désirs de la concupiscence, l'esprit se renouvelle dans a la vertu. Mais parce que le jeûne seul ne nous suffit a pas pour acquérir le salut de nos âmes, suppléons au a reste par des œuvres de miséricorde envers les pau- « vres. Faisons çervir à la vertu ce que nous retran- « cherons au plaisir; et que l'abstinence de celui qui «jeûne devienne la nourriture de l'indigent. x>

UTUR&IQUE. 309

Prenons notre part de ces avertissements, nous qui sommes les enfants de la sainte Église; et puisque nous vivons à une époque où le jeûne de TA vent n'existe plus, portons- nous avec d^autant plus de ferveur à remplir le précepte des Quatre -Temps , que ces trois jours sont, en y joignant la Vigile de Noël, les seuls auxquels la discipline actuelle de l'Église nous enjoigne d'une manière précise, en ce temps, Tobligalion du jeûne. Ranimons en nous, à l'aide de ces légères observances, le zèle des siècles antiques, nous souvenant toujours que si la préparation intérieure est sui"tout nécessaire pour TA véneraent de Jésus-Christ dans nos âmes, cette préparation ne saurait être véritable en nous, sans se produire à l'extérieur par les pratiques de la religion et de la pénitence.

Le jeûne des Quatre -Temps a encore une autre fin que celle de consacrer, par un acte de piété, les diverses saisons de l'année; il a une liaison intime avec rOrdination des Ministres de l'Église , qui reçoivent le Samedi leur consécration, et dont autrefois la proclamation avait lieu devant le peuple à la Messe du Mercredi. Dans l'Église Romaine, l'Ordination du mois de Décembre fut longtemps célèbre ; et il parait, par les anciennes Chroniques des Papes, que, sauf les cas tout à fait extraordinaires, le dixième mois fut, durant plusieurs siècles, le seul où. Ton conférât les saints Ordres à Rome. Les fidèles doivent s'unir aux intentions de l'Église, et présenter à Dieu l'offrande de leurs jeûnes et de leurs abstinences, dans le but d'obtenir de dignes Ministres de la Parole et des Sacrements, et de véritables Pasteurs du peuple chrétien.

«t) l'a VENT

En l'Office des Matines, FÉglise ne lit rien aujourd'hui du Prophète Isaïe : elle se contente de rappeler le passage de TÉvangile de saint Luc dans lequel est racontée l'Annonciation de la Sainte Vierge, et lit ensuite un fragment du Commentaire de saint Ambroise sur ce même passage. Le choix de cet Évangile, qui se retK)uve aussi à la Messe, suivant l'usage de toute l'année, a donné une célébrité particulière an Mercredi de la troisième Semaine de l'A vent. On voit, par d'anciens Ordinaires à l'usage de plusieurs Églises insignes, tant Cathédrales qu'Abbatiales, que l'on transférait les fêtes qui tombaient en ce Mercredi ; qu'on ne disait point ce jour-là, à genoux , les prières fériales ; que l'Évangile Missus est, c'est-à-dire de l'Annonciation, était chanté à Matines par le célébrant revêtu d'une chape blanche, avec la croix, les cierges et l'enoens ,- et au son de la grosse cloche ; que , dans les Abbayes , l'Abbé' devait une Homélie aux Moines , comme aux fêtes solennelles. C'est même à cet usage que nous sommes redevables des quatre magnifiques Sermons de saint Bernard sur les louanges de la Sainte Vierge, et qui sont intitulés : Super Missus est.

Comme il est rare que la Messe des Quatre -Temps soit chantée hors des Églises où Ton célèbre l'OflBce Canonial, et aussi, pour ne pas grossir ce volume outre mesure, nous n'avons pas jugé à propos de donner ici fe texte des Messes des Mercredi, Vendredi et Samedi des Qjiatre^Temps de l'A vent. Nous nous contenterons d'indiquer la Station. Le Mercredi, elle a lieu à Sainte- Marie-Majeure, à cause de l'Évangile de l'Annonciation qui, comme on vient de le voir,, a fait pour ainsi

dire attribuer à ce jour les honneurs d*une véritable Fête de la Sainte Vierge.

Gomme nous devons toucher quelque chose de ce mystère, ci-après, dans le Propre des Saints de TAvent, nous nous contenterons d'insérer ici une Prose du moyen-âge, en l'honneur de la glorieuse Vierge saluée par TAnge, et ime prière tirée des anciennes- Liturgies.

PROSE EN l'honneur DE LA SAINTE VIERGE. ( Tirée du Missel de Cluny de 1S23.)

Sur le seuil de la demeure virginale, PAnge apparaît à Marie, et, pour rassurer son effroi, lui dit avec douceur :

Salut, Reine des vierges !

vous concevrez le Maître du ciel et de la terre, et sans cesser d'être Vierge, vous enfanterez le Salut des hommes ; ô vous , la porte du ciel, le baume de nos iniquités !

Comment concevrai-jc , moi qui ne connais point l'homme ?

Comment pourrai-jeenfreindre le vœu que mon cœur a juré ?

L'Esprit-Saint, par sa grâce, consommera tous ces mystères; ne craignez point , mais pleine de joie , rassurez-vous ; car la pudeur en tous demeurera sans tache , par la puissance de Dieu.

Adonc, la noble Vierge répond et dît : Je suis Thumble petite servante du Dieu toutpuissant.

Céleste messager, confident d'un si haut secret, je consens et veux voir accomplie cette parole que j'entends : me voici

Angclus ad VIrgInem Subintrans in conclavi , Virginis formidinem Demulcens, inqult ei :

Ave, Regina virgioum, Cœli terraeque Dominum Goncipies et paries,

Intacta , Salutem hominum ; Tu porta cœli facla , Medela criminum.

Quoniodo conciperem, Quae viril m non cognovi ?

Quai i ter infringerem Quœ firma mente vovi ?

Spiritus Sancti gratia Perficict hsBc omnia :

Ne timeas , sed gaudeas ,

Secura Qnod castimonia Manebit in tepura, Dei potentia.

Ad hsec Virgo nobilis Respondens inquit ei :

Servula sum humilis Omnipotentis Dei.

Tibi cœlestinuncio, Tanti secret i conscio, Consentiens, et cupiens Videre ,

l'atbnt

Factum qiiod audio ^ Paratasum parère Dei consilio.

ÀDgelus disparuit, Et statim puellaris Utérus intumuit Vi partus Virginalis.

Qui circumdatus utero , Novem mensium numéro, Hinc exiit et iniit Conflictum , Affigens humero crucem, QusB dédit ictum Hosti mortifero.

Ëia ! Mater Domini, Ouœ pacem reddidisti Angelo et horaini , Quando Ghristum genuisti ;

Tuum exora Filium Ut se nobis propitium Exhibeaty et deleat ,

Peccata , Pi*8estans auxilium Vita frui beata , Po8t hoc exilium. Amen.

prête à condescendre aa dessein de Dieu.

L'Ange disparut, et soudain le sein très-pur de la Vierge montra Tinaice de la future maternité.

Son fruit, captif neuf mois dans de si chastes entrailles, en sortit et s'en alla au grand combat , appuyant sur son épaule la croix de laquelle H frappa à mort l'homicide ennemi.

Las! Mère du Seigneur, qui avez rendu la paix à l'Ange et à l'homme, en mettant le Christ au monde;

Suppliez votre Fils, quMi nous soit secourable et qu'il efface nos fautes; qu'il nous vienne en aide, et nous fasse jouir de la vie bienheureuse, au terme de cet exil. Ameo.

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