SAINTE BARBE, VIERGE ET MARTYRE
L'Église Romaine n'a consacré qu'une simple Commémoration à sainte Barbe, dans TOffice de saint Pierre Ghrysologue; mais elle a approuvé un Office entier à l'usage des Églises qui honorent spécialement la mémoire de cette illustre Vierge. La Légende qui suit, quoique fort grave, n'a donc point l'autorité de celles qui sont promulguées pour toute l'ÉgJise dans le Bréviaire Romain. Nous n'en devons pas moins rendre nos hommages à cette glorieuse Martyre, si célèbre dans tout l'Orient, et dont l'Église Romaine a depuis longtemps adopté le culte. Ses Actes, pour n'être pas de la première antiquité, n'ont rien que de glorieux à Dieu et d'honorable à la Sainte. Nous avons relevé ci -dessus l'importance liturgique de sainte Barbe au temps de l'A vent. Rendons hommage à la fidélité avec laquelle cette Vierge attendit l'Époui:, qui
LirUEGIQUE.
ne manqua pas à l'heure dite^ et qui fut pour elle ua Époux de sang, comme parle TÉcriture, parce qu'il avait reconnu la force de son amour.
Barbe, Vierge de Nicomédie, fille de Dioscore, noble personnage, mais attaché aux superstitions payennes , parvint , à Taide de la ^râce divine, à connaître les choses invisibles par la vue de ce monde visible : c'est pourquoi elle ne voulut plus s'occuper que de Dieu seul et des choses divines. Son père, voulant, à cause du grand éclat de sa beauté, la soustraire aux regards des hommes, l'enferma dans une tour , où la pieuse Vierge vivait dans la prière et la méditation, ne pensant qu'à plaire à Dieu seul, qu'elle avait choisi pour Epoux. Dioscore, à diverses reprises , lui offrit de nobles alliances qu'elle dédaigna généreusement. Pensant alors qu'en se séparant de sa fille, il pourrait plus facilement adoucir ses résistances , il fît construire un bain dans
la tour qu'elle habitait, afin
Su'elle eut toutes les commoités de la vie; puis il partit pour une contrée lointaine.
Pendant l'absence de son père , Barbe fit ajouter aux deux fenêtres de sa tour, une troisième en l'honneur de la divine Trinité, et tracer l'image de la très-sainte Croix sur le bord de la baignoire. Â son retour, Dio8Core ayant vu ces nouveautés et connu leur motif, s'emporta contre sa fille au point dese jeter sur elle, l'épée nue à la main ; peut s'en fallut
Barbara , Virço Nicomediensis, Dioscori nobilis , sed superstitiosi hominis ûlia, per ea ause visibilia facta sunt, ad invisibilia, divina opitulante gratia, facile pervenit. Quapropter sqH Deo rebusque divinis vacare cœpit. Eam pater, utpote forma venustiori nitentem, a quocumque virorum occursu tutari eu piens, turri inclusit : ubi pia Virgo meditationibus et precibus addicta, soli Deo quem sibi in sponsum elegerat , placerestudebat. Oblata a pâtre
Ï>luries nobilium connubia brliter sprevit. Pater vero per sui absentiam filise animum posse facilius emoUiri confidens, jussit primo balneum extrui, ne ^uid ei deesset ad commoditatem ; deinde peregre in exteras regiones profectus est.
. Absente pâtre, jussit Barbara duabus fenestris quae in turri erant, tertiam addi in honorem divinœ Trinitatis, labiumque balnei sacrosanctae Grucis siçno muniri : quod ubi rediens Dioscorus inspexil, audita novitatis causa , adeo in filiam excanduit ut stricto ense eam appetens, parum abfuit ut eam dire confoderet; 16*
3iâ
séd prœsto adfuit Deus; narn fugienti Barbarae saxum ingeos se patefaciens viam aperuit , per quam montis fastigium petere y et sic in i^pecu latere potnit; sed paulo post cum a neqnissimo genitore reperta fuisset, ejus latera pedious dorsumque pugnis immaniter percwssit , et crinibus per loca asperadifïïcilesque vias raptatam Marcianô Prsesîdi punicndam tradidit. Itaqaeab ipso omnibus modis , sed incassum tentata, nudam nervis cœdi, et inflicta vaincra testulis confricari , deinde in caroerem trahi praecepit : ubi immensa luce circumdatus ei Ghristus apparens , rairifice confor tatam in passionum tolerantia contirmavit : quod animadvertens Juliana matrona , ad fidem conversa ejusdero palmœ particeps effecta est.
Barbarae demum ferreis unguibus membra laniantur, facibus latera incenduntur, et malleolis caput contanditur : quibus in cruciatibus consortem solabatur et hortabalur ut ad finemusque constanlercertaret.Prœcisis tandem utrique uberibus, nudae per loca publica tiactse , filiœque cervicem ipse scelestissimus pater humanitatis expers , propriis manibus amputavit : cujus fera crudelitas non diu inulta remansit ;.
même qu'il ne la perçât dans sa fureur; mais Dieu Tint au secours de la Vierge. Dans sa fuite précipitée, un énorme rocher lui ouvrit un passage , par où elle parvint au sommet d'une montagne, et se cacha dans une grotte. Peu après, ce père dénaturé Payant découverte, Taccabla de coups, la foula sous ses pieds , la ti*aîna par les cheveux à travei-s des sentiers âpres et rocailleux, et la livra lui-même au gouverneur Marcien , pour être châtiée. Celui-ci employa, mais en vain, tous les moyens pour rébranler. Il la fit battre nue à coups de nerfs de bœuf , et déchirer ses blessures encore fraîches avec des débris de poterie , et enfin jeter dans une prison. Là, le Christ lui apparut, environné d'une grande lumière, et la fortifia merveilleusement pour sa dernière passion. Témoin de ce prodige, une Dame , nommée Juliana , se convertit à la foi et pai*tagea la palme de cette Viei-ge.
Barbe eut encore les membres déchirés par les ongles de fer, les flancs brûlés avec des torches, la tête battue à coups de maillets; et , dans ces tourments, elle consolait sa compagne et Fencourageait à combattre , sans faiblir, jusques à la fin. Enfin, toutes les deux eurent les mamelles coupées , furent traînées nues à travers les places publiques et décapitées. Ce fut un père abominable qui eut assez de barbarie pour trancher de ses mains la tête de sa fille. Mais cette af-
LITITRGIQUJB*
freuse cruauté ne fut pas longtemps impunie; à Theure même et au môme lieu, la foudre rétendit mort. Le corps de celte bienheureuse Vierge fut transporté d'abord , par les soins de l'Empereur Justin, de Nicomédie à Gonstantinople ; puis , plus tard , les Vénitiens rayant obtenu des Empereurs Constantin et Basile , Tenlevèrent de Gonstantinople, et le déposèrent solennellement dans la basilique de Saint -Marc.
Enfin, en dernier lieu, sur les instantes prières de TÉvêque de Torcello et de sa sœur, qui était Âbbesse , on le transféra , Tan de notre salut 1009, dans l'Eglise des Religieuses de Saint Jean-rËvangéliste, au diocèse de Torcello , où il fut honorablement enseveli , et où il est présentement encore l'objet d'une constante vénération.
nam statîm eo ipso in loca fulmine parcussus interiit.
Corpus hujus beatissimsB Virginis Justinus Imperator Nicomedia auferens , Gonstantinopolira primumtransportavit. Illud idem , cum in progressu temporis ab Imperatoribus Gonstantino et Basiiio impetrassent Venetii, Gonstantinopoli de* ductum in Sancti Marci Basilica fuit deinde solemniter coUocatum. Postremo et ultimo , supplicantibus Torcellano Episcopo ejusque sorore Âbbatissa, ad Ëcclesiam moniàliumSancti Johannis Evangelistse Torcellanae diœcesis, anno salutis millesimo nono defertur : ubi et honoritice conditum , perpétue cultu ad praesens usque tempus summopere veneratur.
Tel est le récit de la vie et du martyre de la courageuse Vierge de Nicomédie. On Tinvoque dans TÉglise contre la foudre, en mémoire du châtiment que la justice divine infligea à son détestable père. Sa qualité de protectrice du peuple chrétien contre le feu du ciel, a fait donner son nom aux magasins de poudre sur les vaisseaux, et Ta donnée; pour patronne aux artilleurs, aux mineurs, et généralement aux corporations dans lesquelles on emploie la poudre à canon. On la prie aussi pour être préservé de la mort subite, tant a fait d'impression sur les fidèles la fin terrible de Dioscore !
Nous trouvons, dans les Missels Romains-Français
3S4 l'avknt
du XYi« siècle^ deux Proses en Thoimeur de sainte Barbe ; Tune commence ainsi ; Fons virtutum, o BoT" bar al et l'autre débute par ces mots : Virg,o mitisy gènerosa. Elles ne sont point assez remarquables pour que nous leur donnions place ici. Nous dirons la même chose des quatre Hymnes : 0 quam mirifico laudis honore, — Dum tuos clerus jubilans agonesy — In cœlesti collegio, — 0 Christi martyr et inclyta^ qui se trouvent dans les Bréviaires du même rite ; et nous nous contenterons d'extraire de ces livres une gracieuse Antienne composée dans les temps chevaleresques.
ANTIENNE
0 divinae bonitatis iai- 0 miséricorde immense de
mensa clementia, qua&Bar- la divine bonté, qui a glorifié
baram illustravit vero cla- Barbe par la splendeur de la
ritatis lumine , ut terrensB seule véritable lumière ,. et Fa
dignitatis contempto splen- rendue digne de s'unir à la Di-
dore, divinitatis conscia ef- vinité , après qu'elle eut mé-
fici mereretur : haec velut prisé les honneurs de la teiTel
lilium inter spinas enituit, Elle a brillé comme un lys
et lux in tenebris eluxit. entre les épines; elle a lui
Alléluia. comme la lumière dans les té^
nèbres. Alléluia.
L'Église Grecque est abondante sur les louanges de sainte Barbe. Nous allons extraire de ses Menées quelques-unes des nombreuses strophes dans lesquelles est célébrée la gloire de cette sainte martyre.
HYMNE TIRÉE DE l'ANTHOLOGIE DES GRECS.
Quando coram te , vene- Quand s'apparut à toi la
randa martyr Barbara, dul- douce mort, ô Barbe, ô martyre
cis mors apparuit , gaudens vénérable , joyeuse et triom-
et festinans cursum com- phante, tu accomplis ta course;
plevisti, implique genitoris tu fus immolée par les mains
inj ustis manibus sacrifîoata iniques d'un père impie ; c'est
iiTimaïQUE.
pourquoi , réunie aux cliœurs des Vierges vraiment prudentes, tu contemples la splendeur de ton Kpoux.
Votre jeune brebis, ô Jésus , s'écrie vers vous à liaute voix :
C'est vous , 6 mon époux , que je désire; c'est vous que je cherclie en combattant ; je suis immolée et ensevelie en votre Baptême ; je souffie pour vous, afin de régner avec vous ; je meurs pour vous, afin de ne vivre plus qu'en vous ; recevez en parfait sacrifice celle qui vous est offerte en sacrifice d amour.
A sa prière , sauvez nos âmes, miséricordieux Seigneur !
Éclose sur un tronc épineux^ ô rose sacrée , q^ui embaumes TÉglise de tes parfums; toi qu'un généreux combat empourpra de ton sang, nous chantons aujourd'hui dignement ta bienheureuse mémoire, ô Barbe, pleine de gloire !
Tu ne fus touchée , ni par Fattrail des délices, ni par la fleur de la beauté , ni par les plaisirs de la jeunesse, o Barbe glorieuse , fiancée au Christ , Vierge parée de toutes les grâces !
Durant ton combat,tous furent saisis de stupeur, en te voyant afironter les coups des bourreaux, les liens, les tortures, la prison , ô Barbe très-illustre î c'est pourauoi, Dieu t'a récompensée de la couronne désirée ; tu as fourni la carrière avec courage, et le Seigneur a cicatrisé tes plaies.
Amante fidèle du Christ ton
es, et Deo oblata es victima:
unde vere prudentium Virginum conjuncta choris, tui sponsi contemplàris splendorem.
Agna tua, Jèsu, magna voce clamât : Te, sponse mi, desidero, et quaerens té pu** gno, et confixa sum et con«^ sepulta tuo baptismati, et patior propter le, ut regnem tecum ; et raorior pro te, ut et vivam in te : sed ut sacrificium irreprehensibile suscipe amanter sacrificatam tibi. Ulius precibus , ut misericors, salva animasnostras.
E spinosa exorta radice; rosa sacratissima , Ecclesiam suaviter inodoraos, te rubore prselii per sanguinem purpuratam , gloriosa^ Barbara , nunc dignissime bcatam celebramus.
Non deliciarum jucunditas, non pulchritndinisflos, neque divitiae , neque juventutis voluptates te mulserunt, Barbara gloriosa ,• Christo desponsata , puicherrima Virgo.
In certamine tuo omnes obstupefecisti ; oam tôlerasti tyrannorum cruciatus, vincula, tormenta,. Barbara celeberrima : quapropter et corona Deus te donavit quam desiderasti : cura animo cucurristi , et ille sanam te fecit.
Sponsum tuum Christum*
adamata^ lampadis tns^fulgore prœparato , virtutibus refulsisti, laude dîgna : unde ingressa es cum eo ad nuptias, ab eo recipiens certaminis coronam : sed a
Eericulis libéra nos celérantes, Barbara, tu i mémoriam*
Tribus ostiolis lavacrum illustrari jubens , mystice indicasii Baptisma , o Barbara, Trinitatis lumine animabus splendidam suppetens purgationem.
Furore terribili patris declinato, Barbaram statim se scindens mons recepit , ut olim illustrem Protomart^rem Tbeclam, miraculum opérante Christo.
Gladio te, martyr Barbara, immolans pater, Abraham alter, sed diabolo ravit.
Apparuit Christus in lumine inaccessibili tibi inclusse, oBarbara, in carcere, ut confidens te iocitans , et vibices sanans et laetitiam praebens : unde alas accepisti Sponsi tui amore.
Angélus fulgidus te,propter Cbristum denudatam , veneranda Barbara, vestivit, utsponsam, veste splendida qu8B vulnera texit; stolam enim induisti divinam afferentem mutationem.
Demonstrata est eviden-^ tf'r, Christe , propbetia tua adimpleta : pater namque
époux, t» as avec soin préparé j ta lampe , jetant autour de toi l'éclat de te» vertus, ô digne de toutes louangesIG'est pourquoi, i tu es entrée avec lui a la noce, recevant de sa main la couronne du combat. Délivre - nous de tous maux, nous qui célébrons, ô Barbe , ta mémoire.
Tu fis éclairer le bain par trois ouvertures, pour expliquer mystiquement le Baptême, oui procure aux âmes une éclatante purification , par la vive lumière de la Trinité.
Pour la soustraire à la colère d'un père furieux , une montagne ouvre à Barbe ses flancs, comme il arriva autrefois à Tbècle rillustre Protomartyre, par la vertu miraculeuse du Christ.
Ton père, ô Barbe , illustre martyre, t'immole avec le glaive, comme un second Abraham; mais c'est au culte du diable qu'il est voué.
Le Christ , environné d'une inaccessible lumière, s'apparut à toi, ô Barbe, dans ta prison, pour ranimer ta confiance, cicatriser ta chair sillonnée par les coups et t'appoiter la joie ; et l'amour de ton Époux te donna des ailes.
Quand tu fus livrée pour le Christ à une honteuse nudité, un ange de lumière- te revêlil, ainsi qu'une Épouse , d'aune robe éclatante pour couvrir tes blessures ; et tu as été parée, à Martyre^ du vêtement de gloire en lequel s'opère la transmutation.
Votre prophétie, ô Christ ! a été manifestement accomplie:
car voici le père qui traîne sa
fine à la mort; il se fait lui- (î1iainadc(Bdetnti*aclft,îpse même Tartisan d'un pareil artifexjugulationis; qui Immeurtre ; mais bientôt ce père probus genitor tuœ martydénaturé d^^une martyre , est ris stupendo modo c cœlo miraculeusement consumé par igné consumitur. le feu du ciel.
Entrée dans la carrière des ÂthleticamingrcssaTiam, athlètes, tu as résisté à l'injuste paternam renuisti volnnta- Tolonté de ton père, 6 digne de tem , tota honorabilis , et tout honneur! et Vierge sa^e, Virgo quidem sapiens latntu es sortie lalampeàiamam, padem ferens, egressa es pour gagner le palais de ton ad mansiones Dominitui; Seigneur. Martyre généreuse , et ut Martyr generosa, gratu as reçu la grâce de guérir tiàm accepisti sanandi carde la peste; délivre-nous, par nis putidam ])estilentiam : tes prières auprès de Dieu , de et nos hymnificantes te , toutes douleurs en nos âmes, spiritualibus doloribus linous qui chantons des hymnes bera tuis ad Deum precibus. en ton honneur.
Nous venons joindre notre faible voix à celle de tant dTÉglises, ô Vierge fidèle! et vous offrir à la fois nos louanges et nos prières. Voici que le Seigneur vient, et nous sommes dans la nuit : daignez donner à notre lampe et la lumière qui doit guider nos pas, et Thuile qui entretient la lumière. Vous savez que celui qui est venu pour vous , et avec qui vous êtes éternellement,^ s'approche pour nous visiter; obtenez que nul obstacle ne nous empêche d'aller au-devant de lui. Que notre vol vers lui soit courageux et rapide comme fut le vôti-e; et que, réunis à lui, nous ne nous en séparions plus : car celui qui vient est véritablement le centre de toute créature. Priez aussi, ô glorieuse Martyre, afin que la foi dans la divine Trinité brille en ce monde d'un éclat toujours croissant. Que Satan, notre ennemi, soit confondu, lorsque toute langue confessera la Triple Lumière figurée par les fenêtres de votre tour, et la Croix victorieuse qui a sanctifié les
eaux. Souvenez-vous^ Vierge chérie de TÉpoux, qu'en vos mains pacifiques a été remis le pouvoir^ non de lancer la foudre, mais de la retenir et de la détourner. Protégez nos navires contre les feux du ciel et contre ceux de la guerre. Couvrez de votre protection les arsenaux qui renferment la défense de la patrie. Entendez la voix de tous ceux qui vous invoquent, soit qu'elle monte vers vous du milieu de la tempête , soit qu'elle parte des entrailles de la terre ; et sauvez-nous tous du terrible châtiment de la mort subite.
Considérons les nations répandues sur la siu*face dé la terre, divisées de mœurs, de langage et d'intérêts, mais réunies dans Tattente du Libérateur qui doit bientôt paraître. Ni la profonde corruption des peuples, ni tant de siècles écoulés depuis l'âge des traditions, n'ont pu effacer en eux cette espérance. En ce moment même où le monde va tomber en dissolution^ un symptôme de vie se révèle; un cri se fait entendre par toute la terre : le Roi universel est sur le point de paraître ; un Empire nouveau, saint et éternel, va réuniràjamais les nations. C'est ainsi, ô Sauveui' ! que sur son lit de mort, Jacob l'avait annoncé, lorsque, parlant de vous, il avait dit ; // sera l'attente des nations. Les hommes ont bien pu se plonger dans toutes sortes de dégradations : ils n'ont pu faire mentir cet oracle. Les voilà forcés de confesser leur incurable misère, en exprimant cette attente prophétique d'un sort meilleur. Venez donc, ô Fils de Dieu! recueillir cette étincelle d'espérance; c'est le dernier hommage que l'ancien monde vous offre ea
périssant.. L'attenie d'un Libérateur est le lien qui réunit' en un seul tout les deux grandes fractions, de la vie de Thumanité , avant et après votre Naissance. Mais^ ô Jésus ! si le monde palen^ du milieu de ses crimes et de ses erreurs, a eu encore un soupir vers vous^ que ferons-nous^ héritiers des promesses, en ces Jours où vous vous apprêtez à venir prendre possession de nos âmes déjà initiées ? Faites que nos coeurs vous aiment déjà, ô Jésus , quand vous viendrez les visiter. Cultivez leur attente, nourrissez leur foi, et venez.