‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 130 sur 189 · emps de la Septuagésime · texte numérisé non relu

emps de la Septuagésime

conciliabule du Chêne, avait refusé jusqu'à la tin de souscrire à la réhabilitation de sa victime par le Siège apostolique, et Rome avait dû rompre avec sa tille aînée. Or Cyrille était le neveu de Théophile ; il ne connaissait rien des motifs inavouables de son oncle en cette triste affaire; habitué dès l'enfance à vénérer en lui son légitime supérieur autant que son bienfaiteur' et son maître dans la science sacrée, Cyrille, devenu patriarche à son tour, n'eut même pas la pensée de rien changer aux décisions de celui qu'il regardait comme un père : Alexandrie resta séparée de l'Eglise romaine. Véritablement pareil au serpent, dont la bave empoisonne tout ce qu'elle touche, Satan avait donc tourné à son profit contre Dieu les plus nobles sentiments. Mais Notre-Dame, amie des cœurs droits, n'abandonna pas son chevalier. Au bout de quelques années dont les traverses apprirent au jeune patriarc'ne à connaître les hommes, un saint moine, Isidore de Péluse, ouvrait pleinement ses yeux à la lumière; Cyrille, convaincu, n'hésitait pas à rétablir siir les diptyques sacrés le nom de Jean Chrysostome. La trame ourdie par l'enfer était dénouée : pour les nouvelles luttes de la foi qui allaient s'engager en Orient, Rome retrouvait sur les bords du Nil un nouvel Athanase.

Ramené par un moine dans les sentiers de la sainte unité, Cyrille voua aux solitaires une atfection pareille à celle dont les avait entourés son illustre prédécesseur. Il les choisit pour confidents de ses angoisses, au premier bruit des impiétés nestoriennes ;

'Cyrille d'Alexandrie, Êv. et Doct. 343

dans une lettre devenue célèbre, c'est leur foi qu'il veut éclairer la première sur le danger qui menace les Eglises. « Car, leur dit-il, « ceux qui ont embrassé dans le Christ Ten- « viable et noble vie qui est la votre, doivent « premièrement briller par l'éclat d'une foi « sans équivoque et non diminuée, et gref- « fer ensuite sur cette foi la vertu; cela fait, (( ils doivent mettre leur opulence à dévelop- (( per en eux la connaissance du mystère du « Christ, tendant par tous les eftorts à en <( acquérir l'intelligence la plus parfaite. « C'est ainsi que je comprends, a)oute le « saint Docteur, la poursuite de l'homme « parfait dont parle l'Apôtre i, la manière « d'arriver à la mesure du Christ et à sa «. plénitude - ».

Le patriarche d'Alexandrie ne devait pas se contenter d'épancher son âme avec ceux dont l'assentiment lui était assuré d'avance. Par des lettres où la mansuétude de l'évéque ne le cède qu'à la force et à l'ampleur de son exposition doctrinale, Cyrille tenta de ramener Nestorius. Mais le sectaire s'opiniàtrait; à défaut d'arguments, il se plaignit de l'ingérence du patriarche. Comme toujours en "pareille circonstance, il se trouva des hommes d'apaisement qui , sans partagerson erreur, estimaient que le mieux eût été en effet de ne pas lui répondre, par crainte de l'aigrir, d'augmenter le scandale, de blesser en un mot la charité. A «ces hommes dont la vertu singulière avait la propriété de

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