Cyrille d'Alexandrie. Ev. et Doct. S
« de flammes? Déjà la calomnie, Tinjure, ne « m"ont pas manqué; oubli sur tout cela : a que seulement la foi reste sauve, et je ne « concéderai à personne d'aimer plus ardem- .( ment que moi Nestorius. Mais si, du fait < de quelques-uns, la foi vient à souffrir, «. qu'on n'en doute point : nous ne perdrons « pas nos âmes, la mort même fût-elle sur « notre tête. Si la crainte de quelque ennui (' l'emporte en nous sur le zèle de la gloire « de Dieu et nous fait taire la vérité, de quel u front pourrons-nous célébrer en présence « du peuple chrétien les saints martyrs, (i lorsque ce qui fait leur éloge est uniquece ment l'accomplissement de cette parole ^ : (' Pour la vérité, combats jusqu'à la mort - ! » Lorsqu'entin, la lutte devenue inévitable, il organise la milice sainte qm devra combattre avec lui, appelant à ses cotés les évèques et les moines, Cyrille ne retient plus l'enthousiasme sacré qui l'anime : « Quant à ce qui (( est de moi, écrit-il à ses clercs résidant « pour lui dans la ville impériale, peiner, « vivre et mourir pour la foi de Jésus-Christ f( est mon plus grand désir. Comme il est « écrit, je ne donnerai point de somme'il à « mes yeux, je ne clorai point ynes paupièi-es, « je yi' accorderai point de repos à ma tête ^, « que je n'aie livré le combat nécessaire au « salut de tous. C'est pourquoi, bien péné- « très de notre pensée, agissez virilement; « surveillez l'ennemi, informez-nous de ses « moindres mouvements. Au premier jour
^ I. Eccli. IV, 33. — 2. Cyr. Al. Ep. ix, al. vu. — 3. Psalm. cxxxi, 4-5.
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« je vous enverrai, choisis entre tous, des « hommes pieux et prudents, évêques et « moines; dès maintenant je prépare mes « lettres, telles qu'il les faut et pour qui il « convient. J'ai résolu pour la foi du Christ « et de travailler sans trêve, et de supporter « tous les tourments, même réputés les plus a terribles, jusqu'à ce qu'enfin m'arrive de « subir la mort qui sera douce pour une « telle cause i ».
Informé par le patriarche d'Alexandrie de l'agitation des Eglises, saint Célestin !«% qui occupait alors le Siège apostolique, condamna l'hérésie nouvelle, et chargea Cyrille de déposer l'évêque de Constantinople au nom du Pontife romain, s'il ne venait à résipiscence. Mais les intrigues de Nestorius allaient prolonger la lutte. C'est ici qu'à côté de Cyrille, dans ce triomphe de la femme sur l'antique ennemi, nous apparaît l'admirable figure d'une femme, d'une sainte, qui fut, quarante années durant, la terreur de l'enfer et, par deux fois, au nom de la Reine du ciel, écrasa la tête de l'odieux serpent. En un siècle de ruines, chargée à quinze ans des rênes de l'empire, Pulchérie arrêtait par sa prudence dans le conseil et son énergie dans l'exécution les troubles intérieurs, tanclis que par la seule force de la divine psalmodie, avec ses sœurs, vierges comme elle, elle contenait les barbares. Lorsque l'Occident s'agitait dans les convulsions d'une dernière agonie, l'Orient retrouvait dans le génie de son impératrice la prospérité des plus beaux