l^e Temps de la Septuagésime
du Pontife Romain n'aurait eu pour base que des documents fabriqués plus de deux siècles après la mort de Grégoire !
Assis stir le Siège Apostolique, Grégoire y a paru l'héritier des Apôtres, non seulement comme dépositaire de leur autorité, mais comme associé à leur mission d'appeler à la foi des peuples entiers. L'Angleterre est là pour attester que si elle connaît Jésus- Christ, si elle a mérité durant tant de siècles d'être appelée Vile des Saints, elle le doit à Grégoire qui, touché de compassion pour ces Angles, dont il voulait, disait-il, faire des Anges, envoya dans leur île le saint moine Augustin avec ses quarante compagnons, tous enfants de saint Benoît, comme Grégoire lui-même. Le saint Pontife vécut encore assez longtemps pour recueillir la moisson évangélique, qui crût et mûrit en quelques jours sur ce sol où la foi. semée dès les premiers temps et germée à peine, avait presque été submergée sous l'invasion d'une race conquérante et infidèle. Qu'on aime à voir l'enthousiasme du saint vieillard, quand il emprunte le langage de la poésie, et nous montre « Y Alléluia et les Hymnes romaines « répétées dans une langue accoutumée aux « chants barbares, l'Océan aplani sous les « pas des saints, des flots de peuples indomp- « tés tombant calmés à la voix des prê- « très 1 -) !
Durant les treize années qu'il tint la place de Pierre, le monde chrétien sembla, de l'Orient à l'Occident, ému de respect et