Grégoire le Grand, Pape et Docteur
d'admiration pour les vertus de ce chef incomparable, et le nom de Grégoire fut grand parmi les peuples. La France a le devoir de lui garder un hdèle souvenir ; car il aima nos pères, et prophétisa la grandeur future de notre nation par la foi. De tous les peuples nouveaux qui s'étaient établis sur les ruines de l'Empire romain, la race franque fut longtemps seule à professer la Ci'oyance orthodoxe ; et cet élément surnaturel lui valut les hautes destinées qui lui ont assuré une gloire et une influence sans égales. C'est assurément pour nous, Français, un honneur dont nous devons être saintement tiers, de trouver dans les écrits d'un Docteur de l'Eglise ces paroles adressées, dès le vi* siècle, à un prince de notre nation : « Comme la « dignité royale s'élève au-dessus des autres « hommes, ainsi domine sur tous les royau- « mes des peuples la prééminence de votre « royaume. Etre roi comme tant d'autres n'est « pas chose rare ; mais être roi catholique, « alors que les autres sont indignes de l'être, « c'est assez de grandeur. Comme brille par « l'éclat de la lumière un lustre pompeux « dans l'ombre d'une nuit obscure , ainsi « éclate et rayonne la splendeur de votre « foi, à travers les nombreuses perfidies des « autres nations 1. »
xMais qui pourrait dépeindre les vertus sublimes c^ui firent de Grégoire un prodige de sainteté ? Ce mépris du monde et de "la fortune qui lui fit chercher un asile dans l'obscurité du cloître ; cette humilité qui le