SECONDE COLLECTE
ACUNCTis nos. quaesumus Domine, mentis et corporis défende periculis : et intercedente beata et gloriosa
PRÉSERVEZ-NOUS, s'il VOUS plaît, Seigneur, de tous les périls de l'àme et du corps ; et vous laissant liéchir par l'intercession de la bienheu-
A la Messe.
reuse, et glorieuse Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, du bienheureux Joseph, de vos bienheureux Apôtres Pierre et Paul, du bienheureux .V. [on nomme ici le Saint titulaire de l'Eglise) et de tous les Saints, accordez-nous, dans votre bonté, le salut et la paix, afin que toutes les erreurs et les adversités étant écartées, votre Eglise vous serve dans une liberté tranquille.
Le Prêtre ajoute une troisième Collecte, à son choix.
semperque Virgine Dei Génitrice Maria, cum beato Joseph, beatis Apostolis tuis Petro et Paulo, atque beato A', et omnibus Sanctis, salutem nobis tribue benignus et pacem ; ut destructis adversitatibus et erroribus universis, Ecclesia tua secura tibi serviat libertate.
Lecture de l'Epître du bienheureux Paul. Apôtre, aux Corinthiens. I, Chap. ix.
MES Frères, ne savez-vous pas que. quand on court dans la lice, tous coureni.
mais qu'un seul remporte le prix ? Courez donc de telle sorte que vous le remportiez.
Or. tout athlète garde en toutes choses la tempérance, et ils ne le font que pour gagner une couronne corruptible ; la notre au contraire sera incorruptible. Pour moi.
je cours, mais non pas comme au hasard ; je combats, mais non pas en donnant des coups en l'air ; je châtie mon corps, et je le réduis en servituae ; de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne devienne moi-même réprouvé. Je ne
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Corinthios. \. Cap. ix.
FRATRES, Nescitis quod ii qui in stadio currunt. omnes quidem currunt. sed unus sccipit bravium ? Sic currite. ut comprehendatis. Omnis auiem, qui in ag£>ne contendit, ab omnibus se abstinet : et illi quidem ut corruptibilem coronam accipiant, nos autem incorruptam. Ego igitursiccurro, nonquasi in incertum : sic pcgno, non quasi aerem verberans : sed castigo corpus meum et in servitutem redigo : ne forte cum aliis prœdicaverim. ipse reprobus eflficiar. Nolo
i5o Le Dimanche de la Septuagésime.
enim vos ignorare, fratres, quoniam patres nostri omnes sub nube fuerunt, et omnes mare transierunt. et omnes in Moyse baptizati sunt, in nube et in mari : et omnes eamdem escam spiritalem manducaverunt , et omnes eumdem potum spiritalem biberunt (bibebant autem de spiritali, conséquente eos, Petra ; Petra autem erat Christus) : sed non in pluribus eorum beneplacitum est Deo.
veux pas que vous ignoriez, mes Frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé la mer ; qu'ils ont tous été baptisés sous la conduite de Moïse, dans la nuée et dans la mer ; qu'ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle et bu le même breuvage spirituel. Car ils buvaient de l'eau de la Pierre spirituelle qui les suivait ; et cette Pierre était Jésus-Christ. Mais cependant, sur un si grand nombre, il y en eut peu qui fussent agréables à Dieu.
LA parole énergique de l'Apôtre vient augmenter encore l'émotion que nous apportent les grands souvenirs qui se rattachent à ce jour. Il nous dit que ce monde est une arènedans laquelle il fautcourir, et que le prix n'est que pour ceux dont la marche est agile et dégagée. Gardons-nous donc de ce qui pourrait appesantir notre course et nous faire manquer la couronne. Ne nous faisons pas illusion : rien n'est sûr pour nous, tant que nous ne sommes pas au bout de la carrière. Notre conversion n'a pas été plus sincère que celle de saint Paul, nos œuvres plus dévouées et plus méritoires que les siennes; toutefois, il le confesse lui-même, la crainte de devenir réprouvé n'est pas entièrement éteinte dans son cœur. Il châtie son corps, et il le réduit en servitude. L'homme dans l'état actuel n'a plus cette volonté droite qu'avait Adam avant son péché, et dont cependant il sut faire un si malheureux usage. Un pen-
A la Messe.
chant fatal nous entraîne, et nous ne pouvons garder l'équilibre qu'en sacrifiant la chair à l'esprit. Cette doctrine paraît dure au grand nombre, et c'est pour cela que beaucoup n'arriveront pas au terme de la carrière, et n'auront pas part à la récompense qui leur était destinée. Comme les Israélites dont parle ici l'Apôtre, ils mériteront d'être ensevelis dans le désert, et ne verront pas la terre promise. Néanmoins, les mêmes merveilles dont furent témoins Josué et Caleb s'étaient accomplies sous leurs yeux ; mais rien ne guérit l'endurcissement d'un cœur qui s'obstine à mettre tout son espoir dans les choses de la vie présente, comme si leur périlleuse vanité ne se révélait pas d'ellemême à chaque heure.
Mais si le cœur se confie en Dieu, s'il se fortifie par la pensée que le secours divin ne manque jamais à celui qui l'implore, il parcourra sans faiblir l'arène de cette vie, et il arrivera heureusement au terme. Le Seigneur a les yeux constamment ouverts sur celui qui travaille et qui souffre. Tels sont les sentiments exprimés dans le Graduel.
Vous êtes. Seigneur, notre appui dans le besoin et dans la tribulation : que ceux qui vous connaissent espèrent en vous ; car vous n'abandonnez pas ceux qui vous cherchent.
f. Le pauvre ne sera pas toujours en oubli ; les souffranceg du pauvre ne seront
ADJL'TORin opportunitatibus, iv tribulatione • sperent in te qui noverunt te. quoniam non derelinquis quaerentes te. Domine.
f. Quoniam non in finem oblivio erit pauperis ; patientia pauperura
zr
Le Dimanche de la Septuagésime.
non peribit in aeternam : pas perdues pour réternité : exsurge. Domine, non levez-vous. Seigneur, et que praevaleat homo. l'homme ennemi ne prévale
pas.
Le Trait envoie vers Dieu un cri, du fond de l'abîme de notre déchéance. L'homme est profondément humilié par sa chute ; mais il sait que Dieu est plein de miséricorde, et que sa bonté l'empêche de traiter nos iniquités comme elles le méritent ; autrement, nul de nous ne pourrait espérer le pardon.
DE profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam.
■^. Fiant aures tuas intendentes in orationem servi tui.
"f. Si iniquitates observaveris. Domine : Domine, quis sustinebit ?
^. Quia apud te propitiatio est. et propter legem tuam sustinui te.
Domine.
DES profondeurs de l'abîme, j'ai crié vers vous, Seigneur : Seigneur, écoutez ma voix.
f. Que vos oreilles soient attentives à la prière de votre serviteur.
f. Seigneur! si vous considérez mes iniquités : Seigneur ! qui soutiendra votre jugement ?
f. Mais la miséricorde est en vous ; c'est pourquoi, à cause de votre parole, je vous ai attendu, Seigneur.