‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 77 sur 189 · I. JoHAN. I, i3. — 2. Psalm. xviir · texte numérisé non relu

I. JoHAN. I, i3. — 2. Psalm. xviir

tième jour'de la semaine qu'ils appellent Apocreos, laquelle commence dès le lundi qui suit notre Dimanche de la Septuagésime. Cette semaine est ainsi nommée dans l'Eglise grecque, parce qu'elle annonce et précède immédiatement celle où Ton suspend déjà l'usage de la viande, jusqu'à la fête de Pâques.

A LA MESSE

Rome, la Station est dans la Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs. C'est autour du tombeau du Docteur des nations, du propagateur de la divine semence, du père de tant de peuples par sa prédication, que l'Eglise Romaine réunit les îidèles en ce jour où elle veut leur rappeler que le Seigneur a épargné la terre, à la condition qu'elle se peuplera de vrais croyants et d'adorateurs de son Nom. L'Introït, emprunté au livre des Psaumes, implore le secours du Seigneur. La race humaine est réduite aux abois, elle va s'éteindre : c'est pourquoi elle supplie son auteur de la féconder de nouveau. La sainte Eglise s'associe à ce cri, en demandant au divin Sauveur de multiplier aujourd'hui les enfants de la Parole, comme aux jours antiques.

ExsuRGE. quare obdormis, Domine ? Exsur- 2.e. et ne repellas in tinem : quare faclem tuain avertis, oblivisceris tribuiationem nostram ?

LEVEZ-VOUS . Seigneur ; pourquoi dormez-vous ?

Levez-vous, et ne nous rejetez pas pour jamais. Pourquoi détournez-vous de nous votre visage ? Pourquoi ou-

A la Messe.

bliez-vous notre pauvreté et notre misère ? Notre poitrine est collée contre terre : levezvous , Seigneur ; assisteznous et délivrez-nous.

Ps. O Dieu 1 nous avons ouï de nos oreilles ; nos pères nous ont annoncé vos œuvres.

Gloire au Père. Levez-vous.

Adhaesit in terra venter noster : exsurge , Domine, adjuva nos, et libéra nos.

Ps. Deus, auribus nostris audivimus : patres nostri annuntiaverunt nobis. Gloria. Exsurge.

Dans la Collecte, l'Eglise exprim^ sa confiance dans l'intercession du grana Apôtre saint Paul, ce puissant ministre de la semence divine, qui a travaillé plus que tous les autres à la répandre parmi les Gentils.

COLLECTE

ODiEU , qui voyez que nous ne nous confions en aucune de nos œuvres, daignez nous accorder d'être protèges contre tous les maux, par l'assistance du Docteur des Gentils. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Amen.

DEUS, qui conspicis, quia ex nulla nostra actione confidimus : concède propitius. ut contra adversa omnia Doctoris gentium protectione muniamur. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

On ajoute les autres Collectes, comm.e à la Messe de la Septuagésime, page 148.

L'Epître est ce beau passage d'une des Lettres du grand Apôtre dans lequel; contraint pour'l'honneur et le succès de son ministère d'avoir recours à l'apologie contre ses ennemis, il nous apprend à quel prix les hommes apostoliques ont semé la divine Parole dans les champs arides de la gentilité, et opéré la régénération chrétienne.

iQO Le Dimanche de la Sexagésime.

Lectio Epistûlae beati Pauli Apostoli ad Corinthios. II, Cap. xi.

FRATRES, Libenter suffertis insipientes , cum sitis ipsi sapientes.

Sustinetis enim si quis vos in syvitutem redigit . si quis dévorât .

si quis accipit. si quis extollilur , si quis in faciem vos casdit. Secundum ignobilitatem dico. quasi nos inhrmi fuerimus in hac parte.

In que quis audet (in insipientia dico), audeo et ego. Hebraei sunt ?

et ego. Israélite sunt ?

et ego. Semen Abreihae sunt ? et ego. Ministri Christi sunt ? (ut minus sapiens dico) plus ego :

in laboribus plurimis. in carceribus abundantius, in plagis supra modum, in mortibus fréquenter.

A Judaeis quinquies quadragenas . una minus , accepi. Ter virgis caesus sum , semel lapidatus sum, ter naufragium feci, nocte et die in profundo maris fui. In itineribus saspe, periculisfluminum, periculis latronum, periculis ex génère, periculis ex gentibus, periculis in civitate, periculis in soli-

Lecture de l'Epitre du bienheureux Paul. Apôtre, aux Corinthiens. II. Chap. xi.

ME s Frères, étant sages comme vous êtes, vous supportez sans peine les imprudents, puisque vous souffrez même qu'on vous réduise en ser^-itude , qu'on vous dévore , qu'on vous pille, qu'on s'élève contre vous, qu'on vous frappe au visage.

C'est à ma confusion que je rappelle cela : puisque nous passons pour avoir été trop faibles dans des épreuves semblables. Cependant aucun d'eux (excusez mon imprudence) ne saurait se glorifier de rien que je ne le puisse aussi moi-même. Sont-ils Hébreux ? je le suis aussi.

Sont-ils enfants d'Israël ?

je le suis aussi. Sont-ils de la race d'Abraham ? j'en suis aussi. Sont-ils ministres du Christ ? Au risque de passer encore comme imprudent, j'ose dire que je le suis plus qu'eux : j'ai plus souffert de travaux, plus enduré de prisons, plus reçu de coups.

Souvent je me suis vu près de la mort. J'ai reçu des Juifs, à cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet ; j'ai été battu de verges trois fois ; j'ai été lapidé une fois ; j'ai fait naufrage trois fois ;

A la Messe.

jai passe un jour et une nuit au fond de la mer. Fréquemment j'ai été en péril dans les voyages ; en péril sur les fleuves ; en péril du côté des voleurs ; en péril de la part de ceux de ma nation ; en péril de la part des gentils ; en péril dans les villes ; en péril dans les solitudes ; en péril sur la mer ; en péril au milieu des faux frères.

J'ai souffert toutes sortes de travaux et de fatigues., des veilles fréquentes, la faim, la soif, des jeûnes réitérés, le froid et la nudité. A ces maux extérieurs ajoutez mes préoccupations quotidiennes, la sollicitude de toutes les Eglises. Qui est faible, sans que je me fasse faible avec lui ? Qui est scandalisé, sans que j'en sois brûlé ? Que s'il est permis de se glorifier, je me glorifierai de mes soufifrances. Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui est béni dans tous les siècles, sait que je ne mens pas. A Damas, le gouverneur de la province pour le roi Arétas faisait faire la garde dans la ville pour m'arréter prisonnier : on me descendit par une fenêtre, le long de la muraille, dans une corbeille ; et je m'échappai ainsi de ses mains. S'il faut se glorifier, quoique cela ne convienne pas, je viendrai maintenant aux visions et

tudine, periculis in mari, periculis in falsis fratribus ; in labore et asrumna, in vigiliis multis, in famé et siti , jejuniis multis, in frigore et nuditate ; praster illa, quae extrinsecus sunt, instantia mea quotidiana, soUicitudo omnium Ecclesiarum. Quis infîrmatur, et ego non infirmor ?

Quis scandalizatur, et ego non uror ? Si gloriari oportet, quaï infirmitatis meae sunt, gloriabor.

Deus et Pater Domini nostri JesuChristi.qui est benedictus in sœcula, scit quod non mentior. Damasci praepositus gentis Aretœ régis, custodiebat civitatem Damascenorum, ut me comprehenderet ; et per fenestram in sporta dimissus sum per murum, et sic effugi manus ejus. Si gloriari oportet (non expedit quidem), veniam autem ad visiones et revelationes Domini. Scio hominem in Christo, ante annos quatuordecim (sive in corpore nescio, sive extra corpus nescio, Deus scit), raptum hujusmodi usque ad tertium coelum. Et scio hujusmodi hominem (sive in corpore nescio, sive extra corpus nescio, Deus scit), quoniamrap-

iQ

Le Dimancne de, la Sexjsrésime.

tus est in Paradisum. et audivit arcana verba qave non licet homini loqui.

Pro hujusmodi gloria-

bor : pro me autem nihil [• son corps gloriabor. nisi in infirmitatibus mais. Nam, et si voluero gloriari. non ero insipiens : veritatem enim dicam : parco autem. ne quis me existimet supra id quod videt in me. aut aliquid audit ex me. Et ne magnitudo revelationum extollat me. datus est mihi stimulus carnis mese , angélus Satanae. qui me colaphizet. Propter quod ter Dominum rogavi ut discederet a me : et dixit mihi : Sufficit tibi gratia mea : nam virtus in infirmitate perficitur. Libenter igitur gloriabor in infirmitatibus meis.

ut inhabitet in me virtus Christi

aux révélations du Seigneur.

Je connais en Jésus-Christ un homme qui fut ravi, il y a quatorze ans ; si ce fut en

hors de son corps. )e n en sais rien. Dieu le sait ; qui fut ravirdis-je, jusqu'au troisième ciel. Et je sais que cet homme, si ce fut en son corps, ou hors de son corps, je ne sais. Dieu le sait : que cet homme, dis-^je, fut ravi dans le Paradis, et quil entendit des paroles mystérieuses qu'il n'est pas permis à un homme de rapporter. Je pourrais me glorifier en parlant d'un tel homme ; mais, pour moi, je ne veux me glorifier que dans mes infirmités. Ce ne serait cependant pas imprudence à moi, si je voulais me glorifier, car je dirais la vérité ; mais je me retiens, de peur que quelqu'un ne m'estime au-dessus de ce qu'il voit en moi, ou de ce qu'il entend Je moi. Aussi, de peur que la grandeur des révélations ne me causât de l'orgueil, il m'a été donné un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan, qui me donne des soufflets. C'est pourquoi j'ai prié trois fois le Seigneur de l'éloigner de moi. et il m'a répondu : Ma grâce te suffit ; car la force se perfectionne dans l'infirmité. Je prendrai donc plaisir à me glorifier dans mes infirmités, afin que la force du Christ habite en moi.

ANS le Graduel, l'Eglise implore le secours du Seigneur contre ceux qui s'opoosentàla mission qu'elle a reçue de susciter partout des adorateurs au vrai Dieu, un peuple nouveau.

A la Messe.

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