‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 78 sur 189 · GRADUEL · texte numérisé non relu

GRADUEL

SCIANT gentes. quoniam nomen tibi Deus: tu solus Altissimus super omnem terram.

f. Deus meus , pone illos ut rotam, et sicut stipulam ante faciem venti.

QUE les nations sachent que votre nom est Dieu; vous êtes le seul Très-Haut sur toute la terre.

f. Mon Dieu, que mes ennemis soient devant vous comme la roue qui tourne sous l'effort du vent, comme la paille devant le souffle de la tempête.

Au milieu des commotions de la terre, de ces révolutions violentes qui renouvellent parfois les scènes terribles du déluge, au sein des nations sur lesquelles elles s'accomplissent, l'Eglise prie pour ses tïdèles enfants, afin qu'ils soient épargnés, et que l'espérance du monde ne périsse pas en eux. C'est l'objet du Trait qui précède l'Evangile.

SEIGNEUR, vous avez ébranlé la terre, et vous avez entr'ouvert son sein.

jr. Refermez ses blessures, car elle est ébranlée.

f. Protégez la fuite de vos élus devant l'arc bandé contre eux. et qu'ils soient délivrés.

COM.\ioviSTi, Domine, terram , et conturbasti eam.

f. Sana contritiones ejus, quia mota est.

j^. Ut fugiant a facie arcus, ut liberentur electi tui.

EV.\NGILE.

La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap. viii.

EN ce temps-là, le peuple s'assemblant en foule et

se pressant de sortir des villes

Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam. Cap. viii.

IN illo terapore : Cum turba plurima convenirent et de civitaiibus

LE TEMPS DE LA SEPTUAGÉîIME.

jg4 Le Dimanche de la Sexagcsime.

properarenî 'ad Jesum .

dixil per similitudinem : Exiit, qui seminat , seminare semen suum : et. dum seminat, aliud cecidit secus viam.

et ccnculcatum est . et volucres cœli comederant illud. Et aliud cecidit supra petram : et natum aruit. qui non habebat humorem. Et aliud cecidit inter spinas. et simul €xorta£ spinas suffocavecunt illud. Et aliud cecidit in terram bonam :

et ortum fecit fructum centuplum. Hsec dicens clamabat : Qui habet aures audiendi , audiat.

Inierrogabant autem eum discipuli ejus. quas esset haec parabola. Quibus ipse dixit : Vobis datum est nosse mysterium regni Dei. cseteris autem in parabolis ; ut videntes non videant. et audientes non intelligant. Est autem hsEC parabola. Semen est verbum Dei. Qui autem secus viam, hi sunt qui audiunt : deinde venit diabolus. et toliit verbum de corde eorum, ne credentes saivi fiant. Nam qui supra petram : qui cum audierint, cum gaudio suscipiunt verbum.

et hi radices non habent :

qui ad tempus credunt.

et in tempère tentationis

pour venir au-devant de Jésus, il leur dit en parabole :

Celui qui sème s'en alla pour semer son grain ; et comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin, où elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Et une autre partie tomba sur la pierre, et.

après avoir levé, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité. Et une autre tomba au milieu des épines, et les épines croissant avec la semence l'étouffèrent Et une autre partie tomba sur de bonne terre, et ayant levé, elle porta du fruit, cent pour un. En disant cela, il criait :

Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre.

Ses disciples l'interrogèrent sur le sens de cette parabole, et il leur dit : Pour vous, il vous a été donné de cormaître le mystère du royaume de Dieu : mais pour les autres, il ne leur est proposé qu'en parabole, de sorte que voyant ils ne voient point, et qu'entendant ils ne comprennent point. Voici donc le sens de cette parabole: la semence est la parole de Dieu. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe le long du chemin, sont ceux qui écoutent : mais le diable vient, et enlève de leurs cœurs la parole, de peur que croyant, ils ne soient sauvés. Ceux qui sont mar-

A la Messe.

ir,^

recedunt. Quod autem in spinas cecidit : hi sunt, qui audierunt, et a soUicitudinibus, et divitiis, et voluptatibus vitae, euntes , sufFocantur, et non referunt fructum.

Quod autem in bonam terram : hi sunt qui in corde bono et optimo audientes verbum retinent, et fructum afFerunt n patientia.

qués par ce qui tombe sur la pierre, sont ceux qui, ayant écouté la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racines ; ils croient pour un temps, et ils se retirent à l'heure de la tentation.

Ce qui tombe dans les épines, ce sont ceux qui écoutent la parole, mais en qui elle est étouffée par les inquiétudes, par les richesses et par les plaisirs de cette

vie, et ils ne portent point de fruit. Enfin , ce qui tombe dans la bonne terre, ce sont ceux qui. ayant écouté la parole, la conservent dans un cœur bon et excellent, et portent du fruit par la patience.

SAINT Grégoire le Grand observe avec raison que la parabole qui vient d'être lue n'a pas besoin d'explication ; la Sagesse éternelle s'est chargée elle-même de nous en donner la clef. Il ne nous reste donc plus qu'à {profiter d'un si précieux enseignement, et qu'à recevoir en bonne terre la semence céleste qui tombe sur nous. Combien de fois jusqu'ici ne l'avons-nous pas laissée fouler aux passants, ou enlever par les oiseaux du ciel .' Combien de fois ne s'est-elle pas desséchée sur le rocher de notre cœur, ou n'at-elle pas été étouffée par de funestes épines? Nous écoutions la Parole ; elle avait pour nous un certain charme qui nous rassurait. Souvent même nous la reçûmes avec joie et empressement ; mais, si quelquefois elle germait en nous, sa croissance était bientôt arrêtée. Désormais, il nous faut produire et fructifier ; et telle est la vigueur de la semence qui nous est confiée, que le divin Se-

igÇ Le Diynayiche de la Sexagésime.

meur en attend cent pour un. Si la terre de notre cœur est bonne, si nous avons soin de la préparer en mettant à profit les secours que nous offre la sainte Eglise, la moisson sera abondante au jour où le Seigneur, s"échappant vainqueur de son sépulcre, viendra associer ses fidèles croyants aux splendeurs de sa Résurrection.

Ranimés par cette espérance, et pleins de confiance en celui qui daigne ensemencer de nouveau une terre si longtemps rebelle à ses soins, chantons avec l'Eglise, dans l'Offertoire, ces belles paroles du Roi-Prophète par lesquelles l'Eglise demande pour nous la fermeté et la persévérance.

OFFERTOIRE

PERFICE gressus meos in semitis tuis . ut non moveantur vestigia mea : inclina aurem tuam , et exaudi verba mea : mirifica misericordias tuas, qui salvos facis sperantes in te .

Domine.

AFFERMISSEZ mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient pas chancelants : inclinez votre oreille, et exaucez mes paroles. Montrez vos miséricordes, ô vous, Seigneur ! qui sauvez ceux qui espèrent en vous.

OBLATUMtibi, Domine, sacrificium vivificet nos semper, et muniat.

Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

FAITES, Seigneur, que le Sacrifice qui vous est offert nous vivifie, et nous fortifie toujours. Par Jésus-Christ notre Seigfneur. Amen.

On ajoute les autres Secrètes, comme au Dimanche de la Septuagésime, page iSj.

La visite du Seigneur dans le Sacrement

A Vêpres.

igy

de son amour est le grand moyen qui fertilisera notre âme et la rendra féconde. C'est pour cette raison que l'Eglise nous invite, dans l'Antienne de la Communion, à nous approcher d% l'autel de Dieu ; notre cœur y recouvrera sa vigueur et sa jeunesse.

COMMUNIOxN.

JE m'approcherai de l'autel 1 1 ntroibo ad altare Dei, de Dieu, du Dieu qui ré- ■' ad Deum qui lastificat

jouit ma jeunesse.

juventutem meam.

POSTCOMMUNION .

NOUS vous supplions, Dieu tout- puissant , de faire la grâce à ceux que vous nourrissez de vos Sacrements, de vous servir d'une manière digne de vous, par des mœurs qui vous soient agréables. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

On ajoute les autres Postcommunîons comme ci-dessus, au Dimanche de là Septuagésime, page i85.

SUPPLICES te rogamus , omnipotens Deus , ut quos tuis reficis Sacramentis, tibi etiam placitis moribus dignanter deservire concédas. Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.

Page 1