I JOHAN'. n. l5. — 2. JOHAN. XVII
Le Mardi de la Quinquagésime. 2 4q
nous ordonne de fuir Iç monde et de n'aimer pas le monde, il nous impose des devoirs envers les hommes, il sanctionne et bénit les liens que la disposition de sa Providence a établis entre eux et nous. Son Apôtre nous avertit d^user de ce monde comme n'en usant pas 1 ; l'usage de ce monde ne nous est donc pas interdit. Encore une fois, que veut dire ceci ? Y aurait-il contradiction dans la doctrine céleste, et sommes-nous condamnés à errer dans les ténèbres sur les bords d'un précipice dans lequel il nous faut inévitablement tomber ?
Il n'en est point ainsi, et tout s'éclaircira dès que nous voudrons considérer attentivement ce qui nous entoure. Le monde, si nous entendons par ce mot les objets que Dieu a créés dans sa puissance et dans sa bonté, ce monde visible, qu'il a fait pour sa gloire et pour notre service, n'est point indigne de son auteur ; et si nous sommes fidèles, il n'est même qu'un ensemble de degrés pour remonter jusqu'à Dieu. Usons-en avec action de grâces ; traversons-le, sans y fixer nos espérances ; ne lui attachons point un amour que nous ne devons qu'à Dieu ; n'y oublions pas nos destinées immortelles, qui ne doivent pas s'y accomplir.
Mais le grand nombre des hommes n'a pas cette prudence ; leur cœur s'arrête en bas, au lieu de s'élever en haut, en sorte que l'auteur du monde ayant daigné le visiter pour le sauver, le monde n'a pas voulu le connaître 2. Alors, le Seigneur a flétri les hom-