‹ L'Année liturgique (volume 3)Chapitre 10 sur 123 · De divinis OJficiis, lib. VII, cap. xix · texte numérisé non relu

De divinis OJficiis, lib. VII, cap. xix

Mystique du Temps Pascal.

demain se trouve être encore un dimanche, le jour de la glorieuse Pentecôte. Ces nombres mystérieux que Dieu a posés lui-même le premier, en instituant dans le désert du Sinai la première Pentecôte, cinquante jours après la première Pâque, furent recueillis par les Apôtres pour être appliqués à la période pascale des chrétiens. C'est ce que nous apprend le grand saint Hilaire de Poitiers, dont la doctrine est répétée par saint Isidore, Amalaire, Rhaban Maur, et généralement tous les anciens interprètes des "mystères de la sainte Liturgie, « Si nous multiplions le septénaire par sept, dit l'illustre docteur des Gaules, nous reconnaîtrons que ce saint temps est vraiment le Sabbat des sabbats ; mais ce qui le consomme et l'élève à la plénitude de l'Evangile, c'est le huitième jour qui suit, ce jour qui est à la fois le premier et le huitième. Les Apôtres ont attaché à ces sept semaines une institution si sacrée, que, pendant leur durée, nul ne doit tiéchir les genoux pour adorer, ni troubler par le jeûne les délices spirituelles de cette fête prolongée. La même institution s'étend à chaque dimanche ; car ce jour qui fait suite au samedi est devenu, par l'application du progrès évangélique, la perfection du samedi, et le jour que nous passons en fête et en allégresse i. »

Ainsi donc nous retrouvons en grand dans la forme du Temps pascal le mystère que nous retrace chaque dimanche ;' tout date

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pour nous dcsorniais du premier jour de la semaine, parce que la résurrection du Christ l'a illuminé pour jamais de sa gloire, dont la création de la lumière matérielle n'était qu'une ombre. Nous venons de voir que cette institution était déjà ébauchée dans l'ancienne loi, bien que le peuple d'Israël n'en possédât pas le secret. La Pentecôte juive tombait le cinquantième jour après la Pâque, et ce jour était le lendemain des sept semaines. Une autre figure encore de notre Temps pascal se rencontrait dans l'une des institutions que Dieu avait données à Moïse pour son peuple, dans l'Année jubilaire. Chaque cinquantième année voyait les maisons et les champs qui avaient été aliénés pendant les quarante-neuf années précédentes retourner à leurs possesseurs, et les Israélites que la misère avait contraints de se vendre, recouvrer leur liberté. Cette année, appelée proprement ■ l'année sabbatique, faisait suite aux sept semaines d'années qui avaient précédé, et ; portait ainsi l'image de notre huitième jour, r dans lequel le lils de Marie ressuscite nous aflranchit de l'esclavage du tombeau, et nous remet en possession de l'héritage de notre immortalité.

Les usages mystérieux du service divin, qui sont caractéristiques du Temps pascal dans la discipline actuelle, se réduisent à deux principaux : la répétition continuelle de VAllelida, dont nous avons parlé tout à l'heure, et l'emploi des couleurs blanche et rouge, selon que le demandent les deux solennités dont l'une ouvre cette période sacrée, et dont l'autre la termine. La couleur

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blanche est exigée par le mystère de la | Résurrection , qui est le mystère de la lumière éternelle, lumière sans ombre ni tache et qui produit dans ceux qui la contemplent le sentiment d'une inénarrable pureté et d'une béatitude toujours croissante. La Pentecôte, qui, dès cette vie, nous donne l'Esprit-Saint avec ses feux qui embrasent, avec son amour qui consume, demandait d'être exprimée par une couleur distincte, La sainte Eglise a choisi le rouge, pour exprimer le mystère du divin Paraclet se manifestant dans les langues de feu qui descendirent sur tous ceux qui étaient renfermés dans le Cénacle. Nous avons dit plus haut qu'il ne restait que peu de traces, dans la liturgie latine, de l'antique usage de ne pas fléchir les genoux au Temps pascal.

Les fêtes des Saints, qui ont été suspendues dans tout le cours de la Semaine sainte, le seront encore durant les huit premiers jours du Temps pascal ; mais ensuite elles vont reparaître sur le Cycle, joyeuses et abondantes, comme de brillantes planètes autour du divin Soleil. Elles lui feront cortège dans son Ascension glorieuse ; mais telle est la grandeur du mystère de la Pentecôte, que, dès la veille de ce jour à jamais mémorable pour l'Eglise, elles demeurent encore suspendues jusqu'après l'expiration complète du Temps pascal.

Les rites de l'Eglise primitive à l'égard des néophytes qui ont été régénérés dans la nuit de Pâques, offrent encore un grand nombre de traits du plus touchant intérêt. Ce n'est pas ici le moment d'en parler ; car ils ne

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se rapportent qu'aux deux octaves de la Pâque et de la Pentecôte. Nous les exposerons et nous en donnerons l'explication, à mesure qu'ils se présenteront à nous dans la marche de la sainte Liturgie.

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