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Le Jeudi de Pâques.
Contemplando cruccm Christi ?
Spinis caput coronri-
tum, \'^ultum sputis macula-
Uim, Et plénum livoribus.
Die. Maria, qiiid vidisti Contemplando cruccm Christi ?
Clavos man.is pcrforare, Hastam latus vulncrarc, ViVi fontis exitum.
Die, Maria, quid vidisti Contemplando cruccm Christi ?
Quod se Patri commendavit, Et quod caput inclinavit Et emisit spiritum.
Die, Maria, quid fecisti, Postquam Jesum amisis-
Matrem flentcm so-
ciavi, Cum qua domum remca-
vi, Et in terram me pros-
travi, Et utrumque deploravi.
Die, Maria, quid fecisti, Postquam Jesum amisisti ?
vîtes -vous en contemplant la !
croix du Christ ?
.l'ai vu sa tête couronnée d'épines, son visage souillé de crachats, et tout livide de meurtrissures.
Dites-nous , Marie , que vîtes-vous en contemplant la croix du Christ ?
J'ai vu des clous percer ses mains, une lance blesser son côté, et une source vive qui en découlait.
Dites-nous, Marie, que vîtes-vous en contemplant la croix du Christ ?
Je l'ai vu se recommander à son Père ; puis il inclina sa tête et rendit l'esprit.
Dites-nous , Marie , que fites-vous, après avoir perdu Jésus ?
J'accompagnai la Mère en pleurs •, avec elle je revins à la maison. Là, je me prosternai contre terre, et je pleurai sur le fils et sur la mère.
Dites-nous , Marie , que fîtes-vous, après avoir perdu Jésus ?
Le Jeudi de Pâques.
Ensuite je préparai des parfums ; j'allai visiter le sépulcre, et mes sanglots redoublèrent.
Dites-nous , Marie , que fîtes-vous, après avoir perdu Jésus ?
Un Ange m'adressa ces paroles : « Ne pleure pas, ô Marie ! le Christ est déjà ressuscité ! »
Dites-nous , Marie , que fîtes-vous, après avoir perdu Jésus ?
Enfin par moi-même je reconnus les signes évidents de la résurrection du Fils du Tout-Puissant.
Dites-nous, Marie, qu'avez-vous vu. quand vous allâtes au tombeau ?
J'ai vu le tombeau du Christ qui était vivant ; j'ai vu la gloire du Christ ressuscité.
Les Anges étaient témoins, avec le suaire et les linceuls.
11 est ressuscité, le Christ mon espérance ; il précédera les siens en Galilée,
Post unguenta comparavi, Et scpulcrum visitavi.
Planctus meos duplicavi.
Die, Maria, quid fecisti, Postquam Jesum amisisti ?
Angélus hœc dixit
clare :
O Maria, noli flere ; Jam surrexit Christus
ve re .
Dîc, Maria, quid fecisti, Postquam Jesum amisisti ?
Certe multis argumcntis.
Vidi signa resurgentis Filii omnipotentis.
Die nobis. Maria, Quid vidisti in via ?
Sepulcrum Christi vivent! s Et gloriam vidi resurgentis.
Angelicos testes, Sudarium et vestes.
Surrexit Christus spes mea, Praecedet suos in Galilaam.
Le Jeudi de Pdquea.
Credendiim est magis soli Mariae vcraci, Quam Judoeoruni turba; fallaci.
Scimus Christiini sur-
rexisse A mortuis verc ; Tu nobis , victor rex ,
miserere.
Croyons plutôt à Marie seule et véridique, qu'à la tourbe perfide des Juifs.
Nous aussi, nous savons que le Christ est vraiment ressuscité des morts ; mais vous, ô Roi vainqueur, prenez pitié de nous.
Amen.
U^ SEQUENCE
M ANE prima Sabbati Surgens Dei Filius, Nostra spcs et gloria.
Victo rcge sccleris, Rediit ab inferis, Cum summa victoria.
Resurgentis itaquc Maria Magdalena Facta est pra;nuntia.
Ferens Christi fratribus, Ejus morte tristibus, Expectata gaudin.
O beati oculi, Quibus rcgem s.-ccuii, Morte jam deposita, Primum est intaita 1
Haec est illa femina, Cujus cuncta crimina Ad Christi vestigia Ejus lavit gratia.
A u matin du Dimanche, le ^ Fils de Dieu, notre espérance et notre gloire, s'est levé du tombeau.
Vainqueur du roi du péché, il est remonté des enfers avec les honneurs du triomphe ;
Et Marie-Madeleine a été la messagère de sa résurrection glorieuse.
Elle est allée porter aux frères du Christ, si désolés de sa cruelle mort, la nouvelle joyeuse et désirée.
Heureux les yeux qui, les premiers, contemplèrent le maître du monde affranchi de la mort !
C'est cette femme dont tous les péchés furent lavés aux pieds du Christ, par sa erâce.
Le Jeudi de Pâques.
Elle pleurait , son âme priait ; ses actions annonçaient ce que son cœur aimait, Jésus par-dessus tout.
Celui qu'elle adorait, elle le reconnaissait déjà ; ce qu'elle implorait, déjà elle l'avait obtenu : le pardon des fautes qui effrayaient sa conscience.
O Marie, douce mère, ton nom veut dire Etoile de la mer ; tes œuvres ont mérité un tel nom.
Tu partages l'honnear d; ce nom avec la Mère du Christ ; mais tes honneurs s'etFacent devant les siens.
L'une est l'impératrice du monde ; l'autre, l'heureuse pécheresse : toutes deux furent le principe de la joie dans l'Eglise.
La première e?t la Porte par laquelle le salut est venu ; la seconde a rempli le monde d'allégresse en proclamant la Résurrection.
O Marie-Madeleine, écoute nos vœux et nos louanges ; présente au Christ notre assemblée ; daigne nous obtenir sa faveur.
Il est la source de toute
QujE dum ploraï eî
mens orat, Facto clamât quod cor
amrt, Jesum super omnia.
Non ignorât quem
adorât, Quod precatur jam de-
letur, Quod mens timet cons-
cia.
O Maria , mater pia, Stella Maris appellaris.
Operum per mérita.
Matri Christi coœquata.
Dum fuisti sic vocata, Sed honore subdita.
Illa mundi imperatrix, Ista beata peccatrix :
LatiticE primordia Fuderunt in Ecclesia
nia enim fuit porta.
Per quam falus est ex-
orta :
Hœc resurgentis nuntia Mundum replet laetitia.
O Maria Magdalena, Audi vota laude plena, Apud Christum chorum
istum Clementer concilia.
Ut fons summas pietatis
Le Jeudi de Pâques.
Qui te lavit a pcccatis, Serves suos atque tuos Mundet data venia.
Amen dicant omnia.
bonté, lui qui t'a lavée de tes fautes ; prie-le de nous purifier aussi, et de nous donner pardon, à nous ses serviteurs et tes clients.
A cette prière, que toute créature dise Amen.
'est le jour que le Seigneur a fait : passonâle dans les transports de 1 allégresse.
.ce dies quam fecit Dominus : exsultemus et lœtemur in ea.
L y a huit jours, nous entourions la croix sur laquelle « l'homme des douleurs » (Isai. lui, 3) expirait abandonné de son Père, et repoussé comme un faux Messie par le jugement solennel de la Synagogue; et voici que le soleil se lève aujourdfiui pour la sixième fois, depuis que le cri de l'Ange, proclamant la Résurrection de l'adorable victime, s'est fait entendre. L'Epouse qui naguère, le front dans la Eoussière, tremblait devant cette justice d'un lieu qui se montre ennemi du péché, jusqu'à « ne pas épargner même son propre Fils » (Rom. VIII, 32;, parce que ce Fils divin en portait la ressemblance, a relevé tout à coup la tête pour contempler le triomphe subit et éclatant de son Epoux qui la convie luimême à la joie. Mais s'il est un jour dans