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contrée, s'était terminée par un trépas violent, au milieu des acclamations de ses indignes concitoyens. Pilale adressa à Tibère les actes du jugement et du supplice du prétendu Roi des Juifs; et dès ce moment l'injure fut toute prête pour les sectateurs de Jésus. Les philosophes, les beaux esprits, les esclaves de la chair et du monde, se les montreront du doigt, en disant : « Voilà ces gens étranges qui adorent un Dieu mort sur une croix». Mais si pourtant ce Dieu mort s'est ressuscité, que devient sa mort, sinon la base inébranlable sur laquelle s'appuie l'évidence de sa divinité ? Il était mort et il s'est ressuscité; il avait annoncé qu'il mourrait et qu'il ressusciterait; quel autre qu'un Dieu peut tenir entre ses mains « les clefs de la mort et du tombeau » ? {Apoc. i, 17.)
Or il est ainsi. Jésus mort est sorti vivant du tombeau. Comment le savonsnous ? — Par le témoignage de ses Apôtres, qui l'ont vu vivant après sa mort, auxquels il s'est donné à toucher, avec lesquels il a conversé durant quarante jours. Mais ces Apôtres, devons-nous les en croire ? — Et qui pourrait douter du témoignage le plus sincère que le monde entendit jamais ? Car quel intérêt auraient ces hommes à publier la gloire du maître auquel ils s'étaient donnés, et qui leur avait promis qu'après sa mort il ressusciterait, s'ils savaient qu'après avoir péri dans un supplice ignominieux pour eux aussi bien que pour lui, il n'a pas rempli sa promesse ? Que les princes des Juifs, pour décrier le témoignage de ces hommes, soudoient les gardes du tombeau, afin de leur
Le Vendredi de Pâques.
faire dire (que, pendant qu'ils dormaient, ces i pauvres disciples que la frayeur avait dis- ; perses, sont venus durant la nuit enlever le corps ; on est en droit de leur répondre par [ cet éloquent sarcasme de saint Augustin : « Ainsi donc les témoins que vous produisez sont des témoins qui dormaient ! Mais n'estce pas vous-mêmes qui dormez, quand vous \ vous épuisez à chercher une telle défaite i ? » \ Mais où les Apôtres auraient-ils pris le motif ' de prêcher une résurrection qu'ils auraient su n'être pas arrivée ? « A leurs yeux , remarque saint Jean Chrysostome , leur maître ne doit plus être qu'un faux prophète et un imposteur; et ils iront défendre sa mémoire contre une nation tout entière ! Ils se dévoueront à tous les mauvais traitements pour un homme qui les aurait trompés ! Serait-ce dans l'espérance des promesses qu'il leur avait faites ? Mais s'ils savent qu'il n'a pas rempli sa promesse de ressusciter, quel fond peuvent-ils faire sur les autres- ? » Non, il faut nier la nature humaine, ou reconnaître que le témoignage des Apôtres est un témoignage sincère.
Ajoutons maintenant que ce témoignage fut le plus indépendant de tous : car if ne procurait d'autres avantages aux témoins que les supplices et la mort; qu'il révélait dans ceux qui l'émettaient une assistance divine : } car il faisait voir en eux, si timides la veille, ! une fermeté que rien ne fit jamais faiblir, et \ dans des hommes du peuple une assurance ;