ANTIENNE A LA SAINTE VIERGE
Une antique tradition se rapporte à cette célèbre et joyeuse Antienne. On raconte que, sous le pontificat de saint Grégoire le Grand, une peste désastreuse vint s abattre sur la ville de Rome, pendant le Temps pascal. Afin d'en obtenir du ciel la cessation, le saint Pape ordonna une procession générale du clergé et du peuple, dans laquelle on porterait avec respect le tableau de la Sainte Vierge peint par saint Luc. L'immense et pieux cortège se dirigeait vers la basilique du Prince des Apôtres; et à mesure que la sainte image s'avançait suivie du Pontife en prières, l'air se \ purifiait sur son passage, et les miasmes pes- i tilentiels tombaient. On était arrivé au pont qui unit la ville au quartier du Vatican ; tout à coup un concert d'Anges se fait entendre au-dessus de la sainte "image. Ces Lsprits bienheureux chantaient : « Reine du ciel, \
A Compiles.
réjouissez-vous, alléluia ; car celui que vous avez mérité de porter, alléluia, est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia, m Après ces paroles, les voix célestes se turent : alors le Pontijfe, osant unir les vœux de la terre au chant triomphal des cieux, ajouta avec transport cette humble supplication : « Daignez prier Dieu en notre faveur, alléluia ; » et l'Antienne pascale de Marie se trouva ainsi composée. Grégoire, levant ensuite les yeux au ciel, aperçut sur la cime du Môle d'Adrien l'Ange exterminateur, qui, après avoir essuyé son épée ensanglantée, la remettait dans le fourreau. En mémoire de cette apparition, le Môle d'Adrien a conservé depuis le nom de Fort Saint-Ange ; et il est surmonté d'une statue colossale en bronze représentant l'Ange exterminateur qui abaisse son glaive, et le fait rentrer dans le fourreau.