Matth. xxvii
La Passion et la Semaine sainte, 23
« crucifier de nouveau Jésus-Christ i ». On se rappelle alors, et avec terreur, ces paroles du même Apôtre, dans l'Epître aux Hébreux : « Quel supplice ne méritera pas, dit-il, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour vil le sang de l'alliance par lequel il fut sanctifié, et qui aura fait outrage à l'Esprit de grâce? Car nous savons qui a dit : A moi la vengeance,^ et je saurai la faire. Et ailleurs : Le Seigneur jugera son peuple. Ce sera donc une chose horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant 2. »
En effet, rien de plus affreux; car, en ces jours où nous sommes, « il n'a pas épargné son propre Fils ^ «^ nous donnant par cette incompréhensible rigueur la mesure de ce que nous devrions attendre de lui, s'il trouvait encore en nous le péché qui l'a contraint d'en user si impitoyablement envers ce Fils bien-aimé, « objet de toutes ses complaisances ^ )). Ces considérations sur la justice envers la plus innocente et la plus auguste de toutes les victimes, et sur le châtiment des Juifs impénitents, achèveront de détruire en nous l'affection au péché, en développant cette crainte salutaire sur laquelle une espérance ferme et un amour sincère viendront s'appuyer comme sur une base inébranlable.
En effet, si, par nos péchés, nous sommes les auteurs delà mort du Fils de Dieu, il est