Isa. xn
La Passion et la Semaine sainte. 2 5
et voiJà que tout à coup nous lui sommes arrachés et nous rentrons dans nos droits primitifs. Dieu cependant n'a point usé de violence pour nous enlever au ravisseur : comment donc sommes-nous redevenus libres?
Ecoutez l'Apôtre : « Vous avez été rachetés d'un grand prix i )). Et quel est ce prix? Le Prince des Apôtres nous l'explique : « Ce n'est pas, dit-il, au prix d'un or et d'un argent corruptibles que vous avez été affranchis, mais par le précieux sang de l'Agneau sans tache 2. » Ce sang divin, déposé dans la balance de la justice céleste, l'a fait pencher en notre faveur : tant il dépassait le poids de nos iniquités! La force de ce sang a brisé les portes mêmes de l'enfer, rompu nos chaînes, (( rétabli la paix entre le ciel et la terre ^ ». Recueillons donc sur nous ce sang précieux, lavons-en toutes nos plaies, marquons-en notre front comme d'un sceau ineffaçable et protecteur, afin qu'au jour de la colère le glaive vengeur nous épargne.
Avec le sang de l'Agneau qui enlève nos péchés, la sainte Eglise nous recommande en ces jours de vénérer aussi la Croix, qui est comme l'autel sur lequel notre incomparable Victime est immolée. Deux fois, dans le cours de l'année, aux fêtes de son Invention et de son Exaltation, ce bois sacré nous sera montré pour recevoir nos hommages, comme trophée de la victoire du Fils de Dieu; à ce moment, il ne nous parle que de ses douleurs,