Jeudi Saint
la dernière Cène du Sauveur. 11 appuie son récit, conforme en tout à celui des jEvangclistcs, sur le propre témoignage du Sauveur lui-même, qui daigna lui apparaître, et l'instruire en personne après sa conversion. L'Apôtre insiste sur le pouvoir que le Sauveur donna à ses disciples de renouveler l'action qu'il vient de faire, et il nous enseigne en particulier que chaque fois que le Prêtre consacre le corps et le sang de Jésus-Christ, « il annonce la mort du Seigneur », exprimant par ces paroles l'unité de sacrifice sur la Croix et sur Tautel. Nous avons expliqué cette doctrine fondamentale de la sainte Eucharistie au chapitre VI, en tête de ce volume. La conséquence d'un tel enseignement est facile à déduire. L'Apôtre nous la propose lui-même : « Que l'homme donc s'éprouve, dit-il, et qu'ensuite il mange de ce pain et boive de ce calice, ù En effet, pour être initié d'une manière si intime au mystère de la Rédemption, pour contracter une telle union avec la divine Victime, nous devons bannir de nous tout ce qui est du péché et de l'affection au péché. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui », dit le Sauveur. Se peut-il rien de plus intime? Dieu devient l'homme, et l'homme devient Dieu, dans cet heureux moment. Avec quel soin devons-nous purifier notre âme, unir notre volonté à celle de Jésus, avant de nous asseoir à cette table qu'il a dressée pour nous, à laquelle il nous convie ! Demandons-lui de nous préparer lui-même, comme il prépara ses Apôtres , en leur lavant les pieds. Il le fera aujourd'hui et toujours, si nous sa-
Le Jeudi Saint.
vons nous prêter à sa grâce et à son amour. Le Graduel est formé de ces belles paroles que l'Eglise répète à chaque instant durant ces trois jours, et dans lesquelles saint Paul ranime notre reconnaissance envers le Fils de Dieu qui s'est livré pour nous.