Marc. xiv
4 go Le Jeudi Saini.
dit avoir été Gabriel, se relever et accepter de nouveau le calice qui lui est préparé. Et pourtant, quel calice que celui qu'il va boire ! toutes les douleurs de l'ânne et du corps, avec tous les brisements du cœur; les péchés de l'humanité tout entière devenus les siens et criant vengeance contre lui; l'ingratitude des hommes qui rendra inutile pour beaucoup le sacrifice qu'il va offrir II faut que Jésus accepte toutes ces amertumes, en ce moment où il semble, pour ainsi dire, réduit à la nature humaine; mais la vertu de la divinité qui est en lui le soutient, sans lui épargner aucune angoisse. Il commence sa prière en demandant de ne pas boire le calice; il la termine en assurant son Père qu'il n'a point d'autre volonté que la sienne.
Jésus se lève donc, laissant sur la terre les traces sanglantes de la sueur que la violence de son agonie a fait couler de ses membres, ce ne sont là cependant que les prémices de ce sang rédempteur qui est notre rançon. Il va vers ses trois disciples et les trouve endormis. « Quoi ! le*ir dit-il, vous n'avez pu veiller une heure avec moi ^ ? » L'abandon des siens commence déjà pour lui. Il retourne deux fois encore à la grotte, où il fait la même prière désolée et soumise ; deux fois il en revient, et c'est pour rencontrer toujours la même insensibilité dans ces hommes qu'il avait choisis pour veiller près de lui. « Dor- « mez donc, leur dit-il, et reposez-vous; voilà « l'heure où le Fils de l'homme va être livré « aux mains des pécheurs. » Puis, ranimant